Edme Desmoineaux
page mise en ligne le 25 avril 2026
Edme Desmoineaux, victime du coup d’État avant Décembre
Frédéric Negrel
La récente publication sur notre site de la photographie de la tombe d’Alexis Ragouat dans le cimetière d’Herry (Cher) a suscité la réaction de notre adhérente Nathalie Rigault.
En effet, un des compagnons d’A. Ragouat évoqué dans la présentation de cette tombe est Edme Desmoineaux, condamné comme lui à la déportation en Algérie pour sa participation aux événements qui ont secoué le Cher en octobre 1851.
Or, celui-ci est l’aïeul de Nathalie Rigault qui nous a fait parvenir une photo d’une tombe du cimetière de Précy.

Cette tombe n’est pas celle d’Edme Desmoineaux père mais celle de son neveu Edme, qui avait 6 ans en 1851[1]. Elle avait été conservée par la municipalité car on pensait que c’était celle de l’ancien maire de la commune, l’Edme Desmoineaux qui fait l’objet de cet article.
Lorsque Nathalie Rigault a pris connaissance du rôle joué par son ancêtre dans le parti républicain, elle a voulu, avec Joël Vignel, alors maire de Précy, lui rendre hommage en apposant une plaque sur cette tombe.

Ce message est pour nous l’occasion de présenter brièvement Edme Desmoineaux père.
Né le 2 novembre 1810 au Chautey (Cher) d’un père fondeur, il apparait dans divers documents comme charron[2], une activité liée au travail du fer, alors spécialité du Cher et du Val de Loire, tout comme l’extraction du minerai. Dans le village de Précy (700 habitants), où il vit en 1848, se trouvent un haut-fourneau et une forge, appartenant à la famille Métairie, qui y emploie 200 personnes. Le traité de commerce avec l’Angleterre de 1860 sera fatal à cette usine[3]. Edme Desmoineaux y exerce également le métier d’aubergiste et c’est ainsi que la commission mixte le désigne en décembre 1851. Il a alors dix enfants, dont l’aîné, François, 18 ans, est charron.
L’activité politique d’Edme Desmoineaux nous est connue à partir de son élection comme maire de Précy en 1848.
A Précy, « On fêta les temps nouveaux, mais sans le curé et sans – et contre – le maire, le maître de forges Métairie (…). Le 26 mars eut lieu la cérémonie de la plantation de l’arbre de la Liberté. (…) On avait renversé Louis-Philippe à Paris, on renversa Métairie à Précy puisqu’il était le maire de Louis-Philippe. Ce ne fut pas, comme en beaucoup d’autres communes, la fraternisation générale, du maître des forges au journalier. Ce fut au contraire la rébellion contre les « gros » et les « blancs », sans oublier le curé. Ce jour-là, on assista à Précy à une sorte de cérémonie païenne, arrosée au vin rouge plutôt qu’au vin de messe.[4] »
Dans des communes voisines, des grèves ouvrières éclatent. Ainsi, « le 3 avril, 800 grévistes de la sidérurgie et des mines marchèrent de village en village » dans la vallée de l’Aubois. Arrestations, licenciements, déploiement de forces armées parviennent à stopper ce mouvement[5].
Comme l’ensemble du pays, le Cher choisit à une écrasante majorité Louis-Napoléon Bonaparte comme président de la République en décembre 1848. Seul le canton voisin de Saint-Amand place Alexandre Ledru-Rollin en tête des candidats.
Mais en mai 1849, alors qu’une majorité monarchiste s’empare de l’Assemblée législative, les six députés du Cher sont des démocrates-socialistes, des Montagnards[6], élus avec une moyenne de 55%, résultat porté à 58% dans le canton de Sancergues auquel appartient Précy.
Cette victoire électorale républicaine dans le département du Cher suscite une vive réaction des autorités conservatrices qui entendent l’endiguer, non seulement par l’application des lois restreignant les libertés de réunion, d’association et de la presse, qui contraignent le parti républicains à s’organiser dans la clandestinité, mais aussi par les persécutions visant ses meneurs. C’est le procureur général de Bourges, Eugène Corbin[7], révoqué en 1848 par la jeune République, battu aux législatives de mai, qui, à partir de septembre 1849, est chargé de cette répression, comme l’a été le préfet Eugène Haussmann dans le Var.
