Autres biographies

pour commander ce livre : bon de commande

Éléments biographiques

 

D’autres personnages rencontrés au cours de cette étude

 

ALTER Jean David : dracénois  né en 1806 à Neustadt (Bavière) de parents français, veuf avec 5 enfants depuis l’été 1848. Négociant en antiquités avant 1848, il se dit ensuite peintre et cafetier. Le 27 novembre 1848, il refuse de payer les droits sur les boissons. Le 25 juillet 1851, il se rend à Londres sous le prétexte de vendre des tableaux. La police le soupçonne plutôt d’y aller rencontrer Ledru-Rollin. En octobre 1851, il est soupçonné d’être un des correspondants pour le Var du Comité central de résistance. C’est dans son café que se réunit le 4 décembre le Comité insurrectionnel de Draguignan . Farouche partisan de la résistance, il va dans le Haut-Var (Aups , Moissac ) pousser à la marche sur Draguignan. Il tente d’établir une liaison avec les Basses-Alpes en envoyant une estafette à Riez . Il intègre l’état-major de Duteil. Condamné à l’Algérie pour 10 ans par contumace, réfugié à Nice  où il devient propriétaire du Café Concert[1]. Il y meurt, gracié en 1856 (peut-être à titre posthume). Il était arrivé à 14h à Aups pour presser le départ (25000 marseillais  se portent sur Grenoble). Le Café Alter se trouvait sur la place du marché, dans la maison Granier, actuel n°10. De 1848 à 1852, ce fut le centre permanent d’une opposition nombreuse et ardente. Les réunions publiques y étaient fréquentes. On y organisait des farandoles presque périodiques avec drapeau et Marseillaise. Elles se terminaient par un salut avec génuflexion à l’arbre de la Liberté de l’Esplanade. C’est dans ce café que Pierre Arambide est arrêté en novembre 1850. Pendant l’insurrection se fût le siège du Comité directeur improvisé.[2]

 

AMBROIS Jules : boulanger de Régusse , né le 24 juillet 1822 à Régusse, célibataire. Président de la société secrète. Un des organisateurs de la réunion de Sorps. Il fait 3 mois de prison puis est placé en surveillance. Docile d’après le curé de Régusse. Noté dans un état des hommes dangereux du Second Empire comme un rouge sans influence. Décédé lors de l’indemnisation de 1881.

 

 

AMEILH Etienne : cultivateur de Baudinard , né vers 1808 ou 1828. Reçu le 8 août 1851. En Décembre, il aurait joué les estafettes entre Baudinard et Salernes , Barjols , Moissac  et Riez . Adjoint en 1856 et maire de 1860 à 1862.

 

 

ARMELIN Joseph Victor : cabaretier, épicier, débitant de tabac et propriétaire de 9 ha à Artignosc, né le 8 décembre 1807 à Tavernes . Marié à Thérèse Bourges, père d’Adrien, de Clotilde Julienne et de Marie. Beau père de Jean Honoré Sappe. Il habite 8 rue de la palissade. Conseiller municipal de 1834 à 1848. Elu conseiller municipal en 1848 avec 70 voix (6° position), il est élu maire d’Artignosc avec 8 voix sur 10. Il le reste jusqu’en 1865. Battu aux municipales de 1852. « Malgré tout son zèle, il n’est pas aimé. Très dévoué à l’Empereur. La grande partie des habitants lui est hostile, jusque Mr le curé. Aussi nous craignons qu’il donne sa démission ce qui serait une grande perte pour la commune. », dit le commissaire de police en 1853.

 

 

ARNIAUD Mathieu : cultivateur et cordonnier de Bauduen , né vers 1802 à Bauduen, marié, 2 enfants. Sait signer. Condamné en 1842 à 1 mois de prison pour avoir donné le jeu. Sous chef de section. Il a fondu des balles chez François Bagarre.

 

 

AUDIBERT Joseph Sauvaire, dit fils de la veuve : maréchal-ferrant de Bauduen , né vers 1830. Sait signer. Reçu à Artignosc en avril 1851. Recruteur et initiateur à Bauduen et Aiguines . Nommé chef de section. Candidat battu à la vice-présidence. Le 6 décembre, il va à Moissac  pousser au départ.

 

 

BAGARRE Louis : perruquier de Bauduen , né vers 1811 à Bauduen, marié, un enfant. Ne signe pas. Reçu en avril 1851 à Artignosc. Elu vice président. Recruteur. Condamné à l’Algérie. Il débarque à Sète le 28 janvier 1853.

