Rive-de-Gier. 1848-1851 (deuxième partie)

page mise en ligne le 3 septembre 2026

Cet article, en deux parties, constitue la suite de l’étude que René Merle a conduite sur Rive-de-Gier.

Nous avons en effet précédemment publié « Regards sur la grève des mineurs de Rive-de-Gier en 1844 et ses répercussions régionales et nationales »

Rive-de-Gier (Loire) : de l’enthousiasme révolutionnaire des débuts de la République à l’impuissance devant le coup d’État de 1851

 

par René Merle

II – 1849-1851

 

Fin 1848, Petit-Jean avait été accusé d’avoir envoyé des délégués de Rive-de-Gier au Comité central de la Loire, qui se proposait d’organiser les mineurs de la région, et d’imposer auprès des patrons des délégués ouvriers élus. L’arrière-plan était aussi politique : « soutenir l’intérêt des travailleurs et empêcher plus tard la chute de la République si elle était menacée ».

L’institution de prud’hommes patronat – ouvriers appelée à se prononcer sur les différends qui peuvent se présenter dans les mines était depuis des années une revendication ouvrière de bon sens, que même la presse conservatrice, comme l’Avenir républicain de Saint-Étienne soutenait[1].

Signe d’un vrai passage à l’acte chez les mineurs sous l’impulsion du comité, fin décembre 1848, Antoine Pugnet[2] avait été choisi comme délégué syndical par un groupe de mineurs. Mais les patrons lui barrèrent l’accès aux puits.

Le 11 janvier 1849, des mineurs[3] protestent auprès du préfet, et, dans une requête élaborée maitrisant parfaitement le français, (ce qui montre qu’ils avaient des contacts « éclairés »), demandent l’établissement d’un conseil de prud’hommes, et nomment Pugnet« chef de prud’hommes ». Le préfet refusa.

On imagine l’impact de pareil refus ! Le représentant de la République ignorant la revendication populaire, il était clair que cette République n’était pas celle des travailleurs. Fallait-il alors s’en détourner dans la lassitude, ou souhaiter une autre République, ce qui impliquerait une conscientisation politique jusqu’alors apparemment absente des mouvements revendicatifs ? La suite des événements prouvera en juin 1849 un net infléchissement en ce sens.

Le refus préfectoral et l’intransigeance de la Compagnie des mines avaient engendré un climat extrêmement tendu.

Début mars, le conseil municipal menace de démissionner devant l’attitude de la Compagnie à l’égard des « crocheteurs » (débardeurs) du canal qui, avec le chemin de fer, permettait l’acheminement de la houille vers le Rhône.

Et la Compagnie annonce la fermeture prochaine de cinq ou six puits, (qu’elle justifie par la mévente du charbon), la réduction du nombre de jours de travail[4], et le retour à la journée de douze heures d’avant février 1848, que le gouvernement avait réduite à dix.

La grève générale des mineurs s’ensuit aussitôt le 6 mars. Elle frappe par son caractère d’unanimité immédiate. Sont en grève même les puits des exploitations « dissidentes » n’appartenant pas à la Compagnie. Le conservateur Avenir républicain du 11 mars souligne « quel corps font entre eux les ouvriers mineurs, quel lien les unit. Ils se croient tous, et ce n’est pas sans doute sans raison, solidaires. »

Pour l’opinion, pour la municipalité, et même pour la presse conservatrice, c’est la Compagnie qui est responsable des troubles.

Si la grève se poursuit dans le calme les premiers jours, la misère grandit avec la poursuite du mouvement. Le préfet envoie l’armée. Beaucoup d’enfants de mineurs demandent l’aumône dans les rues. Après trois semaines de grève, les quelques ouvriers qui tentent une reprise du travail sont malmenés par une foule où les femmes, souvent avec leurs enfants, sont les plus véhémentes. Elles font face aux soldats, ou fraternisent avec eux. Treize d’entre elles sont arrêtées[5], ainsi que quelques mineurs accusés de violences dans ces manifestations, voire de coups de feu nocturne d’intimidation sur les « gouverneurs[6] ».Les arrestations se poursuivent encore le jour même de la fin de la grève[7].

Après 31 jours de grève, le travail reprend, donc, avec un compromis qui marque en fait la défaite des mineurs dont on conçoit l’amertume.

À la mi-avril, des commerçants de Rive-de-Gier envoient une pétition à l’Assemblée nationale contre le monopole des mines, dangereux pour toute l’activité de la cité, comme en a témoigné ce mois de grève.