Trois députés montagnards du Cher, Félix Pyat, Louis Vauthier et Jean Louriou, perdent leurs mandats à la suite de la journée du 13 juin 1849 à Paris. Les deux premiers, l’un en fuite, l’autre en détention, doivent être remplacés par une élection législative partielle le 10 mars 1850. Les actions antirépublicaines de Corbin ont eu des effets : les candidats démocrates n’obtiennent que 43% des voix du département, et même seulement 33% dans le canton de Sancergues. Mais, à Précy, ils sont majoritaires à 59%.
Edme Desmoineaux n’y est certainement pas étranger.
Le procureur Corbin va en faire une cible. Dans un rapport de synthèse du 22 novembre 1851, il résume : « De Précy émanait une impulsion funeste. Là se donnaient les mots d’ordre et s’organisaient les complots. Le cabaret de Desmoineaux était le rendez-vous habituel de tous ces agitateurs notoires et de bas étage qui aspiraient à un coup de main et se préparaient pour le premier signal. […] Le Cher et la Nièvre sont infectés de sociétés secrètes innombrables. Ces sociétés secrètes se rattachant à la Jeune Montagne ne sont que les ramifications d’un vaste et effroyable complot dont la dernière fin est la destruction radicale de l’ordre social actuel, rien de moins[8]. »
Dès sa nomination au parquet, en septembre 1849, Corbin s’en prend à Edme Desmoineaux. Celui-ci avait été arrêté avec 10 autres républicains[9] en août pour « infâmes propos contre les propriétaires ». Ils sont détenus à Sancerre et, après que l’un deux a succombé au choléra, transférés à Bourges[10]. Il passe 64 jours en prison[11] avant d’être acquitté aux assises fin octobre.
Son retour à Précy rappelle celui des Bas-Alpins André Ailhaud et Joseph Buisson à Manosque après leur acquittement par les assises de Digne en mai 1850. Un retour en forme de triomphe : la voiture, parée de rouge et de drapeaux tricolores, est acclamée par la foule sur son passage. Un retour vilipendé par la presse conservatrice[12]. Edme Desmoineaux y répond :
« Précy, le 7 novembre 1849.
Citoyen Rédacteur,
On m’a remis hier le numéro du 31 octobre de la République de 1848, lequel renferme un article concernant les rouges de Précy, sortis de la prison de Bourges. Tant en mon nom qu’au nom de mes amis, voici ce que je prends la peine de répondre à votre correspondant de Garigny, que je méprise d’ailleurs profondément, attendu qu’il est assez misérable pour nous calomnier, et assez lâche pour ne pas signer ses calomnies, que toutefois vous vous empressez d’insérer dans votre journal.
En quittant Nérondes, nous avons déployé le drapeau national (comme vous le dites), pour prouver à tous, et surtout à nos dénonciateurs, honnêtes modérés de votre genre, qu’en sortant des cachots de Bourges, les républicains de Précy ne craignent pas de lever le front. Nous avons, d’ailleurs, le droit de porter le drapeau national et de nous abriter sous ses plis, car, je le jure sur l’honneur, si les hommes de votre caste essayaient de le renverser, chacun de nous verserait, pour le défendre, jusqu’à la dernière goutte de son sang.
Votre correspondant anonyme dit que nous avons crié : Vive Robespierre ! Cela est faux. Nous n’avons pas crié : Vive Robespierre ! car nous savons qu’il est mort. Mais aussi nous n’avons pas crié : Vivent Napoléon, et ses messages et ses ministres hétéroclites ! ni : Vivent le pape, et les trente millions et le sang qu’il a coûtés à la France ! ni : Vive l’impôt sur les boissons que vous rétablirez si Dieu vous prête vie. Ce que nous avons crié, ce que nous crierons chaque jour et que nous crierons jusqu’au dernier souffle de notre poitrine, c’est : Vive le droit ! Vive le devoir ! Vive la Justice ! Vive l’égalité ! c’est, en un mot : Vive la République démocratique !…
Citoyen rédacteur, sachez et faites savoir à vos lecteurs, que votre correspondant de Garigny est un misérable calomniateur, et que vous vous êtes rendu son complice en insérant sa lettre. Salut.