 

 

BAGARRY Henri : cultivateur de Moissac , né vers 1814 à Moissac, marié, 3 enfants. Frère de Lambert. Adjoint. Sait signer. Président de la société secrète. Trésorier de la chambrée des Camps, il recevait les cotisations de la société secrète. Maire insurrectionnel, il rend spontanément les clefs de la mairie le 11 décembre. Il peut attendre l’indemnisation en 1881 : il possède des propriétés qui lui donnent de bons revenus.

 

 

BAGARRY Jean Baptiste dit Crouzat : cultivateur d’Artignosc, propriétaire de 1 ha, né à Aups  le 10 avril 1809, fils de Joseph, d’Artignosc, et de Delphine Constans, frère d’Augustin Crouzat, beau frère de Joseph Vachier et de Jean-Pierre Pellegrin. Il épouse en 1840 Marie Angélique Girard, père de Clarisse. Il habite 7 rue du portail. Dénoncé par le maire pour avoir marché sur Aups avec un fusil. Non affilié d’après le juge de paix. Il réside à Carcès  en 1856 et revient à Artignosc en 1858.

 

 

BAGARRY Lambert : maréchal-ferrant de Moissac , né 20 janvier 1818 à Moissac, marié, 2 enfants. Frère d’Henri, beau-frère de Frédéric Roux. Sait signer. Reçu fin 1850. Vice président de la société secrète. Fait plusieurs réceptions. Membre de la commission de Décembre, il refuse d’être adjoint. Condamné à l’exil en Belgique, peine commuée en surveillance le 16 avril 1852. Le 22 mars 1858 : « Il a toujours une attitude fort suspecte : le 19 mars, jour de la St joseph, de nombreux démagogues sont venus chez lui. » dit le juge de paix. Peut attendre l’indemnisation en 1881.

 

 

BASSET Gustave Joseph : pharmacien de Salernes , né en 1817, marié, 2 enfants. Fortune médiocre en 1855. Il a été adjoint, révoqué par Hausmann le 27 avril 1850, à la suite d’un vif incident lors du vote du 10 mars. Soupçonné en octobre 1851 d’être dirigeant du sous-comité de résistance de Salernes. Propagandiste et chef de section de la société secrète. Condamné à l’expulsion, peine commuée en internement le 16 avril 1852. Gracié le 3 février 1853. Le 5 juin 1853, il aurait participé à une réunion secrète à Salernes. En octobre 1855, il figure sur la liste des hommes dangereux du département. Maire de 1863 à 1870, conseiller général de 1867 à 1870, il se rallie à l’empire libéral, ce que les Républicains salernois intransigeants lui reprocheront[3]. Décédé en 1891.

 

 

BASSET Jean Baptiste : officier de santé de Montmeyan , né à Salernes  vers 1818, marié, sans enfant. Maire de Montmeyan depuis le 14 septembre 1848. Reçu début 1851. Membre de la commission provisoire de Décembre. Il établit la liaison entre Montmeyan et Salernes. Condamné à l’expulsion, peine commuée en surveillance le 16 avril 1852. Surveillé à Tavernes  en juillet 1853.

 

 

BERTRAND Charles : cabaretier de Draguignan , beau-frère d’Antoine Pellegrin et de Marius Bienvenu Constans. Arrêté en septembre 1848 pour avoir pris part à une manifestation contre l’impôt sur les boissons. Le 25 février 1849, son établissement reçoit un banquet où des chansons patriotiques sont lancées par Edouard Laban, menuisier, Achard et Jean Vidal, cordonnier, puis discours de Pastoret, du cordonnier Cartier cadet, du clerc d’avoué Joseph Brunet et de l’ancien professeur au chômage Antoine Larroque. Après le repas, 350 à 400 personnes se rendent à l’arbre de la Liberté des allées Azémar où la Marseillaise est chantée par Vidal[4].

 

 

BLANC Etienne : menuisier de Bauduen , né vers 1811. Marchand de Mr Gassier et de Mr Esparron. Signe. Reçu en juillet 1851. A recruté à Bauduen et aux Salles . Nommé chef de section. Il était à Marseille  en Décembre.

 

 

BOURGES Joseph Louis ou Jean Louis : cultivateur d’Artignosc, propriétaire de 2 ha à Artignosc et de 39 ares de bois à Régusse . Né le 11 octobre 1806 à Artignosc, fils de Jean Pierre, cultivateur de Montpezat , et de Marie Dauphin. Beau-frère de Victor Armelin. Tiré au sort de la classe 1826, il se fait remplacer. Il épouse en 1831 Madeleine Bœuf. Il habite 1 rue des Muletières. Dénoncé par le maire pour avoir marché sur Aups. Le maire dit qu’il serait allé par intimidation. Nommé cantonnier le 25 mars 1852, après serment d’obéissance à la Constitution et de fidélité au Président. Il démissionne le 1er janvier 1853 et devient secrétaire de mairie. Battu aux municipales de 1860. Elu conseiller municipal en 1870, 1871, 1874.