Coup de pied de l’âne, les 27 et 28 avril sont jugées les personnes appréhendées en mars. 32 inculpés, dont 13 femmes que l’accusation salit : « femmes prostituées pour la plupart ». Du côté de la défense, l’avocat Duché, (qui avait défendu les mineurs arrêtés en 1844), balaie ces accusations.

Les condamnations sont accueillies par les cris de douleur des femmes, dans le public fort nombreux :

 

15 jours de prison : Duculty, femme Peillon, femme Morel.

30 jours : Belin, Minaire, femme Nicolas, Barily, Dumas, femme Despinasse, Talmont, femme Marteau, Claudine Tardy et femme Laurençon.

45 jours : Jourdes, femme Pigent, Julie Garond (âgée de 16 ans !), Vignol, femme Bonnard, Chavanne, Archer, femme Diversin, Ferrand, Vernay, Faux et Chauvet.

2 mois : Meunier, Namboutin.

Acquittés : Viallon, Bonjour, femme Berthier, femme Ranchon.

 

Un des animateurs de la grève, le piqueur Mathieu Rouc, ne sera pas condamné mais aura les honneurs de la prison en juin.

Durant toute la grève, les autorités ont accusé des « démagogues » bien connus depuis le printemps de pousser les grévistes au jusqu’au-boutisme, voire à la violence.

Ainsi le peintre sur verre Tony Petit-Jean, que nous avons déjà rencontré, et Jean-Baptiste Vieillard, marchand de journaux à Rive-de-Gier, démarcheur itinérant et donc habile propagandiste, sont suspectés de maintenir des contacts avec la Solidarité républicaine de Paris, et d’être en relation avec les sociétés secrètes de Lyon. En avril la police a perquisitionné, sans résultats, chez Petit-Jean. Adolphe Guérard, dit le Parisien, maître boulanger à Saint-Paul en Jarrêt, est suspecté d’assurer la liaison des Ripagériens avec Saint-Chamond.

 

Signe de la persistance des opinions de gauche, le 13 mai, aux élections législatives, les candidats de la Montagne arrivent avec 1000 voix d’avance sur les « modérés[8]. »

 

Le 13 mai 1849, à Paris, une manifestation montagnarde de protestation contre l’expédition française à Rome est dispersée par la force. Ledru-Rollin et quelques députés montagnards proclament alors un gouvernement provisoire. La tentative d’insurrection qui suit est rapidement écrasée.

Mais à Lyon dès l’annonce de l’événement parisien, deux jours d’agitation menée par les Voraces se terminent par une insurrection le vendredi 15. Elle est écrasée le samedi 16.

Les militants ripagériens avaient alors tenté de rejoindre les insurgés lyonnais. Ils seront emprisonnés et jugés par le Conseil de guerre à Lyon à partir du 19 novembre, pour avoir participé à un rassemblement ayant pour but soit de changer, soit de détruire le gouvernement de la République.

L’accusation estime que presque tous les inculpés faisaient partie des sociétés secrètes, mais qu’il n’existe pas de preuves certaines.

 

Que s’est-il passé ? La presse régionale en traite plus ou moins complètement. On trouvera dans la Gazette des tribunaux, 23 novembre 1849 et jours suivants, un compte-rendu complet du procès.

L’accusation montre comment a fonctionné en fait la société secrète de Rive-de-Gier dont, tout secrète qu’elle soit, tous les faits sont épiés.

Le vendredi 15 juin, Petit-Jean et Vieillard reviennent de Lyon avec la nouvelle de l’insurrection, mais déjà un rassemblement d’ouvriers a commencé sur hauteurs des Vernes[9]. Ces hommes sont résolus, mais indécis. Faut-il s’insurger à Rive-de-Gier et la purger des Blancs[10], ou rejoindre Lyon[11] ? C’est la dernière solution qui est adoptée, car les militants de retour de Lyon pensent que la partie se joue là, et qu’elle a bien commencé. Des émissaires sont donc envoyés dans les proches localités[12], (moins de 10 kms),et on contacte les mineurs de la Grand-Croix[13]. On fait débrayer le puits du Long-Chambon[14]et le puits des Flaches[15]. Rendez-vous est donné à onze heures du soir place St-Jean, pour marcher sur Lyon à partir du pont de la Madeleine.

De retour en ville, Brun harangue la petite foule place Feloin, il est nommé chef par acclamations, puis, au café Roquette, se tiennent des conciliabules ente les « chefs du parti [16]».