Desmoineaux, Maire de Précy (Cher).[13] »
Edme Desmoineaux est tout de même révoqué par décret présidentiel du 5 mars 1850. Le 14, le conseil municipal le réélit maire par 10 voix sur 11[14].
Le Journal du Cher, dans son numéro du 14 mars 1850, fait état d’une lettre de Desmoineaux :
« M. Desmoineaux, maire nouvellement révoqué de Précy, nous écrit pour démentir des bruits mensongers répandus dans cette commune, au sujet de la cérémonie qui a eu lieu le 28 février dernier, à l’occasion de la bénédiction des bâtiments de la Mairie et de l’Ecole et du drapeau national.
Loin que, comme des malveillants se plaisent à le dire, il ait eu à subir de la part du maire et de quelques-uns de ses administrés aucun procédé inconvenant et irrévérencieux, le desservant de la commune a vivement remercié la garde nationale qui venait d’assister au service en l’honneur des morts du 24 février, d’avoir bien voulu escorter la procession avec un ordre parfait, tout le respect dû aux cérémonies religieuses. »
En novembre 1850, afin de remplacer Jean Louriou, député montagnard démissionnaire après le 13 juin 1849, et un député légitimiste décédé, a lieu une nouvelle élection partielle. Mais cette fois-ci, elle n’aura pas lieu au suffrage universel (masculin) puisque la loi du 31 mai 1850 est passée par là : 30% des électeurs du Cher (29% du canton de Sancergues) ont été rayés des listes électorales. Les démocrates n’obtiennent que 35% des voix (24% dans le canton de Sancergues).
L’année 1851 voit s’amplifier les persécutions contre les associations républicaines. Le préfet Meunier[15] et le procureur Corbin visent les sociétés de secours mutuels qu’ils accusent d’être des sociétés secrètes. « Elles pullulent dans les arrondissements de Sancerre et Saint-Amand ; le préfet les a dissoutes.[16] » Corbin multiplie les rapports au ministre de la Justice. Il y dénonce « L’embrigadement de la population ouvrière sous le nom de Sociétés fraternelles.[17] » et les nombreuses affiliations dans les cantons de Nérondes, La Guerche, Baugy, Sancoins et Sancergues[18].
En mai 1851, le château de la famille Métairie, à Précy, est l’objet d’une émeute : « Une bande d’une soixantaine de brigands armés de faulx, de fourches et de fusils ont cerné le château de Précy et l’aurait infailliblement pillé et incendié, si M. Métairie averti à temps, n’avait pas été en mesure de repousser vigoureusement l’attaque dirigée contre lui et surtout contre ses propriétés. Enfermé dans son château, avec ses serviteurs et quelques membres de sa famille, M. Métairie a eu à soutenir un siège de douze heures. Les brigands ont tenté plusieurs fois de livrer l’assaut, mais repoussés par une vive fusillade, ils ont lâché pied et se sont dirigés sur le château de M. Paul de Rolland [à Mennetou]. » Le journal monarchiste rapportant ces faits (démentis par d’autres sur la fusillade[19]) réclame la mise en état de siège du département[20]. Elle va arriver quelques mois plus tard.
Le 17 septembre 1851, après l’arrestation de deux républicains, accusés d’appartenir à une société secrète[21], des bâtiments d’exploitation de l’ancien maire de Précy, Thomas Métairie, maitre des forges, sont incendiés. Métairie avait été nommé membre de la Haute-Cour de justice chargée de prononcer sur la journée du 13 juin 1849[22] dans lequel étaient impliqués trois représentants du Cher. Le procureur Corbin accuse les républicains.