 

 

BOURJAC Benoît Victor : propriétaire de 19 ha à Artignosc, négociant agnelin, né le 15 décembre 1808 à Baudinard . Marié à Elisabeth Sicard (de Montmeyan ), père de Léonce et d’Euphasie. Il habite Baudinard en 1834 et 11 rue du four à Artignosc en 1851. Sait signer. Electeur municipal à Artignosc en 1834. Elu conseiller municipal en 1843, 1846, et 1848 avec 71 voix (4° position). Battu à l’élection du maire en 1848 avec 2 voix sur 10. Candidat le 5 novembre 1850 de la commune d’Artignosc à la commission agricole départementale. Elu conseiller municipal sur la liste rouge en 1852. Trésorier de la fabrique et répartiteur. Adjoint de la commission municipale le 24 septembre 1853 en remplacement de Pierre-Jean Jean, démissionnaire. Adjoint de 1855 à 1865. Marchand de bois en 1859, épicier en 64. Président du Cercle St Christophe constitué le 6 mars 1863. Elu conseiller municipal le 7 août 1870 et en 1871.

 

 

BROCARD Saturnin : cultivateur de Montmeyan , propriétaire de 1,24 ha. Né le 30 novembre 1816 à Montmeyan, fils d’Antoine (propriétaire de 8 ha) et de Charlotte Dauphin. Il épouse en 1841 Marie Julie Gondran dont il aura huit enfants. Il habite rue du Couvent. Ne sait pas signer. Condamné en 1848 à 15 jours de prison et une amende après la dévastation de la propriété Layet. Membre de la chambrée la Couronne. Affilié d’après le juge de paix. En Décembre, il va récupérer les 300 francs d’amende de 1848 chez le représentant de Layet au village. Arrêté le 26 décembre et condamné à l’Algérie pour 5 ans. Embarqué à Toulon le 9 mars 1852 sur la corvette mixte Le Labrador, Saturnin Brocard est d’abord détenu à Birkadem, dans la proche banlieue d’Alger, puis il est interné plus au sud au camp d’Aïn Benian. Le 4 décembre 1852, sa peine est commuée en surveillance et il débarque à Sète le 17 janvier 1853. Saturnin Brocard décède à Montmeyan le 25 février 1881. C’est sa famille qui percevra en 1882 l’indemnisation de 625 francs versée par la République enfin victorieuse.

(voir étude particulière sur le personnage)

 

 

BUISSON Joseph Paul : négociant en liqueurs, maire rouge, plutôt socialiste, et conseiller général de Manosque . Né le 3 août 1817. Président d’un comité républicain (s’appuyant sur le petit peuple de la ville et de la campagne) qui prend la mairie le 29 février 1848, animateur du club de la Sannerie, qui n’a pas fermé depuis la Révolution. Il crée le 8 juin 1849 le Cercle démocratique de secours mutuel qui essaime la Solidarité des Travailleurs dans le département des Basses-Alpes à partir de septembre/octobre 1849. Les statuts ont été écrits par Langomazino. En novembre 1849, elle compte de nombreux affiliés à Valensole  et Gréoux  où elle prend la succession d’un club qui prêchait ouvertement l’athéisme. [5] En mai 1850, après son acquittement, il fait un retour triomphal de Digne à Manosque. Le 5 décembre, il envoie une lettre circulaire appelant à la résistance.

 

 

BURLES Louis : gros propriétaire de La Verdière , employant plusieurs valets. Né le 17 mars (ou le 20 février) 1821 à Lorgues, mort à La Verdière  le 29 décembre 1894 en son château de la Sorbière, à 2 km du village. Meneur socialiste de La Verdière, on lui attribue le défrichement des bois de Mallassauque. La rumeur de son arrestation en août 1850 déclenche une émeute. En 1848, il avait obtenu 6188 voix aux élections à la Constituante (29° position) dont 132 à La Verdière. En 1852, il mène la liste « du parti socialiste » à la victoire des municipales en promettant le partage des communaux qui seront livrés à la culture, l’amnistie et le fusil de chasse confisqué[6]. Noté dans un état des hommes dangereux du Second Empire comme un rouge très exalté. Il deviendra maire de 1864 à 1870, puis en 1871 (le 10 novembre, après avoir été le mieux élu des conseillers municipaux en avril). Membre de la Chambre d’Agriculture en 1866. Poète, critique littéraire, mécanicien, naturaliste, astronome. Il fréquentait les cercles de Toulon , Draguignan , Brignoles , où il avait beaucoup de succès. A Paris en 1850 et 51, il fait la connaissance de Toussenel, d’Emile Augier et de Pierre Dupont. Il portait un immense chapeau aux ailes raides. Il publie à Paris en 1851. Beau-frère de Paulin Girard. Poète d’un style proche de Pierre Dupont, en plus rustique : « poète-paysan né ».[7]

 

 

CAYOL Antoine Jean : cabaretier d’Artignosc, né vers 1789 ou 1799, marié à Adélaïde Bonnaud, 4 enfants dont Etienne et Sidoine. Il habite 5 rue du faubourg. Il perd son droit de vote par la loi du 31 mai 1850. Battu aux municipales de 1852. Décédé le 19 juillet 1855.

