Reims, le 4 décembre 1851
page mise en ligne le 15 mai 2026
Reims, le 4 décembre 1851
par René Merle
À la fin de la Seconde République, Reims[1] est une active ville commerçante et industrielle, notamment grâce à l’industrie lainière, et aussi une ville de garnison. La crise économique de 1847 l’a frappée durement, des milliers d’ouvriers sont au chômage ou employés provisoirement sur des chantiers municipaux de terrassement. La misère est grande.
Il n’est pas question ici de refaire l’histoire de Reims sous la Seconde République, amplement documentée par Georges Boussinesq et Gustave Laurent[2], mais de focaliser sur le Coup d’État.
J’ai toujours fréquenté cette histoire rémoise avec grand plaisir, parce que c’est à Reims que j’ai vécu mes premières années d’enseignant et que j’y ai conservé des liens familiaux. J’avais donné il y a quelques années un article sur 1848 à Reims[3]. Je ne reviens aujourd’hui à cette histoire que pour, je le répète, jeter un regard sur le lendemain du coup d’État du 2 décembre 1851 à Reims : la journée du 4 décembre.
Que s’est-il passé alors ?
Rien, ou si peu de choses, si l’on en croit les historiens du temps. Ainsi, après Schœlcher, Ténot écrit : « A Lille, à Cambrai, à Reims, des manifestations tentèrent de s’organiser et furent dispersées sans peine »[4].
Le quotidien rémois la Concorde[5], 5 décembre 1851, présente ainsi la manifestation du 4 décembre[6] :
« Une tentative de désordre, qui pouvait avoir des suites graves, a échoué dans la journée d’hier, grâce à la vigilance de la police, à la fermeté de nos autorités et au bon esprit de la population.
Le sous-préfet de Reims fut informé, à onze heures, que, sous le prétexte d’une des manifestations pacifiques dont la signification est connue[7], un coup de main devait être tenté par quelques centaines d’individus égarés à la suite de quelques meneurs. On se proposait, en enlevant l’Hôtel-de-Ville, de paralyser par avance les opérations de M. le général de Neuilly, dont l’arrivée à Reims avait été annoncée. A peine informé, le sous-préfet se rendit à l’Hôtel-de-Ville, où furent mandés immédiatement le procureur de la République, le commandant du bataillon et le commissaire central. D’après les dispositions concertées entre le sous-préfet et le maire[8], la gendarmerie, précédée de M. Dufaure de Prouillac, commissaire de police, se porta vivement sur la place Saint-Nicaise, qui était déjà envahie par environ deux cents individus, au milieu desquels on distinguait, entre autres meneurs, le sieur Bressy. Des proclamations incendiaires venaient d’être placardées.
L’agitation était extrême dans les groupes, d’autant plus surexcités que des nouvelles mensongères de la nature la plus alarmante étaient habilement exploitées par les meneurs qui se trouvaient là. A la vue de la gendarmerie, il se fit un mouvement qui fut à l’instant comprimé par l’arrestation du sieur Bressy[9] et de quelques autres, opérées sans la moindre résistance. En même temps qu’on saisissait sur eux des pièces compromettantes, les proclamations étaient arrachées sous les yeux même de ceux qui venaient de les afficher.
Les groupes de la place Saint Nicaise une fois en déroute, l’escadron de chasseurs et une partie de la gendarmerie vinrent se ranger en bataille devant l’Hôtel-de-Ville, où se trouvaient déjà six compagnies, tant de la garde nationale que du bataillon du 9°.
Pendant ce temps, une descente était faite par la police, ayant à sa tête le commissaire central, dans deux établissements publics de la ville, qui passent pour les foyers d’une agitation permanente.
Après quelques arrestations qui n’eurent pas lieu sans résistance, car un sabre fut levé sur la tête du commissaire central, ces établissements ont été fermés. Il paraît que les chefs du mouvement, si promptement comprimé, avaient fait croire à leurs malheureuses dupes que 200 ouvriers de Rethel étaient en marche sur Reims, et qu’ils arriveraient cette nuit. Des estafettes envoyées sur la route sont revenues sans avoir rencontré personne. D’ailleurs, toutes les précautions étaient prises par l’autorité. Les compagnies casernées à Bethléem[10] étaient sur pied, et la gendarmerie s’était portée en avant du faubourg Cérès pour arrêter la bande.
Les arrestations déjà opérées s’élèvent au nombre de onze. Des pièces qui ont été saisies sur les meneurs mis en état d’arrestation il résulte que le plan d’insurrection devait s’étendre à l’arrondissement tout entier et que Reims devait donner le signal. Pour parer aux éventualités, le sous-préfet a donné ordre à toutes les brigades de gendarmerie de rentrer dans leurs casernemens[11] respectifs. Le préfet de la Marne est arrivé à la sous-préfecture à cinq heures du matin. »

Parmi les abondantes médailles frappées à Reims en témoignage à l’occasion d’un événement, voici celle qui présente « le sieur Bressy » haranguant les manifestants, groupés sur la Place Saint Nicaise. Située au nord-est de la cité, à proximité des remparts bientôt en voie de démolition et près de la porte Cérès, la place touche au populeux quartier du Barbâtre et de l’église Saint Rémy, prolongé au sud par le très prolétarien quartier Fléchambault. Les manifestants sont donc « chez eux », dans le fief des démocrates socialistes, alors que l’Hôtel de Ville sur lequel ils s’apprêtent à marcher est dans le très bourgeois centre historique de la cité, à l’ouest. Les amis du vieux Reims reconnaîtront sur la médaille la fontaine, aujourd’hui déplacée, qui ornait la place depuis 1753.
Voici, par ordre alphabétique, tels que les présente l’État des affaires sur lesquelles il a été statué par la Commission mixe départementale de la Marne[12], les « démagogues » poursuivis pour avoir participé au rassemblement, et qui seront lourdement condamnés.
Je ne peux, en les citant, que ressentir, comme tout historien, l’impossibilité d’appréhender la vraie personnalité de ceux que nous livre la sècheresse des archives.
BRESSY Agathon. Lieu de naissance : Arpajon, Seine-et-Oise ; Âge : 45 ans ; Statut conjugal : Marié 1 enfant ; Domicile : Reims, Marne Profession : Médecin oculiste. Antécédents : 1850, 1 mois de prison, outrages envers un magistrat ; 5 francs amende, exercice illégal de la médecine. Décision de la commission mixte Marne : Algérie plus. Transporté en Algérie à Alger, province : Alger. Motifs et observations dans l’État de la commission mixte : Antécédents déplorables. Ancien aide-major de la garde républicaine sous l’administration du sieur Caussidière[13]. Ancien chef et organisateur de l’association socialiste connue à Reims sous le nom de corporation rémoise. Notoirement en rapport avec les chefs du parti démagogique tant à Paris que sur divers points de la France et de l’étranger. Promoteur et chef dirigeant de la tentative d’insurrection qui a eu lieu à Reims.
CALLAY Joseph Jean Baptiste. Lieu de naissance : Wiège-Faty, Aisne. Âge : 38 ans. Statut conjugal : Marié 4 enfants. Domicile : Reims, Marne. Profession : Couvreur. Type d’activité : Bâtiment. Antécédents : 1849, 8 jours de prison pour coups. Décision de la commission mixte Marne : Expulsion. Motifs et observations dans l’État de la commission mixte : A pris part à la tentative d’insurrection. Est allé dans les ateliers pour recruter des soldats à l’émeute, annonçant qu’il y aurait des armes pour tout le monde.