Il va profiter d’une altercation entre des ouvriers de Saint-Germain-sur-l’Aubois[23] pour faire procéder à des arrestations sous accusation d’appartenance à une société secrète. En effet, la semaine précédente, un ouvrier menuisier ayant refusé de prêter serment lors de sa réception à la Marianne, porte plainte pour agression physique à la sortie d’un cabaret de Patinges. Le procureur de Saint-Amand[24] lance des mandats d’amener contre « les frères de l’Association du Serment. » Les révélations des personnes arrêtées, emprisonnées à Sancerre, conduiront à une nouvelle vague d’arrestations contre plusieurs habitants de Bengy-sur-Craon, la Guerche, Givardon, Nérondes, Sancoins et Précy.
C’est celles d’Edme Desmoineaux, « homme audacieux et entreprenant », et de ses amis Alexis Ragouat[25] et Henri Brault[26] qui, le 11 octobre, vont déclencher le soulèvement du Val de Loire.
Le 12, des groupes d’insurgés de Précy, Jussy, Argennières, Beffes et Saint-Léger-le-Petit, armés de fourches, de fusils, de bâtons, se dirigent vers Précy puis vers Sancerre pour délivrer les prisonniers[27]. Les républicains parcourent le Val de Loire, rives gauche et droite (Cher et Nièvre), vers la Charité. Des troupes arrivent de Bourges et de Nevers. Le 21 octobre, l’état de siège[28] est décrété dans les départements du Cher et de la Nièvre. Battues et arrestations se poursuivent jusqu’en novembre. On accuse les Mariannes, les sociétés républicaines clandestines, d’être les organisatrices de cette « insurrection du Val de Loire ».
Nous mettons en annexes quelques articles de presse relatant ces événements et qui les exagèrent bien souvent.
Ainsi, lorsque le coup d’État se déclenche, le département du Cher, dépouillé par la répression d’octobre-novembre de ses meneurs républicains, ne peut plus réagir. Il n’y a qu’à Saint-Amand que surviennent des troubles, qui connurent une fin funeste. « Des groupes nombreux traversèrent les rues au chant de la Marseillaise. On essaya de sonner le tocsin. Le lendemain, une foule très-animée se porta devant la sous-préfecture. Le sous-préfet et le commissaire de police essayèrent de haranguer le peuple. Une sorte de lutte s’engagea ; le commissaire de police tua d’un coup de pistolet, à bout portant, un citoyen nommé Boileau[29], qui, a-t-on dit, le menaçait[30]. L’arrivée des grenadiers du 41e et de la gendarmerie mit fin à cette agitation[31]. »
Les insurgés d’octobre (une centaine) devaient initialement (selon la loi sur l’état de siège) être traduits devant le Conseil de guerre de Bourges, début décembre[32]. Mais c’est finalement la commission mixte du Cher, théoriquement mise en place pour réprimer la résistance de Décembre, qui va être chargée de les punir. Dans ses motivations, elle reproche à plusieurs inculpés leurs relations avec Desmoineaux : outre Henri Brault et Alexis Ragouat, Gervais Aufort, Jacques Bondon, Etienne Lourdin, Antoine Vignol, de Précy, sont accusés de faire partie de sa bande, Pierre Thomas[33] et Jean Vélin, de Jussy, Claude Despoigny, d’Argenvières, d’avoir été recrutés à la Marianne par Desmoineaux, Jean Tassin, de Saint-Martin-des-Champs, Jean Baptiste Massé, de La Charité (Nièvre), d’être en rapport avec lui.
Comme dans de nombreux départements, ce ne sont pas seulement ceux qui ont pris les armes que condamne la commission mixte. Louis-Napoléon Bonaparte profite de l’événement pour se débarrasser des républicains trop gênants. Dans le Cher, 898 sont inculpés, 829 condamnés, dont 238 à être transportés en Algérie.
Quinze vont mourir durant leur déportation[34].
