Le livret de transporté de Pierre Augier
page mise en ligne le 22 avril 2026
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Le livret de transporté d’un résistant de Cagnes (Var) : Pierre Augier
Pierre Augier est né le 15 novembre 1821 à Cagnes où il est cultivateur. Il est condamné par la commission mixte du Var à la déportation en Algérie pour 5 ans car : « Affilié à la société secrète. Un des chefs dangereux (contumace). »

diplôme de Pierre Augier, édité à l’occasion de l’inauguration du monument d’Aups (1881)
Pendant la Seconde République, la petite ville de Cagnes (alors dans le département du Var) était particulièrement surveillée par les autorités : on la soupçonnait d’abriter un sous-comité du Comité central de résistance, fondé à Paris par Greppo, Miot et Michel de Bourges. On ne sait si Augier y était affilié. Le parti républicain de Cagnes était dirigé par le docteur César Provençal, emprisonné deux mois en 1850 car accusé d’appartenir à une société secrète, qui, à la nouvelle du coup d’État, tenta en vain de rassembler des hommes à Saint-Laurent et à Vence, afin d’aider des réfugiés de Nice à revenir en France pour entrer en résistance (Léonce Boniface, « Un proscrit varois de décembre 1851 dans le Comté de Nice : Le Docteur César Provençal (1814-1868) », Provence historique, tome 3, fasc. 14, 1953, pp. 126-130). Là encore, nous ne savons pas si Pierre Augier a participé à cette tentative.
Visiblement arrêté après la sentence de la commission mixte, il est transporté à Bourkika. Sa peine est commuée en internement le 16 août 1855. Son livret, page 21, montre qu’il n’a été libéré de sa déportation que le 15 novembre.
Propriétaire cultivateur, il se marie à Cagnes le 8 décembre 1859 avec Adélaïde Antoinette Civatte. Les époux déclarent ne savoir signer. Un des témoins est Salomon Blacas lui aussi condamné à la déportation en Algérie, mais qui ne fut pas transporté car sa peine fut commuée en surveillance le 8 septembre 1852.
Pierre Augier bénéficia de l’indemnisation des victimes du coup d’État prévue par la loi de réparation nationale de 1881. Décédé le 24 décembre 1899 à Cagnes, alors qu’il est toujours propriétaire-cultivateur. Sa veuve obtiendra une pension de réversion.
Voici son livret de transporté. Nous n’avons pas reproduit les pages contenant le Règlement sur le régime des transportés en Algérie, disponible sur notre site.