CANART Etienne. Lieu de naissance : Suippes, Marne. Âge : 21 ans. Statut conjugal : Célibataire. Domicile : Reims, Marne. Profession : Tisseur. Type d’activité : Textile Secteur : Industrie. Antécédents : 1848, poursuivi pour incendie et dévastation mais acquitté à cause de sa jeunesse. Décision de la commission mixte Marne : Expulsion[14]. Motifs et observations dans l’État de la commission mixte : A pris part au rassemblement. Il était en quelque sorte l’aide de camp de Bressy et Lecamp. Antécédents déplorables. Poursuivi en 1848 pour incendie et dévastation commis au mois de février de la même année, il paraît n’avoir été acquitté qu’à cause de sa jeunesse.
DEMARET Jean-Étienne. Lieu de naissance : Vouziers, Ardennes. Âge : 33 ans. Statut conjugal : Marié. Domicile : Reims, Marne. Profession : Restaurateur. Type d’activité : Aliments [Commerce]. Décision de la commission mixte Marne : Internement. Transporté en Algérie. Motifs et observations dans l’État de la commission mixte : C’est chez lui, avec son assentiment et dans son café, que les chefs du complot se sont réunis et ont été arrêtées les mesures propres à assurer la réussite de leurs projets. Connu pour ses opinions socialistes. En relation avec les démagogues de Mézières.
FAY Nicolas Basile. Lieu de naissance : Mesmont, Ardennes. Âge : 36 ans. Statut conjugal : Marié. Domicile : Reims, Marne. Profession : Crieur[15]. Type d’activité : Administration. Décision de la commission mixte Marne : Internement. Motifs et observations dans l’État de la commission mixte : Est allé place Sainte-Nicaise à Reims, faisant partie de toutes les réunions présidées par Bressy. Signalé comme homme d’action dangereux.
GELÉ[16] Jean François. Lieu de naissance : Chêne (Le), Aube. Âge : 45 ans. Statut conjugal : Célibataire. Domicile : Reims, Marne Profession : Menuisier. Type d’activité : Ameublement. Décision de la commission mixte Marne : Expulsion. Motifs et observations dans l’État de la commission mixte : A pris part à la tentative d’insurrection. Il a été arrêté au milieu des rassemblements à côté de Bressy qu’il accompagnait aux conciliabules qui ont précédé l’exécution du complot. Un des chefs démagogiques de Reims. Il était en relations directes avec les démagogues de Paris.
GÉNIN Victor Jean Baptiste. Lieu de naissance : Reims, Marne. Âge : 27 ans. Statut conjugal : Marié 1 enfant. Domicile : Reims, Marne. Profession : Typographe[17]. Type d’activité : Imprimerie, Livre. Décision de la commission mixte Marne : Algérie moins, transporté en Algérie à Alger, province : Alger. Motifs et observations dans l’État de la commission mixte : A pris part à la tentative d’insurrection. Assistait au conciliabule présidé par Bressy et Lecamp. En relation directe avec les chefs du parti démagogique à Vouziers. Il reçoit le 4 décembre une lettre de cette ville dans laquelle on lui dit : nous sommes prêts à tout.
LECAMP – Louis Athanase. Lieu de naissance : Craonne, Aisne. Âge : 29 ans. Statut conjugal : Célibataire. Domicile : Reims, Marne. Profession : Limonadier. Type d’activité : Aliments [Commerce], secteur : Commerce. Antécédents : 1848, 8 jours de prison, coups et blessures ; 1849, 6 mois de prison, excitation à la haine et au mépris des citoyens. Décision de la commission mixte Marne : Algérie moins[18]. Motifs et observations dans l’État de la commission mixte : Chef du parti socialiste à Reims. A pris part à la tentative d’insurrection de la ville. A fait partie des rassemblements en uniforme de garde national. Etait avec Bressy l’organisateur du complot.
LEJEUNE Jean Louis. Lieu de naissance : Chaudion, Ardennes. Âge : 45 ans. Statut conjugal : Marié. Domicile : Reims, Marne. Profession : Trieur de laine. Type d’activité : Textile. Secteur : Industrie. Décision de la commission mixte Marne : Internement. Motifs et observations dans l’État de la commission mixte : Est allé place Saint-Nicaise. Etait au conciliabule qui a précédé immédiatement la tentative d’insurrection. Ayant une certaine influence sur les ouvriers. Il est dangereux à cause de l’exaltation de ses opinions.
LEROY Jean Baptiste. Lieu de naissance : Buzancy, Aisne. Âge : 23 ans. Statut conjugal : Célibataire. Domicile : Reims, Marne. Profession : Fileur. Type d’activité : Textile. Secteur : Industrie. Décision de la commission mixte Marne : Expulsion. Motifs et observations dans l’État de la commission mixte : A fait partie des rassemblements de la place Saint-Nicaise. Il était armé d’un sabre fraîchement repassé pour servir au besoin, disait-il, le 4 décembre au matin. C’est lui qui a été chercher les conjurés pour leur dire de se réunir au café du Nouveau monde.
PICART Victor. Lieu de naissance : Reims. Marne. Âge : 41 ans. Statut conjugal : Marié. Domicile : Reims, Marne. Profession : Tisseur. Type d’activité : Textile Secteur : Industrie. Décision de la commission mixte Marne : Algérie moins. Motifs et observations dans l’État de la commission mixte : S’est rendu sur la place Saint-Nicaise à Reims en uniforme de la garde nationale. A assisté au conciliabule présidé par Bressy et Lecamp pour l’organisation de l’insurrection.
Au lendemain du 4, une vague de répression s’abattit sur les « démagogues » rémois dont la participation à la manifestation n’était pas établie. Furent poursuivis :
BISSET Jean Baptiste. Lieu de naissance : Vouziers Ardennes. Âge : 54 ans. Statut conjugal : Marié. Domicile : Saint-Hilaire-le-Petit[19], Marne. Profession : Tisseur. Type d’activité : Textile. Secteur : Industrie. Décision de la commission mixte Marne : Surveillance. Motifs et observations dans l’État de la commission mixte : Sa participation à l’insurrection de Reims n’est pas établie, mais ses relations avec Bressy et Lecamp, ses antécédents bien connus le signalent comme dangereux.
DESSON Thomas[20]. Lieu de naissance : Saint-Jean aux Bois, Ardennes. Âge : 30 ans. Statut conjugal : Marié 1 enfant. Domicile : Reims, Marne Profession : Tailleur de pierres. Décision de la commission mixte Marne : Surveillance.
DURIEUX Julien. Lieu de naissance : Rieux-Martin, Marne. Âge : 33 ans. Statut conjugal : Marié 1 enfant. Domicile : Reims, Marne. Profession : Tailleur. Type d’activité : Vêtement. Décision de la commission mixte Marne : Surveillance. Motifs et observations dans l’État de la commission mixte : Sa participation à l’insurrection de Reims n’est pas établie, mais ses relations avec Bressy et Lecamp, ses antécédents bien connus le signalent comme dangereux.
GOBREAUX Félix Victor. Lieu de naissance : Prouvais, Aisne. Âge : 44 ans. Statut conjugal : Marié 2 enfants. Domicile : Reims, Marne. Profession : Perruquier. Secteur : Commerce. Décision de la commission mixte Marne : Surveillance. Motifs et observations dans l’État de la commission mixte : Sa participation à l’insurrection de Reims n’est pas établie, mais ses relations avec Bressy et Lecamp, ses antécédents bien connus le signalent comme dangereux.