Edme Desmoisneaux est de ceux-là : condamné à la déportation en Algérie pour 10 ans (Algérie plus). La commission mixte argumente : « L’homme qui a perverti avec la plus coupable persévérance tout le canton de Sancergues, Précy et tout le Val de Loire. Affiliateur aux sociétés secrètes sur la plus grande échelle. En état permanent de conspiration. Attendait tous les jours le signal de la Révolution. Conseillait aux ouvriers de ne plus travailler pour prendre plus tard chez les riches. Sa maison était le foyer des réunions clandestines. Il y échauffait les esprits. En relation avec tous les chefs de la démagogie de la Nièvre et même de Paris. Fabriquait ou faisait fabriquer de la poudre. Enfin avait mis Précy et les environs sur un pied presque militaire. Poursuivi en 1849 pour d’infâmes propos en ce temps là. »
Transporté à Douéra, il n’en reviendra pas : il meurt le 14 août 1852 à Milianah. Ce qui n’empêche pas le gouvernement de lui octroyer une remise de peine le 2 février 1853, plus de 5 mois après !
En août 1870, son neveu Edme Desmoineaux, dont la photographie de la tombe figure en tête de cet article, le fils de son frère Jean, 25 ans, employé de commerce, est condamné par le tribunal correctionnel de Paris à 1 mois de prison pour avoir crié Vive la République ! [35]
Frédéric Negrel
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Nathalie Rigault nous a également fait parvenir la photographie d’une autre tombe du cimetière de Précy.
C’est celle d’Étienne Marin, un autre résistant républicain, condamné à la surveillance car : « Affilié à la société secrète et affiliateur. A pris part à l’insurrection de Précy. Un de ceux qui marchaient à la tête des bandes qui se dirigeait sur Sancerre. Est entré à Sancerre pour s’entendre avec les chefs de la société secrète de cette ville. »
Étienne Marin est né le 25 juillet 1819 à Précy. Il y était ouvrier agricole, et deviendra maire en 1876 et 1881. Il décède à Précy le 1er janvier 1904.

La sculpture qui surmonte cette tombe est assez particulière. D’autres sépultures du même cimetière portent la même. D’après M. Vignel, ancien maire de Précy, ce sont des tombes de républicains.
Nous n’avons pas trouvé sa signification. Un de nos lecteurs pourra-t-il nous éclairer ?
Les citations extraites de la presse ont pour source : Gallica/Bibliothèque nationale de France
[1] Né le 5 mai 1845 à Précy de Jean, le frère d’Edme. Décédé le 18 août 1900 à Précy. Notons que l’Edme Desmoineaux qui nous intéresse avait également un fils prénommé Edme, né le 7 février 1842.
[2] Comme son frère Jean, qui habite également Précy.
[3] Travaux de Jacques Corbion, Le Savoir…Fer
[4] Guy Lavrat, Au temps du fer et des républicains rouges, Sury-en-Vaux, Edition AàZ Patrimoine, 2008, p.73 (cité par la note de lecture d’Alain Chicouard).
[5] Note de lecture d’Alain Chicouard.
[6] Félix Pyat, Etienne Bouzique, Louis Michel de Bourges, Jean Louriou, Jacques Viguier et Louis Vauthier.
[7] Eugène Corbin (1801-1875), originaire de Bourges, sera à nouveau révoqué après le 4 septembre 1870.
[8] Cité par Guy Lavrat, op. cit., p. 264
[9] Dont Michel Groseiller, de Précy, et Louis Turigny, de Jussy.
[10] Journal du Cher, 18 octobre 1849.
[11] Guy Lavrat, op. cit..
[12] Journal du Cher, 15 novembre 1849.
[13] La République de 1848, 14 novembre 1849. Le rédacteur fait suivre sa lettre par : « Après avoir longtemps cherché quel châtiment exemplaire méritait une pareille épître, nous n’en n’avons pas trouvé de plus convenable que son insertion dans nos colonnes. C’est une malheureuse pensée qu’a eue M. le maire de Précy, nous ne dirons pas d’écrire (il en est incapable), mais d’approuver par sa signature ce langage insolent et dévergondé. L’ami perfide qui lui a prêté son style, son orthographe et sa main, lui a rendu un bien mauvais service. Mieux eut valu pour lui un sage ennemi. »
[14] Le National, 21 mars 1850 qui cite le Journal du Cher.