Dans la nuit, des groupes partent vers le rendez-vous du pont de la Madeleine[17] en ordre dispersé[18]. Et des « bandes », dont certaines armées, qui arrivent des villages ne trouvent plus personne place Saint-Jean et rentrent chez eux. Par exemple les vingt hommes armés de la Croix.

Chemin faisant, à minuit, le groupe de Brun pille la boutique de l’armurier Gendroz.

On attend encore Petit-Jean à la Madeleine et un premier groupe, dirigé par Brun, se met en marche. Suit un groupe dirigé par Vieillard. Et enfin le groupe de Mokel, Grandier et quelques autres.

Tous ces groupes se retrouvent 23 kms plus loin à Brignais (à 18 kms de Lyon), dont le pont est occupé par des soldats. Dans l’expectative, des émissaires sont envoyés à Lyon, qui en reviennent avec la nouvelle de l’écrasement de l’insurrection. On retourne à Rive-de-Gier, « clandestinement » vers quatre heures du soir, en espérant de meilleures nouvelles de Paris, et l’on croise d’autres ouvriers qui s’étaient mis en route pour Lyon[19].

Ce déroulé des événements ne saurait mieux monter la réalité de la « société secrète », entre détermination et indécision. Nous sommes loin des cas d’insurrection où la société secrète déclenche une réaction massive déjà organisée.

 

La liste des inculpés nous montre qu’ils sont pour la plupart jeunes, que beaucoup sont nés en dehors de Rive-de-Gier, et qu’ils sont tous ouvriers, à l’exception de quelques artisans.

On retrouve quelques anciens des péripéties précédentes, mais, fait nouveau, l’arrivée de jeunes mineurs, à peine sortis de la grève de mars :

Arthaud Jacques, 31 ans, né au Péage-de-Roussillon (Isère), ouvrier mineur, domicilié à Rive-de-Gier, acquitté

Benoît, (Benoist) Pierre dit Daude, 27 ans, ouvrier mineur, domicilié à Rive-de-Gier

Bonnard fils dit Maman, 17 ans, plâtrier, né à St-Étienne (Loire), domicilié à Rive-de-Gier

Brun Claudius, 38 ans, ouvrier fondeur, né au Ruy (Isère), domicilié à Rive-de-Gier, déportation

Chevalier, François 18 ans, forgeur, né à la Ricamarie (Loire), domicilié à St-Martin-la-Plaine, acquitté

Cumet (Cumes) Joseph, 25 ans, forgeur, né à Falantine (Doubs), domicilié à St-Martin-la-Plaine, deux ans de détention

Delon Antoine, dit Lemomin, 34 ans, né à Turenne (Corrèze), maréchal-ferrant à Rive-de-Gier

Druyer Antoine, 32 ans, né à Saint-Paul-en Jarrêt, ouvrier mineur, domicilié à Lassailly

Eymain Fleury, 30 ans, verrier, né et demeurant à Rive-de-Gier

Foraison Jérôme, 25 ans, né à Beaurepaire (Isère), ouvrier verrier, domicilié à Rive-de-Gier, acquitté

Fillon Joseph, 25 ans, né à St-Didier-sur-Riverie (Rhône), ouvrier cordonnier, domicilié à Rive-de-Gier

Garaudier Laurent, 26 ans, né à Tournon (Ardèche), ouvrier cordonnier, domicilié à Rive-de-Gier, six mois de prison

Guérard Adolphe, dit le Parisien, né à Amsterdam (Hollande), maître boulanger, domicilié à St-Paul-en-Jarrêt, acquitté

Jourdes Michel, 19 ans, ouvrier mineur, né et domicilié à Rive-de-Gier, deux ans de détention

Laporte François dit Eugène, 26 ans, né à Decize (Nièvre), verrier, demeurant à Rive-de-Gier, acquitté

Larrère Antoine, 27 ans, ouvrier verrier, né et domicilié à Rive-de-Gier, cinq ans de détention

Leroy Claude, 43 ans, verrier, né à Oullins, domicilié à Rive-de-Gier, acquitté

Limousin Antoine, ouvrier forgeur, né à St-Just (Haute-Loire), domicilié à St-Martin-la-Plaine, acquitté

Mainsel Auguste, 17 ans, ouvrier verrier, né et domicilié à Rive-de-Gier, cinq ans de détention

Martin Claude dit la Guillotine, 32 ans, ébéniste, né à St-Maurice (Rhône), domicilié à Rive-de-Gier ?