PHILIPPOT Victor François. Lieu de naissance : Herpy, Ardennes. Âge : 30 ans Statut conjugal : indéterminé. Domicile : Reims, Marne. Profession : Epicier. Secteur : Commerce. Décision de la commission mixte Marne : Surveillance. Motifs et observations dans l’État de la commission mixte : Sa participation à l’insurrection de Reims n’est pas établie, mais ses relations avec Bressy et Lecamp, ses antécédents bien connus le signalent comme dangereux.
TAILLE Narcisse. Lieu de naissance : Gonnelieu [Nord ?]. Âge : 26 ans. Statut conjugal : Marié 1 enfant. Domicile : Reims, Marne. Profession : Charcutier. Secteur : Commerce. Décision de la commission mixte Marne : Surveillance. Motifs et observations dans l’État de la commission mixte : Sa participation à l’insurrection de Reims n’est pas établie, mais ses relations avec Bressy et Lecamp, ses antécédents bien connus le signalent comme dangereux.
VANNIER Jean. Lieu de naissance : Toul, Meurthe. Âge : 36 ans. Statut conjugal : Marié, 2 enfants. Domicile : Reims, Marne. Profession : Apprêteur. Type d’activité : Textile. Secteur : Industrie. Décision de la commission mixte Marne : Non lieu. Motifs et observations dans l’État de la commission mixte : Prévenu d’avoir pris part aux désordres de Reims. Pas de preuve.
VELUT Alexandre. Lieu de naissance : Reims, Marne. Âge : 49 ans. Statut conjugal : Marié 2 enfants. Domicile : Reims, Marne. Profession : Tanneur. Type d’activité : Cuirs et peaux Secteur : Industrie. Décision de la commission mixte Marne : Surveillance. Motifs et observations dans l’État de la commission mixte : Sa participation à l’insurrection de Reims n’est pas établie, mais ses relations avec Bressy et Lecamp, ses antécédents bien connus le signalent comme dangereux.
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Outre la participation à la manifestation, les antécédents évoqués de ces poursuivis nous renvoient à des épisodes majeurs des secousses sociales et politiques qui marquent l’histoire de Reims sous la Seconde République, histoire qu’il n’y a pas lieu, je le répète, de refaire intégralement ici[21].
Dans les personnes arrêtées pour participation au rassemblement du 4 décembre, nous retrouvons d’abord le couvreur CALLAY et le tisseur CANART.
À l’annonce de la proclamation de la République, alors qu’une administration provisoire est mise en place par les anciens opposants du conseil municipal, bourgeois sensibles aux aspirations démocratiques et sociales du temps[22], s’adjoint la présence du « chef du parti communiste » icarien, l’ouvrier tisseur Butot[23], afin d’obtenir le soutien d’une masse ouvrière en ébullition. Une émeute éclate le 25 février 1848 au soir : l’entreprise de tissage mécanique Croutelle[24], sise quartier Fléchambault en bord de Vesle, est incendiée par une bande d’ouvriers, qui se répand ensuite dans les rues populaires de Fléchambault, du Barbâtre et de Saint Nicaise. Alors que Butot, entre autres, essaie de calmer la foule contre laquelle la garde nationale charge à la baïonnette, les émeutiers tentent d’entrer dans la Maison du Bon Pasteur, rue Neuve. CALLAY s’y introduit en brisant un carreau. Il sera arrêté et jugé aux assises en juin. Le jeune CANART, 18 ans, est poursuivi pour incendie et dévastation, mais acquitté en raison de son jeune âge.
Apparaissent en mars 1848 trois poursuivis de Décembre : le 7 mars, dans une autonomie ouvrière qui s’affirme, est affiché un Avis au peuple, initié entre autres par quelques Icariens : « La Révolution doit porter ses fruits, garantir les droits aux prolétaires, leur assurer un travail facile et modéré, justement rétribué, et une certitude d’avenir pour leur vieillesse… ». Parmi les signataires, nous retrouvons CALLAY, aux côtés du menuisier GELLÉ et du tisseur PICART, tous trois poursuivis après le 4 décembre 1851. Le 8, se constitue officiellement le Comité électoral de la Démocratie, initiateur de l’Appel, qui refuse toute collaboration avec la bourgeoisie municipale républicaine. Nous y retrouvons CALLAY. PICART en est le vice-président, GELLÉ le secrétaire. Est signalée la participation importante d’ouvriers influencés par le communisme icarien de Cabet alors que le groupe icarien d’avant la Révolution se réduit à une quarantaine de membres, dont plusieurs en instance de départ pour l’Icarien américaine. À la suite des troubles précédents est poursuivi le typographe GENIN. Et après une manifestation ouvrière, Louis LECAMP est arrêté, et condamné en octobre à 8 jours de prison pour coups et blessures.
C’est donc dans ce vivier des manifestations des premiers mois de 1848 que se nouent les liens entre 6 des 11 inculpés du 4 décembre 1851.
En septembre 1848, nous rencontrons le personnage majeur ultérieur du mouvement démocratique et social, l’orateur de la manifestation du 4 décembre 1851, le médecin Agathon BRESSY qui a quitté Paris après les coups terribles portés au mouvement républicain avancé[25].
BRESSY devient aussitôt le catalyseur du mouvement ouvrier, en œuvrant, au-delà du sage mutualisme déjà existant sous le contrôle des patrons et des autorités, et au-delà de la bienfaisance catholique et municipale, pour la constitution d’une grande Association rémoise des Corporations[26], en symbiose avec une Société rémoise d’assistance fraternelle.

Il s’agissait, en mettant en œuvre le principe socialiste associatif cher à Buchez, de s’attaquer concrètement aux difficultés extrêmes, voire à la misère, que subissaient tant de travailleurs. Mais en même temps, Bressy crée un comité électoral le 12 novembre en vue de l’élection présidentielle de décembre : on y discute des candidatures du socialiste rouge Raspail, mais aussi celle de Louis-Napoléon, que beaucoup d’ouvriers considéraient comme leur défenseur. D’ailleurs BRESSY ne cachait pas que l’Association devait être un vecteur de conscientisation politique. En témoigne le grand banquet populaire (4000 participants) organisé en pleine période électorale présidentielle de décembre 1848.

En janvier 1849, il lance son journal l’Association rémoise, dont la propagande efficace va permettre à Reims, alors que le département votait pour le Parti de l’Ordre, une victoire électorale de la démocratie socialiste aux élections législatives de mai 1849. Louis LECAMP en est le gérant.
On conçoit l’affolement de la bourgeoisie conservatrice et des autorités, (que reflètent les motifs de sa condamnation de décembre 1851) et la mise en place d’une politique systématique de répression d’un mouvement pourtant manifestement pacifique.
En février 1849, le comité central des 17 corporations rémoises proteste contre le projet de fermeture des clubs. CALLAY est alors secrétaire de ce comité, et il hérite de 8 jours de prison « pour coups » à la suite d’une manifestation. La campagne électorale pour les législatives de mai 1849 est menée par un Comité électoral permanent qui groupe les bourgeois démocrates de l’Union démocratique et l’Association rémoise des corporations, que représente le typographe GENIN (qui sera lourdement condamné après le 4 décembre 1851). Dans un département qui vote pour le Parti de l’Ordre, la victoire de ces démocrates socialistes à Reims augmente encore plus l’inquiétude de l’administration et la colère des possédants.