[15] Pierre Jacques Meunier (1795-1856), originaire de Sancerre.
[16] Rapports du procureur général des 5 février et 6 mai 1851, cité par Iouda Tchernoff, Associations et sociétés secrètes sous la seconde république, Paris, Pedone, 1905
[17] ibid., 2 août 1851.
[18] ibid., 4 octobre 1851
[19] Le National, 26 mai 1851, qui cite l’Opinion publique.
[20] L’Assemblée nationale, 24 mai 1851.
[21] L’Assemblée nationale, 26 septembre 1851, qui cite La République de Bourges.
[22] L’Assemblée nationale, 30 septembre 1849.
[23] Aujourd’hui Jouet-sur-l’Aubois.
[24] Ferdinand François Boin (1811-après 1881). Il reçut la Légion d’Honneur le 17 octobre 1851
[25] Né le 17 octobre 1812 à Précy, il est en 1851 maitre maçon tailleur de pierre, propriétaire et aubergiste. Il a alors 5 enfants et 3 ouvriers maçons et une domestique vivent sous son toit. Condamné à l’Algérie plus (déportation pour 10 ans) car : « Un des 3 chefs de Précy. Depuis 1849 en état de conspiration permanente. Jamais révolutionnaire n’a tenu de plus atroces propos et proféré plus de menaces. A perverti le Val. Homme dangereux au plus haut degré. Recrutait sans cesse pour la société secrète. » Il est transporté à Douéra (Lambessa gravé sur la plaque de la tombe était alors le nom générique donné à la déportation en Algérie). Il obtiendra une remise de peine le 16 février 1853. La loi de réparation nationale de 1881 aux victimes du coup d’État lui attribue une pension. Il décède le 18 mars 1884 à Herry (Cher). Il est alors manœuvre.
[26] Henri Brault, dit Rondeau est né le 27 fructidor an XIII à Beffes, tailleur et marchand de vin à Précy. En 1851, il est veuf avec 7 enfants. Condamné à l’Algérie plus car : « Un des trois meneurs principaux de Précy. Affiliateur à Précy et dans le Val de Loire, homme dangereux. Arrêté le 11 octobre et conduit à Sancerre. Poudre clandestine dans son fusil. N’a fait que conspirer depuis 1848. Avec Desmoineaux on le trouve dans la procédure de Sancergues comme affiliateur influent dans cette localité. » Transporté à Douéra. Décédé le 24 octobre 1855 à Alger.
[27] Alexandre Zévaès, « La propagande socialiste dans la campagne en 1848 », La Révolution de 1848 et les révolutions du XIXe siècle, tome 31, numéro 149, juin-juillet-août 1934. pp. 88-89.
[28] Selon la loi du 9 août 1849.
[29] Louis Boileau, né le 18 novembre 1817 à Saint-Amand où il est tailleur de pierre. Tué le 3 décembre.
[30] Voir René Gandilhon, « Documents sur l’émeute advenue à Saint-Amand (Cher) le 3 décembre 1851 », La Révolution de 1848 et les révolutions du XIXe siècle, tome 33, numéro 156, mars-avril-mai 1936. pp. 44-48.
[31] Eugène Ténot, La province en décembre 1851, 1865, p. 15
[32] Le National, 1er décembre 1851.
[33] Pierre Thomas avait également été révoqué de son mandat de maire de Jussy en mars 1850. La commission mixte le condamne à la surveillance.
[34] Outre Edme Desmoineaux et Henri Brault, Jacques Bayard (de Sagonne), Martin Boussard (La Guerche), Jean Brimus (Menetou), Jules Decaudin (Vierzon), Jean Delage (Meillant), Sylvain Delorme (Saint-Amand), Pierre Laurent (Beffes), Jean Lemoine (Le Chatelet), Louis Mativet (Sancerre), Thomas Robineau (Rians), Charles Savard (Torteron), Sébastien Sévat (Saint-Amand, en détention à Brest), Jean Vincent (Bessais) sont morts durant leur déportation.
[35] Gazette des Tribunaux, 19 août 1870.