Martin Joseph, 33 ans, né à St-Maurice (Rhône), domicilié à Rive-de-Gier

Mayet (Mayer) Gabriel, 47 ans, né à Thiers (Puy-de-Dôme), coutelier, domicilié à Rive-de-Gier, acquitté

Merle Zacharie dit Merle le Maçon, 25 ans, né et domicilié à Rive-de-Gier, deux ans de détention

Mokel Christian, 32 ans, né à Strasbourg, domicilié à Rive-de-Gier, deux ans de détention

Peillon Jacques dit Jacot (Jacob), 27 ans, ouvrier mineur, né et domicilié à Rive-de-Gier, deux ans de détention

Peillon François, 39 ans, ouvrier charbonnier, né et domicilié à Rive-de-Gier, acquitté

Pithiot Jules, 23 ans, né à St-Paul-en-Jarrêt, domicilié à Rive-de-Gier

Rolly Simon, dit le Gaga, 55 ans, né au Chambon (Loire), mineur, domicilié à Rive-de-Gier, acquitté

Rullières Jean Clément, 35 ans, né au Chambon (Loire), acquitté

Vieillard Jean-Baptiste, 32 ans, marchand de journaux, né et domicilié à Rive-de-Gier, déportation

 

Sont en fuite :

Bonnard, déportation

Bouteille, déportation

Mattey, déportation

PetitJean, peintre en verrerie, domicilié à Rive-de-Gier déportation

Ravère deux ans de prison

Rigaud deux ans de prison

Rachou, cordonnier, domicilié à Rive-de-Gier, déportation

Rousseau, acquitté

Terrat, acquitté

 

Triste épisode : On lit une lettre de Brun à sa femme, saisie sur lui où il lui dit qu’ils se retrouveront au Ciel et qu’il s’est vendu pour elle à l’aristocratie en dénonçant ses camarades.

On retrouvera le peintre sur verre Petit-Jean, exilé en Belgique et habile inventeur d’un procédé d’argenture pour glaces, qui fonde à Laeken près de Bruxelles une grande manufacture de glaces[20].

 

La répression de la tentative de soulèvement en soutien à l’insurrection lyonnaise de juin 1849 semble donc avoir brisé l’action des « démagogues » de Rive-de-Gier, dont les principaux meneurs ont a été arrêtés. En deux étapes, juillet 1848 et juin 1849, les cadres du mouvement populaire avaient été éliminés.

Dorénavant, la résignation succèdera-t-elle à l’engagement ?

En tout cas, la réalité sociale s’impose. En novembre 1849 éclate une nouvelle grève dans un des puits du Monopole.

D’autres arrêts de travail sporadiques éclateront dans les mois suivants, dans une atmosphère d’angoisse sur l’avenir des puits, d’autant qu’en août 1850, la Compagnie des Mines réunies de la Loire, désormais propriétaires du canal et du chemin de fer, étranglent la compagnie de Rive-de-Gier, obligée de fusionner.

 

À l’automne 1851, à l’approche de l’échéance définitive de l’élection de 1852, le climat politique national et régional est extrêmement tendu. Dans son rapport mensuel, reprenant le rapport du procureur de la République de Saint- Étienne, sur les « dispositions des anarchistes dans la ville et dans ses environs », le procureur général de Lyon écrit le 12 novembre à propos des sociétés secrètes de la Loire :

« Nos socialistes se préoccupent peu de l’idée de triompher par le suffrage universel. Ils pensent, généralement, que les élections n’auront pas lieu. Ils s’attendent à quelque incident qui serait pour eux le signal d’une prise d’armes. Ordre a été donné de se tenir prêt. Au milieu des discussions qui vont s’ouvrir au sein de l’Assemblée, dès qu’une circonstance favorable se présentera, une insurrection générale pourra éclater. Jamais la confiance de la démagogie dans un prochain succès n’a été si grande[21] ».

 

La situation à Rive-de-Gier s’en ressent.

 

« Civier Michel, 42 ans, terrassier, crie à des militaires : Dans quelque temps, « il y en a qui sont bien haut et qui seront bien bas ! » Voyant qu’on ne prenait pas garde à ses propos, crie : « Gare à l’échafaud, au branlebas ! » On trouve des certificats délivrés par les ateliers nationaux de Paris et une carte d’admission au Banquet du Peuple, fraternisation des travailleurs, au prix de 25 c.[22]».

Et l’on signale encore le 9 novembre l’arrestation d’un homme qui crie devant des militaires : « Gare le branlebas ! Gare l’échafaud ! », puis l’arrestation difficile d’un homme qui harangue la foule très nombreuse en criant : « À moi frères ! à moi ! Le moment va enfin arriver ». Et sa femme crie : « Vive le drapeau rouge ! ».