Mais l’occasion d’un règlement de compte qui se veut décisif sera fourni à l’administration par les événements de juin.
Alors que la démocratie socialiste parisienne préparait une grande manifestation pour le 13, en lien avec Paris, dans la soirée du 12 juin 1849, une délégation composée des dirigeants bourgeois du Comité démocratique pour la défense de la Constitution, et des dirigeants des Corporations ouvrières, notamment BRESSY, LECAMP, GÉNIN, LEJEUNE, présentèrent aux autorités municipales une lettre de protestation contre l’expédition de Rome et proposèrent des dispositions en faveur de la République démocratique et sociale. GÉNIN en était un des signataires. Malgré d’importantes manifestations ouvrières de soutien, tous furent poursuivis et beaucoup arrêtés ; ils durent attendre 6 mois en prison avant d’être jugés fin décembre, et acquittés. Louis LECAMP, poursuivi pour « excitation à la haine » dans le journal dont il était gérant (l’acte d’accusation de décembre 1851 le rappelle), ne sera libéré que fin janvier.
Les protestations ouvrières contre l’arrestation de BRESSY ne cessèrent pas pendant la détention, et après son acquittement en décembre 1849, il reçut un accueil populaire triomphal.

Palais des Beaux-Arts de Lille, cliché François Becuwe
Pendant sa captivité, le journal de l’Association avait cependant continué sa parution, ainsi que les actions de solidarité associative, comme cette boulangerie solidaire ouverte le 28 novembre dans la prolétarienne rue de Fléchambault.

Mais, au vu des intimidations, des visites domiciliaires, des licenciements, des menaces qui s’étaient abattues à Reims mais aussi dans tout le département sur les personnes suspectées de « démagogie », on doit mesurer en ce début 1850 la force des coups qui ont été portés au mouvement.
En 1850, commencent les deux années terribles. Après le retour des inculpés de juin 1849, acquittés fin décembre, les autorités vont accentuer leur dispositif de surveillance. Les cabarets, lieux de sociabilité populaire, sont espionnés[27], tout comme les domiciles privés des « démagogues » en vue : on note les noms de ceux qui les fréquentent On contrôle leur correspondance, en particulier celle du menuisier GELLÉ considéré comme en liaison avec Paris, et surtout celle de BRESSY, en correspondance avec « les comités de Paris et de Londres ». Il s’agit évidemment des comités démocratiques crées par les exilés de juin 1849. Mais dans son Histoire de Reims (op.cité), Gustave Laurent avance, sans fournir de preuves, que BRESSY avait rencontré Marx, et diffusait sa doctrine.
Le colportage des « écrits séditieux » est sévèrement réprimé. La loge maçonnique de l’« Union parfaite », à laquelle BRESSY appartenait est fermée : il lui était reproché d’étudier les doctrines socialistes et communistes. BRESSY, qui poursuit une propagande active dans le département, et rend à l’occasion des services médicaux, et inculpé d’exercice illégal de la médecine, ce qui lui vaut un mois de prison en juin.
L’Association rémoise des corporations poursuit vaillamment ses activités, malgré la répression. Mais elle est vite paralysée, ses réunions sont interdites, son journal doit cesser de paraître en juin 1850. Elle ressuscite sous le nom de Chambre du travail, mais avec moins de corporations (de 21 à 13) et a moins de membres (1700 adhérents désormais). Les autorités poursuivent leur persécution contre elle. En mars 1850, les ouvriers étrangers qui y adhéraient sont expulsés. Et un décret présidentiel du 26 décembre 1850 prononce « la dissolution des sociétés de secours mutuels établies à Reims, d’abord sous le titre de « Corporations réunies puis sous celui de Chambres du travail[28]. Et la répression, toujours aussi dure, se poursuivra en 1851.
Pendant ces deux années de répression, les instances judiciaires de la Marne ne cessent de réclamer au gouvernement la suppression de l’Association de BRESSY, placée sous la direction du parti démagogique, dont on affirme qu’elle fournit les cadres d’une armée prête à se lever pour l’insurrection, au signal donné[29].
Au lendemain de l’acquittement des inculpés de juin 1849, on peut lire le 6 février 1850, dans le « Rapport sur l’état moral et politique du ressort de la Cour d’appel de Paris » par le Procureur général près de la cour d’appel de Paris :
« L’arrondissement de Reims, dans ses cantons ruraux, partage cette heureuse situation (c’est-à-dire très calme). La ville seulement se trouve dans d’autres conditions ; l’élément industriel y domine, et le nombre considérable d’ouvriers employés dans ses importantes manufactures a rendu facile l’œuvre de destruction rêvée par les ennemis de notre état social. Mettant à profit la disposition de la loi du 28 juillet 1848, qui affranchit de toute autorisation préalable des associations de bienfaisance ou industrielles, ils ont organisé les divers corps d’état en corporations, en sociétés de secours mutuels, en ont pris la direction, et sont parvenus à créer une formidable association qui brave impunément l’autorité et qui porte avec elle tous les éléments propres à faire triompher les doctrines les plus funestes. A l’occasion des élections du 13 mai dernier [1849], il a été constaté que les corporations d’ouvriers avaient fourni 6.000 électeurs qui tous ont voté comme un seul homme en faveur des candidats socialistes. Lors des événements de juin [1849] les principaux chefs de ces corporations firent auprès de l’autorité locale des démonstrations qui se rattachaient évidemment à la nouvelle insurrection qui menaçait le pays ; la justice informa contre eux ; j’eus l’honneur de porter à votre connaissance tous les détails de cette affaire qui se termina par le regrettable arrêt d’acquittement prononcé par le jury de Seine-et-Marne. »
Ce n’est qu’à la veille du Coup d’État qu’est clairement désignée l’activité d’une société secrète, comme œuvrant avec le comité central de Résistance de Paris :
« Ajoutons que le 31 octobre 1851 aurait eu lieu, à Paris, une réunion de socialistes où se serait trouvé le représentant Émile de Girardin, et où auraient assisté les sieurs Bussy et Aubert-Roche, envoyés de Reims et de Vitry (Marne). Après y avoir résolu qu’il serait formé dans chaque arrondissement un comité de cinq membres qui correspondrait avec un délégué de chaque canton, on aurait en outre décidé qu’il fallait attendre la grande date du 29 avril, jour où l’on se lèverait en masse dans toute la France, sans autre mot d’ordre ; et que, si le président ou l’Assemblée tentait un coup d’État, on se lèverait sur un mot d’ordre envoyé exprès. » (Rapport du procureur général de Paris, du 17 novembre 1851.)
Rentré à Reims au début de 1850, après son acquittement, BRESSY lança son Almanach démocratique dans tout le département de la Marne, publication clairement en faveur de la « République rouge », et qui dans sa diffusion multiplie les contacts départementaux. Et l’administration, on l’a vu, n’avait cessé de dénoncer tout au long de cette année 1851 la menace d’une insurrection lancée dans tout le département par BRESSY et ses compagnons.
Les inculpations portées à « chaud » par la Commission mixte, au lendemain du 4 décembre, si elles attestent effectivement des liens noués par BRESSY, ne témoignent pourtant guère d’une levée en masse insurrectionnelle ! Les personnes arrêtées le sont à cause de leurs opinions et non par un geste clairement insurrectionnel.