 

 

CAIRE Marc : tailleur d’Aiguines , né à Trigance  vers 1821, veuf sans enfant. Agent actif de la propagande. Il a assisté à des réunions aux Salles , à Aiguines et à Sorps. Nie faire partie de la société. Noté sur un état des hommes dangereux du Second Empire comme socialiste. En 1853, il vit à Trigance, mais « vient endoctriner les villages de la rive gauche du Verdon. Il est parvenu à réunir quelques anciens membres des sociétés secrètes pour tenter une nouvelle organisation. » [8]

 

CARTIER cadet : cordonnier de Draguignan , membre de la Solidarité républicaine.

 

 

CHASSAN Jean Louis Antoine : curé de Ste Croix , né vers 1800, ordonné en 1827. Connu pour ses relations avec Langomazino. On le cite en référence à Artignosc pour convaincre à l’affiliation à la société secrète. On se réunit chez lui avant de partir pour Digne. Condamné à l’expulsion.

 

 

CHAUVIN Louis : fermier des 117 ha du domaine de Pampelonne à Artignosc, propriété de Louis Etienne Escolle. Né vers 1808, marié à Elisabeth Bagarry, père de Virginie, Sauveur, Lambert, Elisabeth, père nourricier de Antoine Silvain, enfant trouvé, qu’il emploie comme domestique. Ne sait pas signer. Membre de la chambrée la Concorde. Elu conseiller municipal rouge en 1852.

 

 

CONSTANS André Timothée : cultivateur d’Artignosc, sans propriété, né le 23 septembre 1826 à Artignosc, fils de Jean-Baptiste Honoré Denis (propriétaire de 11 ha) et de Marie Marianne Dauphin, frère d’Augustin Honoré. Célibataire. Il habite 4 rue du château chez son père. Ne sait pas signer. Inscrit sur la liste électorale de 1851 comme descendant majeur vivant dans la maison paternelle et qui par application de l’article 12 de la loi du 21/4/1832 n’a pas été porté au rôle de la contribution personnelle. Dénoncé par le maire pour avoir marché sur Aups. Le maire dit qu’il serait allé par intimidation. Non affilié d’après le juge de paix. Il se marie en 1869 avec Elisabeth Honorine Constans.

 

 

CONSTANS Antoine : Président de la société secrète de Brignoles . Sous-préfet de Brignoles en 1848. On le soupçonne pour les événements de mai et juin 1848. Il rencontre à Brignoles Garnier-Pagès en avril 1851 et Louis Rique de Marseille  en novembre. Soupçonné en octobre d’être le correspondant du Comité central de résistance. En novembre 1851, il convoque Louis Trotobas, président de Barjols , à une réunion. Le 9 décembre, il rejoint la colonne Duteil à la tête d’une centaine de résistants brignolais. Le 10, il s’enfuit par Régusse .

 

 

CONSTANS Augustin Honoré : cultivateur d’Artignosc, sans propriété, né le 22 août 1821 à Artignosc, fils de Jean Baptiste Honoré Denis (propriétaire de 11 ha) et de Marie Marianne Dauphin, frère d’André Timothée, célibataire, borgne. Il habite 4 rue du château chez son père. Cousin de Laurent Constans Prince. Inscrit sur la liste électorale de 1851 comme descendant majeur vivant dans la maison paternelle et qui par application de l’article 12 de la loi du 21/4/1832 n’a pas été porté au rôle de la contribution personnelle. Membre de la chambrée la Concorde. Dénoncé par le maire pour avoir marché sur Aups avec un fusil. Non affilié d’après le juge de paix. Elu conseiller municipal en 1860 et de 1870 à 1884.

 

 

CONSTANS Jean Baptiste Honoré Denis, dit Tailleur : agriculteur d’Artignosc, propriétaire de 11 ha, né le 28 mai 1791, marié à Marie Marianne Dauphin, père d’Augustin et André Timothée. Oncle par alliance de Firmin Sappe. Il habite 4 rue du château. Sait signer. Electeur municipal depuis 1834. Battu aux municipales en 1843 et 1846. Membre de la commission municipale du 5 février 1852; il démissionne le 27 mai. Elu conseiller municipal sur la liste rouge en 1852. Il est secrétaire de la paroisse et répartiteur.