 

En décembre 1851, près quatre ans de République, où tout le monde se disait républicain, quelles consciences vraiment républicaines pouvaient recevoir le geste du président de la République comme un viol de la République ?

Quelles forces latentes ou organisées, quelles individualités auraient pu s’opposer au coup d’État ?

Signe de l’impuissance des débris de la société secrète, alors que les députés montagnards s’opposent au coup d’État[23], rien ne se passe à Rive-de-Gier, alors que Lyon est occupé militairement, et que de nombreuses arrestations ont lieu dans les communes suburbaines.

En décembre 1851, à Rive-de-Gier, les républicains avancés qui auraient pu déclencher un mouvement étaient, par force, absents : emprisonnés ou exilés.

Et ce ne sont pas les tenants locaux d’une « République sage et modérée » qui auraient risqué de s’opposer à ce retour à un ordre auquel ils aspiraient en fait depuis longtemps.

Pour autant, les résultats du plébiscite de décembre 1851 révèlent une sourde résistance : à Lorette et à Rive de Gier 33% d’abstentions, mais aussi 8,9 % de « non » courageux.

 

René Merle

partie I

 


[1]Cf. par exemple, L’Avenir républicain du 9 mars, en pleine première page : « De la création d’un Conseil de Prud’hommes spécial aux mines. »

[2] Ce n’est pas le Pierre Pugnet que nous avons rencontré au printemps 1848.

[3]Bailly, Callet, Cognier, Espinasse, Maley, Martin, Neyrait, Poupais, Ray.

[4] La Compagnie, devant la mévente du charbon, avait depuis mars établi des semaines de 4 à 5 jours, alors que les compagnies indépendantes avaient maintenu la semaine de 6 jours.

[5] Arrêtées : femmes Bonnard, Despinasse, Diversin, Garond (16 ans), Laurençon, Marteau, Morel, Nicolas, Paillon, Pigeot, Tardy.

[6] Le gouverneur est le chef direct des mineurs de fond.

[7] Ainsi le 6 avril, on arrête avec difficulté le mineur Namboutin, qui s’était barricadé chez lui.

[8] Martin Bernard, 3213 voix, Duché, 3184, Sain 3192, Baune 3215.

[9] Notamment Brun, Vieillard, Filhon, Garaudier, Jacob, Peillon, Arthaud, Michel Jourdes, Rolly, Mathey, Bouteille, Benoît, Merle et Leroy faisaient partie de cette réunion.

[10] Jacob, Peillon, Leroy et Brun, qui brandit un sabre.

[11] Notamment Petit-Jean, Vieillard, et Merle.

[12] Notamment à Guérard de Saint-Paul en-Jarrêt, au sud de Rive-de-Gier qui avait promis de soulever sa commune. À Saint-Martin-la-Plaine, au nord-est de Rive-de-Gier, le samedi matin, Cuines avait parcouru les rues en jouant du cornet à piston pour annoncer que la constitution était violée et qu’il fallait rejoindre les frères de Lyon. Avec quelques amis il sera arrêté en se rendant à Rive-de-Gier.

[13] Bonnard, Laporte, et quelques autres.

[14] Bonnard et Rigaud.

[15] Rachoud et Pillot.

[16] Là, retirés dans un coin, Rolly, Bonnard, Laurinson, Mattiey, Bouteille, Foraison et Leroy délibèrent ensemble. Ces trois derniers armés de fusils. À une autre table Petit-Jean, Terras, Martin, Mayet, Delong. La plupart portent des rubans de couleur.

[17] À 3 kms de Rive-de-Gier sur la route de Lyon.

[18] Foraison, Bouteille, Terray, Mainsel, Vieillard, Brun étaient armés de fusils. Brun, Bonnard, Mortier, Larrère portaient des sabres.

[19] Notamment Jourdet et Jacob Peillon.

[20] Sylvie Aprile « Déposer un brevet sans déposer les armes ? Exilés et inventeurs français durant le Second Empire », Revue d’histoire du XIXème siècle, 53, 2016.

[21] Iouda Tchernoff, Associations et sociétés secrètes sous la seconde république, Paris, Pedone, 1905

[22] L’Avenir républicain, 26 octobre 1851

[23] Tristan Duché, s’exile en Angleterre, Eugène Baune s’exile en Suisse, Martin Bernard s’exile en Belgique, puis en Angleterre.