Considérons les localités situées à moins de 50 km de Reims, avec lesquelles les contacts sont dont relativement aisés :
Au nord-est immédiat, une inculpation à Witry-les-Reims, 1273 h. à 8 km. 1120 h. en 1846[30].
Au nord-ouest, trois inculpations à Fismes[31]. 2422 h. en 1846, à 28 km de Reims[32].
Une inculpation à Crugny (au sud immédiat de Fismes), 864 h.[33]
Trois inculpations à Igny-le-Jard (aujourd’hui Igny-Comblizy), un peu au sud de Dormans, à 49 km de Reims, 558 h.[34]
Une inculpation assez pittoresque à Verneuil. 36 km à l’ouest de Reims, près du département l’Aisne.[35]
Une inculpation à Saint-Hilaire-le-Petit. 802 h. en 1846. 29 km à l’est de Reims.[36]
Au sud de Reims, une inculpation à Ludes[37] (12 km, 956 h. en 1851), et sur l’axe Reims-Avize, on rencontre seulement 4 inculpations à Épernay (29 km au sud de Reims, 6905 h. en 1846).[38]
Deux inculpations au sud immédiat d’Épernay, à Pierry. 31 km de Reims. 855 h. en 1846.[39]
Et enfin deux condamnations un peu au sud d’Epernay, à Avize, 42 km de Reims, 1774 h. en 1846.[40]
À Villers aux Bois (au sud-ouest immédiat d’Avize), à 46 km de Reims. 236 h.[41]
À 48 kms au sud-est, dans la préfecture Châlons sur Marne, 13733 h. en 1846, 3 inculpations[42], auxquelles s’ajoute l’inattendue présence d’un tenant de maison de tolérance[43] !
Au-delà de cette distance de 50 km, on rencontre encore un inculpé à Sézanne, à 73 km de Reims, 4531 h.[44].
Au lointain sud-est de Reims, on rencontre un inculpé à Givry en Argonne. 618 h.[45]
Dans l’Argonne encore, pour Sainte-Menehould, 80 km au sud-est de Reims. 4133 h., les rapports du procureur dans l’année 1851 signalent l’activité d’« affiliés aux sociétés secrètes de son arrondissement » et « la preuve que le socialisme y compte des apôtres dévoués et que tous ne sont pas dans les rangs les moins élevés de la société. ». Mais, la liste départementale des inculpés « à chaud » en témoigne, les poursuites ne sont pas engagées immédiatement.
Idem à Vitry-le-François, à 80 km de Reims, au sud est dans le Perthois (Champagne humide), 7412 h en 1846. L’activité d’Aubert-Roche, grande et respectée figure de médecin révolutionnaire[46], y est signalée, y compris dans la réunion parisienne du 31 octobre où aurait été organisée la levée en masse en cas de coup d’État (Cf. supra). Mais là encore la répression ne frappera pas immédiatement[47].
Dans la zone d’influence des démocrates de l’Aube :
Marcilly, à 116 km de Reims, près de l’Aube, à quelques km au sud-ouest d’Anglure, l’inculpation d’un charpentier au passé révolutionnaire.[48]
À Saint-Ouen Domprot, en frontière de l’Aube, 532 h. en 1846, cinq inculpations.[49]
Ce tableau est assez significatif : dans des localités de moyenne importance comme dans les quelques centres urbains, la propagande de BRESSY a pu toucher, ou revivifier, la conscience démocratique de quelques figures de la petite bourgeoisie locale, intellectuelle ou artisanale. La répression les a ciblés dans le ratissage des correspondants de BRESSY. Mais il existe aussi quelques foyers isolés dans des localités rurales, où des inculpés sociologiquement très populaires ont manifestement été ciblés par des dénonciations locales. Les liens avec Reims ne semblent pas évidents, et en particulier aux limites sud du département, en bordure de l’industrieux département de l’Aube.
Mais en fait, si BRESSY a parcouru le département, de par la situation géographique de Reims situé tout au nord, en limite du département des Ardennes, les militants « de base » se tournent vers ce département, dont ils sont souvent originaires. Ainsi sont attestés les liens du restaurateur DEMARET avec Mézières, ceux du typographe GENIN avec Vouziers. Des militants comme TROUVELOT sont à cheval sur les deux départements[50].
D’aucuns font le va-et-vient entre les deux départements, ainsi du forgeron itinérant OUDET qui est à la fois inculpé dans les deux départements[51] ; Sont surtout attestés les liens entre les militants de l’Association rémoise des Corporations avec les Associations fraternelles qui se créent à Charleville, Rethel, Sedan, dénoncées comme subversives. Ainsi, le très réactionnaire Ernest du Barrail peut écrire[52] :« Reims était le centre d’un groupe bien plus important que celui de Lille. Les sociétés de Reims étaient établies, en 1850, sur un pied formidable, qui a nécessité toute la vigilance et tous les efforts de l’autorité. Elle correspondait avec Charleville, Vouziers et Sedan ». Et, on l’a vu, les manifestants du 4 décembre à Reims attendaient l’arrivée d’une colonne d’ouvriers de Rethel.
Alors, le 4 décembre à Reims, un non-événement ?
Si la résistance ne s’est manifestée que par un début de manifestation aussitôt jugulé, oui, évidemment. Mais ce non-événement permet aussi de pointer à la fois l’isolement et la capacité de résistance des démocrates rémois. L’isolement relatif, ou absolu, dans un département alors acquis au idées conservatrices, explique que les manifestants du 4 n’aient pas été rejoints, comme cela a été le cas dans plusieurs localités du Sud, par une masse d’insurgés ruraux venus occuper la grande ville voisine, voire la préfecture.
Mais cet isolement ne signifie pas défaite absolue. Le 8 décembre, une manifestation de soutien à Bressy et aux autres arrêtés est dispersée par la force armée. Et le feu couve sous la cendre. En témoigne par exemple la conspiration ouvrière républicaine rémoise de 1854, où nous retrouvons LECAMP.
Mais il faut réaliser en face de quoi se retrouvaient les manifestants du 4 décembre : une ville en état de siège proclamé, avec une puissante présence militaire, une administration et une garde nationale immédiatement ralliée au coup d’État[53].
L’Associative corporative de BRESSY avait encore 1200 adhérents fin 1850. On ne les retrouve pas le 4 décembre. D’une part parce que les ouvriers étaient au travail, d’autre part parce que BRESSY et ses amis avaient depuis 1848 appelé au calme lors de toutes les secousses politiques et sociales. Il n’y a pas eu de levée en masse.
On peut considérer, au regard de nombre de départements, que la répression « à chaud » a été relativement légère. Ce serait ignorer le train d’arrestations qui suivirent pendant les premiers mois de 1852.
René Merle
[1] En 1851, Reims a 43 600 habitants et 47 754 avec la proche banlieue.
[2] Cf. notamment Georges Boussinesq et Gustave Laurent, Histoire de Reims depuis les origines à nos jours, Tome II, « Reims moderne de 1610 à 1914 », 2ème volume, Matot-Braine, 1933, ainsi que les publications posthumes de Georges Boussinesq (mort en 1914) : « Reims à la fin de la Monarchie de Juillet et pendant la période révolutionnaire », publié dans La Révolution de 1848 et les révolutions du XIXe siècle, mai-juin1922, juillet-août 1922, septembre-octobre 1922, novembre-décembre 1922. Ces publications ont fourni matière aux notices Maitron de quelques-uns des intervenants cités ci-dessous.