 

 

CONSTANS Jean Baptiste Isidore : juge de paix du canton de Tavernes entre 1848 et 1860. Propriétaire à Artignosc de 8,32 ha qui comprennent des prés et les deux moulins du village. A pour fermier Jean-Baptiste Sappe Lion d’Or. Né le 23 thermidor an XIII, fils de Jean-Baptiste, cardeur, et de Reyne Constans. Il habite Brignoles  en septembre 1847. Elu conseiller municipal en 1831 (mieux élu). Officier de la garde nationale en 1834. Elu conseiller municipal en 1834. Secrétaire de mairie en 1836. Elu conseiller municipal en 1840 et nommé maire le 24 janvier 1842, en remplacement de Jean-Baptiste Constans, démissionnaire. Il le reste jusqu’en 1847. Inscrit sur la liste complémentaire des électeurs départementaux en 1846. « C’est un esprit léger, facile à s’égarer dans les questions les plus simples. », dit de lui le sous-préfet le 7 mars 1864[9].

 

 

CONSTANS Jean Baptiste Jeansac aîné : agriculteur, propriétaire de 7 ha à Artignosc, né le 9 février 1786, marié à Rose Sappe. Il habite 10 rue Grambois. Adjoint en 1821. Battu aux municipales de 1831. Elu conseiller municipal au 2° tour en 1837. Conseiller municipal en 1840, 1843, 1846. Elu conseiller municipal en 1848 avec 69 voix (7° position). Membre de la commission municipale du 5 février 1852. Battu aux municipales de 1852. Il fait partie de la commission municipale en 1853. Décédé en 1855.

 

 

CONSTANS Jean Baptiste dit Surian : cafetier d’Oraison , propriétaire de 7,50 ha et de 6,81 ha àArtignosc. Né à Artignosc vers 1815. Un Pierre Constans Surian est conseiller municipal d’Artignosc entre 1812 et 1834. Gendre Lapasse. Electeur à Artignosc en 1846, il habite déjà Oraison. Affilié actif. On se réunissait chez lui. A fait les premières réceptions à Baudinard  et Artignosc. Condamné à la transportation en Algérie pour 10 ans.

 

 

CONSTANS Sauveur Pierre Alphonse, dit Bridou : cultivateur d’Artignosc, propriétaire de 3 ha, né le 24 mai 1807 à Artignosc, fils de Pierre et de Marie Gailleul, frère de Sébastien et demi-frère de Jean-Baptiste Gailleul Maouri et Jean-Pierre Gailleul. Il épouse en 1830 à Montagnac  Fleurie Raynaud.  Beau-frère de Louis Antoine Raynaud. Il habite 6 rue du faubourg. Ne sait pas signer.  Elu conseiller municipal sur la liste rouge en 1852. Il parait être du camp de Pierre-Jean Jean lors du conflit de 1853.

 

 

CONSTANS Sébastien dit Bridou : tisseur à toile en 1832, garde forestier d’Artignosc jusqu’en 1850, artisan perruquier et tisserand en 1851, emploie un ouvrier, Joseph Garcin, et propriétaire de 1,53 ha. Né le 19 janvier 1812 à Artignosc, fils de Pierre Bridou et Marie Gailleul, frère de Sauveur et demi-frère de Jean-Baptiste Gailleul Maouri et Jean-Pierre Gailleul. Conscrit de la classe 1832. Epouse en 1840 à Régusse  Joës Frédérique Dauphin, sans enfant. Il habite Régusse en 1841. Sait signer. En 1851, il habite à Artignosc au 24 grand rue. Soldat en 1836. Candidat en 1844 au poste de garde forestier. Electeur municipal en 1846. Le 1er mars 1850, il sollicite la remise des condamnations prononcées contre lui par le tribunal correctionnel de Brignoles le 13 août 1849 pour délits non constatés dans son triage. Il se serait fait révoquer pour ses opinions politiques d’après le juge de paix. Lui même dit qu’il a démissionné après qu’on l’eût accusé de laxisme envers une coupe de bois prohibée dans la forêt communale. Président de la chambrée la Concorde. « Très exalté, complètement rouge », dit le juge de paix. Ne faisait pas partie de la société secrète parce qu’on n’a pas voulu le recevoir, d’après le juge de paix. A été arrêté par les gendarmes de Barjols alors qu’il n’était pas sur la liste remise par le procureur. A été désigné par la « clameur publique comme plus compromis que les autres ». Arrêté le 28 janvier et transféré à Brignoles le 31. Le 10 février, le maire se plaint qu’il ait été mis en liberté car il pourrait troubler la commune. Elu conseiller municipal sut la liste rouge en 1852. Il parait être du camp de Pierre-Jean Jean lors du conflit de 1853. Dénoncé en 1853 comme étant un des trois meneurs contre le maire. Décédé le 1er novembre 1855.

