A la mémoire de Jules Roucayrol

Midi-Libre, en ligne, 28 décembre 2020

 

A la mémoire de Jules Roucayrol

 

La stèle à la mémoire de Jules Roucayrol, victime du coup d’état de Louis-Napoléon du 2 décembre 1851, a été restaurée à l’initiative du collectif de sauvegarde du patrimoine roujanais.

Après un débroussaillage des abords et un nettoyage du monument, une plaque commémorant la disparition de ce jeune Roujanais a été dévoilée, en présence d’élus communaux et de membres du collectif. Jean Blanquefort, maire du village, a rappelé que la contribution de la commune était une promesse de campagne. Roger Bédrines a conté cet épisode douloureux de l’histoire roujanaise.

Nelly Guiraud a lu le poème que les enfants des écoles ont récité en 1882 en l’honneur du « Martyr de Saint-Majan ».

Nombre de Roujanais, opposés au coup d’état, ont été pourchassés par la troupe venue mater la contestation, 56 d’entre eux ont été condamnés, dont 35 déportés en Algérie.

En 1882, la mairie décide d’ériger un monument à la mémoire de Jules Roucayrol, blessé le 16 décembre 1851 et mort le lendemain. La stèle est située sur la route reliant Gabian à Neffiès, à quelques dizaines de mètres du gué de Peyne et du platane de Saint-Majan.

 

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Jules Pierre Roucayrol, maçon en 1851, est né à Roujan le 16 août 1831, d’un père valet de labour.

« Le département de l’Hérault avait été mis en état de siège, par décret du 8 décembre : il y fut appliqué dans toute sa rigueur. Le nombre des arrestations fut supérieur à trois mille. Les colonnes mobiles battirent le pays sans relâche. L’ordre de tuer quiconque essaierait de fuir fut souvent appliqué. Un détachement du 35e de ligne fouillait, le 17, les carrières de Roujan ; un républicain, nommé Jules Cayrol, y fut tué en cherchant à échapper à la troupe. Le 22 du même mois une colonne mobile arriva, sur le soir, à Servian, et cerna la maison d’un propriétaire connu pour ses opinions républicaines, M. Cambon. Il sauta d’une fenêtre pour fuir vers le jardin. Il tomba mort sous les coups de fusil. A Saint-Thibéry, près de Pezénas, un détachement, commandé par le lieutenant Sardan, surprit quelques fugitifs cachés dans une ferme. Ils s’enfuirent en chemise et traversèrent la rivière l’Hérault par un froid glacial, sous une grêle de balles.

Plusieurs aussi tombèrent dans des rencontres ignorées au milieu des Cévennes.

Le général Rostolan le disait, le 28 décembre, dans une proclamation adr