[3] René Merle, « 1848 à Reims. À propos de deux anniversaires (1898 et 1948) et de deux hommes : Eugène Courmeaux et Gustave Laurent. »
[4] Eugène Ténot, La province en décembre 1851. Étude historique sur le coup d’État, Paris, 1865
[5] La Concorde, journal de la Champagne, agriculture, commerce, industrie, littérature, politique, sciences et arts. Ce quotidien rémois, très hostile aux idées socialistes et très dévoué au Président, paraît le 27 octobre 1850, en pleine période de répression du mouvement démocratique et social rémois. Il est financé par le riche négociant en champagne Edouard Werlé.
[6] C’est cet article que publie, sans citer la source, le très réactionnaire Ernest du Barrail, Histoire de la jacquerie de 1851, aux bureaux du Public, Paris, 1852.
[7] Le sous-préfet fait évidemment allusion aux manifestations des républicains avancés, « démagogues » socialistes, qui se sont succédées depuis les débuts de la République. Ses guillemets à « pacifiques » se veulent ironiques, bien à tort, parce qu’à différentes reprises, ce furent les chefs « démagogues » qui calmèrent les manifestants avant que la manifestation ne dégénère en violence.
[8] Le maire était alors Théodore Denis Belin, notaire et banquier.
[9] D’autres sources indiquent que c’est chez BISSET, marchand épicier rue Saint Maurice, pour près de la place Saint Nicaise, que fut arrêté Bressy. Il était considéré comme un des chefs socialistes du quartier.
[10] Il ne s’agit évidemment que d’un secteur de la ville, dans le Faubourg Céres, au nord de la ville.
[11] graphie ancienne toujours parfois utilisée.
[12] https://poursuivis-decembre-1851.fr/index.php?page=lieux_naissance/france_metropolitaine&filtre=Marne
[13] Le vieux militant révolutionnaire Marc Caussidière devient préfet de police de Paris au lendemain de la Révolution de 1848. Il est rejoint par Bressy, alors médecin à Paris. Les deux hommes militaient à Lyon à la Société des droits de l’Homme et avaient participé aux insurrections lyonnaises de 1831 et 1834. Caussidière l’institua chirurgien de sa nouvelle garde municipale, « la Garde du Peuple », formée par des anciens activistes révolutionnaires sous la Monarchie de Juillet. La garde est dissoute après l’échec de la manifestation démocrate socialiste du 15 mai 1848, et Bressy quitte Paris pour s’installer comme médecin-oculiste à Reims.
[14] On le retrouvera en Belgique, puis à Londres.
[15] Chargé des annonces publiques dans les rues de la cité.
[16] Dans les différents documents de l’époque, le nom est aussi orthographié : Gellé.
[17] GENIN est aussi souvent qualifié de lithographe.
[18] Lecamp, qui avait pu prendre la fuite, fut condamné par contumace à la déportation.
[19] Saint-Hilaire-le-Petit est situé à 30 kms à l’Est de Reims.
[20] Figure sur la liste des poursuivis dans le département des Ardennes.
[21] Cf. note 2 supra.
[22] On note chez eux l’influence du philosophe fouriériste Victor Considérant.
[23] On lit dans la déclaration de la nouvelle administration municipale du 26 février : « OUVRIERS, Un de vos frères fait partie du Comité, quelques autres ont été introduits dans le Conseil municipal. Ils nous exposeront vos besoins qu’ils connaissent mieux que personne. Ils nous diront leur pensée sur la satisfaction qu’il convient d’y apporter. L’Administration nouvelle va délibérer de suite sur les mesures qui pourront diminuer les misères les plus pressantes ».
[24] L’entreprise Croutelle était la seule entreprise de tissage mécanisé, qui de ce fait avait mieux surmonté que les autres manufactures la crise de 1847. Elle était emblématique de cette mécanisation jugée néfaste à l’emploi par nombre d’ouvriers.
[25] Cf. note 13.
[26] BRESSY a été marqué par le travail des Associations mutuelles lyonnaises, entre les deux insurrections de 1831 et 1834.
[27] Comme celui de Louis LECAMP, « limonadier » à Reims.
[28] Le décret fait mention de treize corporations encore groupées à cette époque : les tisseurs, les trieurs, les teinturiers, les apprêteurs, les peigneurs, les tailleurs de pierre, les maçons, les menuisiers, les charpentiers, les ouvriers en métaux, les peintres, les terrassiers, les couvreurs.
[29] Iouda Tchernoff, Associations et sociétés secrètes sous la seconde république, Paris, Pedone, 1905 fournit à ce sujet une abondante documentation.
[30] DRANOSKI – Jean Nicolas. Lieu de naissance : Witry-lès-Reims, Marne. Âge : 26 ans. Statut conjugal : Marié 1 enfant. Domicile : Witry-lès-Reims, Marne. Profession : Maçon charpentier. Type d’activité : Bâtiment
Décision de la commission mixte Marne : Surveillance
Motifs et observations dans l’État de la commission mixte : Sa participation à l’insurrection de Reims n’est pas établie, mais ses relations avec Bressy et Lecamp, ses antécédents bien connus le signalent comme dangereux.
[31] À noter que le 10 décembre, un détachement militaire venu de Reims vient occuper la localité, ou soi-disant les « routes » auraient massacré au curé.
[32] LABBÉE – Eugène. Lieu de naissance : Wargemoulin, Marne. Âge : 41 ans. Statut conjugal : Veuf. Domicile : Fismes, Marne. Profession : Officier de santé. Type d’activité : Professions médicales. Décision de la commission mixte Marne : Internement. Motifs et observations dans l’État de la commission mixte : « En relations écrites avec Bressy. Chef du parti démagogique dans sa commune. Il est signalé comme dangereux à cause de l’exaltation de ses opinions démagogiques. « En 1793, les têtes tombaient par milliers », disait-il, « en 1852, elles tomberont par millions, et, à cette époque, nous aurons à la tête du gouvernement Raspail et Blanqui ».
LAMBERT Jean Baptiste. Né à Reims. 32 ans. Marié 2 enfants. Habite Fismes où il est plafonneur. Décision de la commission mixte : surveillance. Motifs : Sa participation à l’insurrection de Reims n’est pas établie, mais ses relations avec Bressy et Lecamp, ses antécédents bien connus le signalent comme dangereux.
LAMBERT Martin Joseph. Né à Fismes. 57 ans. Marié 1 enfant. Habite Fismes où il est plafonneur. Décision de la commission mixte : surveillance. Motifs : Sa participation à l’insurrection de Reims n’est pas établie, mais ses relations avec Bressy et Lecamp, ses antécédents bien connus le signalent comme dangereux.
[33] LEROUX – Charles Prosper. Lieu de naissance : Braisne, Oise. Âge : 49 ans. Statut conjugal : Veuf 2 enfants. Domicile : Crugny, Marne. Profession : Vétérinaire. Type d’activité : Professions libérales. Secteur : Professions libérales. Décision de la commission mixte Marne : Surveillance. Motifs et observations dans l’État de la commission mixte : Sa participation à l’insurrection de Reims n’est pas établie, mais ses relations avec Bressy et Lecamp, ses antécédents bien connus le signalent comme dangereux.
[34] GUILLAUME – Prudent ; Lieu de naissance : Marson, Marne. Âge : 36 ans. Statut conjugal : Marié 3 enfants. Domicile : Igny-le-Jard, Marne. Profession : Tailleur de pierres. Décision de la commission mixte Marne : Police correctionnelle. Motifs et observations dans l’État de la commission mixte : Affilié à une société secrète. Offenses envers M. le Président de la République. Dangereux pour la sécurité publique.