 

 

CONSTANS Xavier Jean-Baptiste Honoré : instituteur public à Tourves en 1852, né le 3 juillet 1820 à Artignosc, fils de Jean-Pierre et Marie Maingaud, frère aîné d’Hyppolite. On lui retire son poste en juin 1852 pour une histoire d’adultère. « Dénoncé comme ayant pris part au triomphe de la liste démagogique d’Artignosc. » « Je lui ai fait défendre d’ouvrir une école primaire dans cette localité, décision notifiée par le Maire en septembre 1852. » Il forme une vive opposition à la commission provisoire d’Artignosc en 1852 et 1853. Il quitte Artignosc en 1855. Noté dans un état des hommes dangereux du Second Empire comme un rouge assez influent et intelligent.

 

 

COTTE Alexandre Joseph : fabricant de faïence de Salernes , né le 8 ventôse an V, fils de Jean Joseph, maire en 1780, et d’Anne-Clotilde André, père de Paul. Républicain de la veille, maire depuis Février, il est le plus imposé des Salernois. Il exporte vers l’Algérie par le port de Ste Maxime où il a une succursale. Affilié à la société secrète. Condamné par contumace à l’éloignement, peine commuée en surveillance. Il est gracié le 3 février 1853. Elu conseiller municipal en 1855. En octobre 1855, il figure sur la liste des hommes dangereux du département. Maire de 1871. Il décède en 1872.[10]

 

 

COTTE Paul : fabricant de faïence de Salernes , né le 15 janvier 1825 à Salernes, fils d’Alexandre et Anne-Clotilde André, célibataire. Il fait probablement du droit, puis va à Paris où il suit les cours de la Sorbonne et du Collège de France. Président de la société secrète, soupçonné en octobre 1851 d’être un dirigeant du sous-comité de résistance de Salernes.

Il établit la liaison entre Salernes et la colonne Duteil, alors aux Arcs . Il est envoyé le 10 décembre avec 500 hommes occuper le pont d’Aiguines . Condamné par contumace à 10 ans d’Algérie. Il se réfugie à Nice . En 1854, le maire de Salernes et le préfet s’opposent à son retour, et le 25 octobre sa peine est commuée en internement en Isère. Il préfère rester à Nice. Arrêté à Marseille  le 10 juillet 1855, et de nouveau expulsé, il aurait séjourné quelques temps à Tunis avant de se réfugier en Espagne. Gracié le 7 juillet 1856. Il est nommé préfet du Var le 5 septembre 1870. Démis par Thiers, il tente en mars 1871 de former une « préfecture insurrectionnelle ». Il est élu vice-président du conseil général en 1871 et député de 1872 à 1881. Maire de Salernes de 1885 à 1888. Il décède le 2 janvier 1907.[11]

 

 

DAUPHIN Honoré Grégoire, dit l’Américain : perruquier de Salernes , né en 1819, célibataire. Petite aisance en 1855. Pratique mal le Français. Chef de section, sa boutique est la salle de réception de la société. Recruteur et initiateur. Soupçonné en octobre 1851 d’être dirigeant du sous-comité de résistance de Salernes. Condamné à l’expulsion. Il se réfugie à Nice  d’où il est expulsé et assigné à résidence à Saluces. Sa peine est commuée en surveillance le 7 mai 1853, mais il est ensuite interné à Toulon. Gracié le 26 mars 1855. En octobre 1855, il figure sur la liste des hommes dangereux du département : homme d’action peu influent. Il s’enrichit en devenant industriel. Membre de la commission départementale de 1870. Conseiller municipal de Salernes en 1872. Il décède en 1906.[12]

 

 

DENANS Gabriel : menuisier de Montmeyan , né le 24/3/1824 à Montmeyan, marié, 2 enfants. Condamné en 1848 pour la dévastation de la propriété Layet. Recruté par l’Artignoscais Auguste Guion au début 1851. Vice président de la société secrète et initiateur. Adjoint de la municipalité insurrectionnelle. Déporté le 2 mars 1852 à Aïn Bénian, il rentre le 12 mars 1853. En 1853, il est recensé par la gendarmerie comme l’un des 3 principaux démagogues du village. Maire de 1870 à 1874 et de 1878 à 1881. Peut attendre l’indemnisation en 1881.

