LA RÉSISTANCE RÉPUBLICAINE EN AVEYRON

LA RÉSISTANCE RÉPUBLICAINE AU COUP D’ÉTAT DU 2 DÉCEMBRE 1851 EN AVEYRON

Mémoire de maîtrise présenté par GRÉGORY POUGET 

sous la direction de JEAN-CLAUDE SANGOÏ et JEAN RIVES 

septembre 2002

Deuxième partie : LA RÉPRESSION DU MOUVEMENT RÉPUBLICAIN

Chapitre VI : Les transportés aveyronnais

C – Le retour en France 

 

Le temps des grâces :

 

–  La grâce du mariage :

 

Le 29 janvier 1853, Louis Napoléon Bonaparte, devenu Napoléon III épouse Eugénie de Montijo. Soucieux de célébrer cet événement, il prononce l’amnistie pour les condamnés de 1852. Cette grâce synonyme de retour, F.Mazenc la présente ainsi :

 

« En 1853, Bonaparte, arrivé à l’Empire, songea à perpétuer la race de Bohême qu’il représentait, et se maria. Il voulut singer les rois, et fit grâce à ceux auxquels il aurait dû lui-même demander grâce [1]. »

 

Le mariage de l’Empereur voit le retour de la plupart des transportés aveyronnais.

 

 

–  Quelques cas plus chanceux…

 

La grâce du mariage impérial sonne pour beaucoup la fin de l’exil. Avant cela, quelques rares cas ont eu la chance d’être renvoyés en France voire même chez eux. Dès le mois de juin 1852, le gouvernement commence à accorder des grâces ou des commutations de la peine de transportation en internement ou surveillance. La proclamation de l’Empire (2 décembre 1852) est une autre occasion choisie par le gouvernement pour publier des listes de grâces.

 

Le maçon Joseph Bousquet, le chapelier Jean Crespy et quelques autres, peuvent alors regagner l’Hexagone[2].

 

 

–  … d’autres, plus malheureux :

 

Pour d’autres, il est trop tard et le dernier horizon qu’ils ont vu est celui de l’hôpital de Bône ou de Guelma. Tel est le cas de l’ancien maire de Sauveterre, François Magne mort le 4 août 1852 à l’hôpital de Bône; de Jean Antoine Issaly, mort le 18 décembre 1852 à l’hôpital de Bône; du chapelier Jean Antoine Rous mort le 12 janvier 1853 à l’hôpital de Bône; et de Raymond Barre, mort le 3 février 1853 à l’hôpital de Guelma[3].

 

 

–  Une exception : Durand de Gros.

 

Enfin, il y en a un qui refusant toute compromission rejette l’idée même de grâce impériale : l’agronome Durand de Gros. Son dévouement à la cause républicaine lui vaut d’avoir à connaître plus longtemps que ses amis la transportation en Algérie.

 

 

Le retour et les difficultés.

 

La grâce impériale sonne pour beaucoup la fin de la transportation, mais la fin de l’exil algérien ce n’est pas la fin des tourments. Le plaisir lié à l’idée de s’en retourner auprès des siens est pour beaucoup de courte durée. De nombreuses carrières sont brisées. Les difficultés pour retrouver un emploi sont nombreuses. Qui peut avoir intérêt à employer un ancien proscrit ? Personne mis à part « un ami » ou « un frère » qui le fait par solidarité ! C’est du moins ce que semblent conjointement penser le gouvernement et la plupart des « notables ». Des exclusions villageoises ou familiales se produisent. Si cela ne va pas aussi loin, il existe bien souvent une certaine méfiance et de la suspicion entre voisins comme entre membres des mêmes familles.

 

En somme, il n’y a plus les fers comme sur la route du départ, mais tout un lot de discriminations et de contraintes subies qui sont fort difficiles à accepter et à vivre.

 

Les proscrits à leur retour, usés par les conditions difficiles de l’exil et par les privations endurées, rentrent certes au sein de la « mère-patrie » mais en tant que citoyens de seconde zone, astreints à une surveillance continuelle par la police et par les autorités en place. Cette surveillance est exercée par les gardes de paix, les maires, leurs adjoints et les commissaires de police. Les républicains doivent rendre compte de tous leurs actes et de tous leurs déplacements. Nombreux sont ceux qui ne le supportent pas et qui dès qu’ils le peuvent quittent leur village ou leur département afin d’aller vivre ailleurs.

 

 

Après avoir observé et suivi les proscrits sur la route de la transportation et avoir étudié dans quelles conditions elle s’est s’effectuée, voici présenté un tableau où figurent les renseignements concernant les condamnés à la transportation en Algérie.

 

Y figure le nom de tous ceux qui ont été réellement transportés. Il mentionne tous ceux qui ont été condamnés à cette peine et qui ne l’ont pas effectué par suite d’une mesure de clémence ou car ils y ont été condamnés par contumax.

 

Dans ce tableau figurent également les mouvements de peines de ceux qui sont partis en Algérie (commutation en internement, en surveillance, en expulsion du territoire) et les mesures de grâce avec indication de l’occasion à laquelle celle-ci a été prononcée.

 

ce tableau est pour l’instant indisponible

l’auteur doit nous le communiquer bientôt

D – Exécution de la peine :

 

Transportés et non transportés :

 

–  Les transportés :

 

On vient de voir exposées les conditions vécues par les 106 personnes condamnées à la transportation en Algérie. 67 personnes ont réellement été transportées.

 

Algérie Plus : 19 sur 31 soit 61,29 % du nombre des condamnés à cette peine.

 

Algérie Moins : 48 sur 75 soit 64 % du nombre des condamnés à cette peine.

 

Ces deux pourcentages sont importants et à peu prêt identiques. La grâce présidentielle, complétée par la fuite dès décembre 1851, a donc joué de façon similaire selon la durée du séjour promis en Algérie. On remarque que près des deux tiers des condamnés (63,2%) sont réellement partis.

 

Dans le d