LECOURT – Jean Louis Alexandre. Lieu de naissance : Igny-le-Jard Marne. Âge : 39 ans. Statut conjugal : Marié 2 enfants. Domicile : Igny-le-Jard, Marne. Profession : Bourrelier. Type d’activité : Cuirs et peaux. Antécédents : 1846, 16 frs d’amende, outrages à la gendarmerie. Décision de la commission mixte Marne : Police correctionnelle. Motifs et observations dans l’État de la commission mixte : Affilié à une société secrète.
RASSENEUR – Xavier. Lieu de naissance : Igny-le-Jard Marne. Âge : 20 ans. Statut conjugal : indéterminé. Domicile : Igny-le-Jard, Marne. Profession : Tourneur. Type d’activité : Métaux ordinaires Secteur : Industrie. Décision de la commission mixte Marne : Police correctionnelle. Motifs et observations dans l’État de la commission mixte : Affiliation à une société secrète. Offenses envers M. le Président de la République. Dangereux pour la sécurité publique.
[35] BOULARD – Louis. Lieu de naissance : Verneuil Marne. Âge : 49 ans. Statut conjugal : Marié 2 enfants. Domicile : Verneuil, Marne. Profession : Vigneron. Type d’activité : Agriculture. Décision de la commission mixte Marne : Non-lieu. Motifs et observations dans l’État de la commission mixte : Les propos offensants pour M. le Président de la République ont été tenus dans un état complet d’ivresse. Ses antécédents sont bons.
[36] BISSET – Jean Baptiste. Lieu de naissance : Vouziers, Ardennes. Age : 54 ans. Statut conjugal : Marié. Domicile : Saint-Hilaire-le-Petit, Marne. Profession : Tisseur. Type d’activité : Textile. Secteur : Industrie. Décision de la commission mixte Marne : Surveillance. Motifs et observations dans l’État de la commission mixte : Sa participation à l’insurrection de Reims n’est pas établie, mais ses relations avec Bressy et Lecamp, ses antécédents bien connus le signalent comme dangereux.
[37] PERTHOIS Louis. Marié 2 enfants. Habite Ludes où il est tuilier. Décision de la commission mixte : surveillance. Motifs : Sa participation à l’insurrection de Reims n’est pas établie, mais ses relations avec Bressy et Lecamp, ses antécédents bien connus le signalent comme dangereux.
[38] DEULLIN – Eugène Lieu de naissance : Avize, Marne. Âge : 24 ans. Statut conjugal : Marié 2 enfants. Domicile : Épernay, Marne. Profession : Banquier. Type d’activité : Banque et assurances Secteur : Commerce. Décision de la commission mixte Marne : Surveillance. Motifs et observations dans l’État de la commission mixte : Sa participation à l’insurrection de Reims n’est pas établie, mais ses relations avec Bressy et Lecamp, ses antécédents bien connus le signalent comme dangereux.
DEVENOGE – Léon. Lieu de naissance : Épernay, Marne. Âge : 26 ans. Statut conjugal : Célibataire. Domicile : Épernay, Marne. Profession : Négociant. Type d’activité : Négoce. Secteur : Commerce. Décision de la commission mixte Marne : Internement. Motifs et observations dans l’État de la commission mixte : Chef du parti socialiste à Épernay. Se trouvant à Paris le 4 décembre. Il écrivait à Bressy pour exciter les actes de désordre que ce dernier préparait.
FIÉVET – Auguste Eugène. Lieu de naissance : Épernay, Marne. Âge : 35 ans Statut conjugal : Célibataire Domicile : Paris, Seine. Profession : Typographe Type d’activité : Imprimerie, Livre. Décision de la commission mixte Marne : Surveillance. Motifs et observations dans l’État de la commission mixte : Sa participation à l’insurrection de Reims n’est pas établie, mais ses relations avec Bressy et Lecamp, ses antécédents bien connus le signalent comme dangereux.
LALLEMENT Guillaume Gustave. Né à Paris. 29 ans. Marié. Habite Épernay où il est compositeur d’imprimerie. Décision de la commission mixte : surveillance. Motifs : Sa participation à l’insurrection de Reims n’est pas établie, mais ses relations avec Bressy et Lecamp, ses antécédents bien connus le signalent comme dangereux.
[39] GRUBERT – Joseph Nicolas Lieu de naissance : Pierry Marne Âge : 25 ans Statut conjugal : Célibataire Domicile : Pierry, Marne. Profession : Étudiant en droit. Type d’activité : Enseignement. Secteur : Professions libérales. Décision de la commission mixte Marne : Surveillance. Motifs et observations dans l’État de la commission mixte : Sa participation à l’insurrection de Reims n’est pas établie, mais ses relations avec Bressy et Lecamp, ses antécédents bien connus le signalent comme dangereux.
GRUBERT Joseph. Né à Châlons-sur-Marne. 51 ans. Marié 3 enfants. Habite Pierry. Menuisier. Décision de la commission mixte : surveillance. Motifs : Sa participation à l’insurrection de Reims n’est pas établie, mais ses relations avec Bressy et Lecamp, ses antécédents bien connus le signalent comme dangereux.
[40] DUCOGNON – Charles Théodule Nicolas. Lieu de naissance : Montmirail, Marne. Âge : 40 ans. Statut conjugal : Marié 2 enfants. Domicile : Avize, Marne. Profession : Pharmacien Secteur : Professions libérales. Décision de la commission mixte Marne : Surveillance. Motifs et observations dans l’État de la commission mixte : Opinions exaltées, en relations avec les démagogues de Reims et des Ardennes.
HARDOUIN – François Félix. Lieu de naissance : Pévy, Marne. Âge : 32 ans. Statut conjugal : Marié. Domicile : Avize, Marne. Profession : Ancien notaire. Type d’activité : Professions libérales. Décision de la commission mixte Marne : Surveillance. Transporté en Algérie. Observations en liste générale : Antécédents déplorables. Ancien sous commissaire du Gouvernement provisoire. Relations avec les chefs démagogiques de Reims et attitude hostile le deux Décembre. Motifs et observations dans l’État de la commission mixte : Antécédents déplorables au point de vue politique et au point de vue moral. Ancien sous commissaire sous le Gouvernement provisoire. Ancien notaire condamné à deux années de prison pour faits de change. En relations suivies avec les chefs du parti démagogique de Reims. Militaire hostile à l’époque du 2 décembre.
[41] LELOUP – Louis. Lieu de naissance : Villers-aux-Bois Marne. Âge : 18 ans. Statut conjugal : Célibataire. Domicile : Villers-aux-Bois, Marne. Profession : Manouvrier. Type d’activité : Industrie. Non précisé. Décision de la commission mixte Marne : Police correctionnelle 1 mois de prison. Motifs et observations dans l’État de la commission mixte : Propos offensants contre M. le Président de la République.
[42] JEANNIOT – François Alexis. Lieu de naissance : Vitry-le-François, Marne. Âge : 43 ans. Statut conjugal : Marié, 2 enfants. Domicile : Châlons, Marne. Profession : Épicier. Type d’activité : Aliments [Commerce]. Décision de la commission mixte Marne : Surveillance. Motifs et observations dans l’État de la commission mixte : Connu depuis longtemps pour ses opinions démagogiques, en relations suivies avec les chefs du parti socialiste de Reims.