 

 

EDOUARD Charles : propriétaire de La Verdière  et ancien avocat. Il habite la Blaque. Correspondant du Peuple. Le 16 octobre 1850, il écrit à Duteil : « Frappez fort contre toutes ces sociétés soi-disant secrètes qui sont infiniment plus nuisibles qu’utiles et d’où il ne s’exhale que des sentiments peu patriotiques et républicains. Mais en même temps ne cessez de répéter que si une réaction aveugle commence l’attaque et veut le combat, le cri de la bataille doit être vaincre ou mourir. Aimons avec tout le dévouement de la passion la République, mais méfions-nous d’une grande partie des Républicains. »[13] Il sera pourtant un des leaders de la société de La Verdière. Son beau-frère, « un peu trop réactionnaire », est propriétaire des bains Giraudi à Marseille . Il rencontre en août 1851 des démocrates bas-alpins. C’est lui qui pousse les Barjolais  au départ en Décembre. Il impressionne la foule : « Il était bien vêtu et il parlait français. » Contumace, il se rend en 1854 à la police qui l’« interne » à Marseille. Peine commuée en surveillance le 6 août 1854. Il est nommé maire par Paul Cotte en 1870.

 

 

ESCOLLE Louis Etienne : avocat, propriétaire à Artignosc des 117 ha du domaine de Pampelonne et à Aups  où il habite. Son fermier à Artignosc est Louis Chauvin. Né le 19 août 1799. Son troupeau est aussi grand que tous ceux d’Artignosc réunis. Electeur municipal en 1834, élu conseiller municipal en 1840 et 1843. Battu aux municipales de 1846 avec 17 voix sur 34. Elu conseiller municipal en 1848 avec 73 voix (3° position). Candidat le 5 novembre 1850 de la commune d’Artignosc à la commission agricole départementale. Battu aux municipales de 1852. Elu conseiller municipal en 1860, il démissionne aussitôt. 

Son fils, Pierre-Germain ESCOLLE, (né le 1er mai 1827 à Correns, avocat, notaire) se trouve dans une tentative de médiation entre le préfet Pastoureau et les Républicains aupsois  le 9 décembre 1851[14]. Il figurait également sur la liste des notables que l’état-major de Duteil s’apprêtait à taxer le matin du 10 décembre[15]. En 1857, candidat au remplacement du juge de paix d’Aups décédé, le préfet lui préfère César Boyer, « plus sûr politiquement. »[16] Notons également qu’il est l’époux de la sœur d’Emmanuel Sappe, un Montagnard d’Artignosc, en faveur de qui il intervient auprès du préfet en février 1852.

Pierre Escolle sera élu conseiller général du canton d’Aups en 1889 (« Il se dit libéral, mais au fond est un réactionnaire. »), puis maire d’Aups en 1896 (« il est rallié depuis peu. »)

 

 

FABRE Jean-Baptiste : propriétaire de Baudinard , né le 25 juin 1815 à Baudinard, fils d’Isidore, propriétaire et de Rose Adélaïde Amiel. Son père Isidore était le bourgeois le plus riche de Baudinard, seul électeur censitaire du village, qui avait dirigé la commune de 1815 à 1816, puis de 1831 à 1835, puis en 1844, avant de revenir en 1852. Jean-Baptiste est reçu durant l’été 1851. Chef de section. Maire de l’insurrection.

 

 

FERAUD Jean Joseph : marchand d’huile de Salernes , né vers 1804, marié, 2 enfants. Petite aisance en 1855. Il connaissait les nouvelles de Paris à son retour de Marseille , le 6 décembre. Il fait campagne pour le non au plébiscite de 1851. Le 5 juin 1853, il aurait participé à une réunion secrète à Salernes. En octobre 1855, il figure sur la liste des hommes dangereux du département : très persuasif, influent sur les masses, prendrait les armes au besoin.

 

 

FRANCOUL Antoine : restaurateur de Manosque , né le 29 avril 1811. Dirigeant du club de la Sannerie. Avec Buisson, il organise la Solidarité des Travailleurs dans les Basses-Alpes.

 

 

GARCIN Hilarion : greffier de la justice de paix et secrétaire de mairie à Barjols , né le 20 octobre 1804. Elu au conseil d’arrondissement pour le canton de Tavernes en 1848 et en 1852 comme candidat officiel. Réélu en 1858, il démissionne en 1861 pour raisons familiales.

 

 

GARIEL Alexandre Jacques Louis : notaire de Salernes , né le 22 avril 1814 à Régusse , célibataire. Frère de Célestin, notaire de Montmeyan  et maire de Régusse. Correspondant de La Voix du Peuple. Affilié à la société secrète. Transporté à Lambassa puis exilé jusqu’en 1860. On lui a vendu son office à vil prix, a perdu tout son patrimoine. Conseiller de préfecture nommé par Paul Cotte en 1870. Installé à Régusse en 1881, où il vit avec ses frères, comme homme de lettres. Il a publié des brochures : Lettres d’un campagnard à son cousin de Paris (Draguignan, 1874), Le coup d’Etat de décembre 1851 dans le Var (Draguignan, 1878) et son Discours du 31 juillet 1881 à l’inauguration du Monument d’Aups dédié aux Victimes de 1851 (Brignoles, 1881). Peut attendre l’indemnisation en 1881. Membre de la commission de répartition des indemnités aux proscrits en octobre 1881. Maire de Régusse de 1883 à 1895. Décédé le 3 août 1895.