LAURENT – Joseph Prosper. Lieu de naissance : Wassy, Marne (Haute). Âge : 44 ans. Statut conjugal : Marié 2 enfants. Domicile : Châlons-sur-Marne, Marne. Profession : Homme de lettres .Type d’activité : Artistes. Secteur : Professions libérales. Antécédents : 1850, 500 frs d’amende, contravention. Décision de la commission mixte Marne : Surveillance. Motifs et observations dans l’État de la commission mixte : Opinions exaltées, en relations avec les démagogues de Reims et des Ardennes.
LONGIS – Armand Denis. Lieu de naissance : Villers-Marmery, Marne. Âge : 45 ans. Statut conjugal : Marié 3 enfants. Domicile : Châlons-sur-Marne, Marne. Profession : Mercier. Secteur : Commerce. Décision de la commission mixte Marne : Surveillance. Motifs et observations dans l’État de la commission mixte : Opinions exaltées, en relations avec les démagogues de Reims et des Ardennes.
[43] BURCQ – Ferdinand. Lieu de naissance : Ebersmunster, Rhin (Bas). Âge : 40 ans. Statut conjugal : Marié. Domicile : Châlons-sur-Marne, Marne. Profession : Tenant une maison de tolérance. Type d’activité : Services. Antécédents : 1851, 20 jours de prison, coups et blessures. Décision de la commission mixte Marne : Surveillance. Motifs et observations dans l’État de la commission mixte : Opinions exaltées, en relations avec les démagogues de Reims et des Ardennes.
[44] COURTOIS Isidore. Lieu de naissance : Sézanne, Marne. Âge : 37 ans. Statut conjugal : Célibataire. Domicile : Sézanne, Marne. Profession : Ancien huissier. Secteur : Professions libérales. Antécédents : 25/7/1850, 2 jours de prison, coups volontaires, jugement infirmé en appel. Destitué de ses fonctions d’huissier pour manquement à ses devoirs. Décision de la commission mixte Marne : Surveillance. Motifs et observations dans l’État de la commission mixte : Opinions exaltées, en relations avec les démagogues de Reims et des Ardennes.
[45] BÉRAT – Jean Baptiste. Lieu de naissance : Montmort, Marne. Âge : 56 ans. Statut conjugal : Veuf. Domicile : Givry-lès-Loisy, Marne. Profession : Journalier. Antécédents : 15 jours de prison, 200 frs d’amende, excitation à la haine des citoyens et outrages. Les faits postérieurs au 2 décembre qui lui étaient reprochés n’avaient pas de gravité. Les cris séditieux dont il s’est rendu coupable remontent au mois d’août 1850. La Commission n’en était pas saisie. Décision de la commission mixte Marne : Non lieu.
[46] https://fr.wikipedia.org/wiki/Louis-Rémy_Aubert-Roche
[47] Est tout de même poursuivi : LACOMBE Prosper. Né à Metz. 44 ans. Célibataire. Habite Vitry-le-François, où il est entrepreneur de transports par eau. Décision de la commission mixte : surveillance. Motif : Sa participation à l’insurrection de Reims n’est pas établie, mais ses relations avec Bressy et Lecamp, ses antécédents bien connus le signalent comme dangereux. Ex-sous-préfet de Vouziers (Ardennes) en 1848.
[48] PELÉ – Hippolyte. Lieu de naissance : Nogent-sur-Seine Aube. Âge : 42 ans. Statut conjugal : indéterminé Domicile : Marcilly-sur-Seine, Marne. Profession : Charpentier en bâtiments. Antécédents : Condamné par la cour d’assises de la Nièvre pour fait politique. Décision de la commission mixte Marne : Internement. Motifs et observations dans l’État de la commission mixte : Le prévenu étant en fuite, sa participation à un complot contre la sûreté de l’Etat n’a pu être établie. Antécédents déplorables, condamné par la cour d’assises de la Nièvre pour faits politiques. Il s’est vanté d’avoir pris part à l’insurrection de Juin. Une perquisition faite chez lui a amené la saisie d’emblèmes séditieux.
[49] BEAURIEUX – Parfait. Lieu de naissance : Saint-Ouen, Marne. Âge : 38 ans. Statut conjugal : Célibataire. Domicile : Saint-Ouen, Marne. Profession : Garde champêtre révoqué. Type d’activité : Administration. Décision de la commission mixte Marne : Surveillance. Motifs et observations dans l’État de la commission mixte : Garde champêtre révoqué à cause de ses opinions. Offenses non publiques envers M. le Président de la République. Opinions très exaltées. Attitude hostile.
BONCORPS – Théodore. Lieu de naissance : Saint-Ouen, Marne. Âge : 18 ans. Statut conjugal : Célibataire. Domicile : Saint-Ouen, Marne. Profession : Cultivateur. Type d’activité : Agriculture. Décision de la commission mixte Marne : Non-lieu. Motifs et observations dans l’État de la commission mixte : Affiliation aux sociétés secrètes. Pas de preuve.
HENRY – Antoine Eugène Benoni. Lieu de naissance : Saint-Ouen Marne. Âge : 22 ans. Statut conjugal : Célibataire. Domicile : Saint-Ouen, Marne. Profession : Manouvrier. Type d’activité : Industrie. Non précisé. Décision de la commission mixte Marne : non-lieu. Motifs et observations dans l’État de la commission mixte : Affiliation aux sociétés secrètes. Pas de preuve.
SOMSOIS, dit Pistolet – Antoine. Lieu de naissance : Saint-Ouen Marne. Âge : 33 ans. Statut conjugal : Marié 1 enfant. Domicile : Saint-Ouen, Marne. Profession : Menuisier. Type d’activité : Ameublement. Décision de la commission mixte Marne : Liberté. Motifs et observations dans l’État de la commission mixte : Affiliation aux sociétés secrètes. Pas de preuve.
SOYER – Léonce. Lieu de naissance : Saint-Ouen, Marne. Âge : 25 ans. Statut conjugal : Marié. Domicile : Saint-Ouen, Marne. Profession : Cordonnier. Type d’activité : Cuirs et peaux. Décision de la commission mixte Marne : Liberté. Motifs et observations dans l’État de la commission mixte : Affiliation aux sociétés secrètes. Pas de preuve.
[50] TROUVELOT – Léopold. Lieu de naissance : Guyancourt Seine-et-Oise. Âge : 23 ans. Statut conjugal : Célibataire. Domicile : Vouziers, Ardennes. Profession : Lithographe Type d’activité : Imprimerie, Livre. Décision de la commission mixte Marne : Surveillance. Motifs et observations dans l’État de la commission mixte : Sa participation à l’insurrection de Reims n’est pas établie, mais ses relations avec Bressy et Lecamp, ses antécédents bien connus le signalent comme dangereux.
[51] OUDET – Michel. Lieu de naissance : Saint-Loup-Terrier Marne. Âge : 39 ans. Statut conjugal : indéterminé. Domicile : Sans domicile. Profession : Forgeron. Décision de la commission mixte Marne : Surveillance à la disposition du parquet. Motifs et observations dans l’État de la commission mixte : Les cris séditieux et les offenses envers M. le Président de la République ne sont pas assez caractérisées pour mériter une répression légale. Opinions socialistes.
[52] Ernest du Barrail, Histoire de la jacquerie de 1851, aux bureaux du Public, Paris, 1852.
[53] Ils ne seront qu’une poignée, ultérieurement, à refuser le serment à Louis-Napoléon, comme le juge de paix Renard.