 

 

GARIEL Célestin : notaire de Montmeyan , né le 2 juillet 1816, célibataire. Frère d’Alexandre, notaire de Salernes . Maire de Régusse . Habite place de la mairie. Fortune assez élevée en 1855. Battu aux élections cantonales de 1848. Non affilié, certains disaient qu’il était affilié à Barjols . Il dit ignorer l’existence de la société à Régusse. Il avait entendu dire qu’il y en avait dans d’autres localités. En 1849, il appelle à voter pour la liste démocrate-socialiste. Le procureur de Brignoles le classe alors dans les ambitieux et les opportunistes : « Gariel est un homme assez instruit mais ambitieux. On m’affirme qu’il est capable de changer à tous les vents pourvu que son intérêt ou son ambition y trouvent leur compte. » Dans son interrogatoire de 1852, il affirme avoir été fait prisonnier par Alter à Aups le 8 décembre et libéré sur intervention de Marcellin Gibelin. On lui reproche d’avoir réquisitionné les vivres et les armes et d’avoir accueilli le 10 décembre Antoine Constans et Giraud de Brignoles . Le 5 janvier, les membres de la société dite de la Grande Rue, des propriétaires, pétitionnent pour demander sa libération : « Peu de temps avant l’époque des élections, un individu habitant Toulon , délégué par le parti socialiste se présenta à la société et se mit à discuter politique avec le sieur Bérenguier, aujourd’hui maire, avec lequel il se trouva opposé d’opinion. » La discussion fut violente, Bérenguier ne trouvant plus d’argument, Gariel pris le relais puis expulsa le Toulonnais manu militari. En janvier, Raynier, maire provisoire de Montmeyan, intervient en sa faveur. Le 7 du même mois, une pétition d’Artignosc demande sa relaxe. Le 19 décembre, Gariel avait écrit au Préfet pour prêter allégeance au « Prince Louis Napoléon » et réclamer clémence pour ses concitoyens « égarés par les ambitieux des grandes villes. » Détenu à Brignoles le 6 janvier 1852. Condamné à l’expulsion, peine commuée en surveillance le 16 avril 1852. Il reprend ses fonctions de notaire en juin. Il semble avoir été interné en mai/juin 1853 sur dénonciation : il quitte Régusse pour Aix le 22juillet et rentre à Régusse en décembre 1853. Il a ainsi perdu une partie de sa clientèle. En octobre 1855, il figure sur la liste des hommes dangereux du département. On le considère comme hypocrite et influent. Très influent dans le canton en 1858. Il redevient maire de 1860 à 1883. Elu conseiller d’arrondissement pour le canton de Tavernes en 1864. Devient membre de la Chambre d’Agriculture en 1865. Conseiller général du canton de Tavernes en 1870. Peut attendre l’indemnisation en 1881. Il décède en 1883.

 

 

GENT Alphonse : Avocat avignonnais, né à Roquemaure (Gard) en 1813. Issu d’une famille fort aisée. Inscrit au barreau de Nîmes, puis à celui d’Avignon . Commissaire de la République pour le Vaucluse, maire d’Avignon et député d’extrême gauche à la Constituante de 1848 (à la place d’Agricol Perdiguier qui avait opté pour Paris). Il a d’abord les faveurs des légitimistes, soutien qui change lorsqu’il aborde, alors qu’il est maire, la campagne des législatives de 1848. Il adhère peu après Février à une société de carbonari d’Avignon et s’appuie sur leur réseau de Vaucluse. En rapport avec trois députés du Rhône, il tente de former une société secrète de vaste étendue qui rayonna finalement sur 17 départements du sud-est en rassemblant 50 à 100.000 personnes : la Nouvelle Montagne. Fin septembre 1850, lors du congrès de Valence , il propose de désigner des responsables pour coordonner toutes les actions afin de mettre en application l’article 110 de la Constitution. Il est arrêté à Lyon fin octobre 1850. Le procès de Lyon, où l’on juge le « Complot du Sud-Est » en août 1851, le condamne à la déportation aux îles Marquises. Il est enfermé pendant trois ans, puis exilé au Chili. Il vit ensuite en Italie, puis à Madrid, en 1863, où il est le correspondant du Siècle et du Temps. Il se présente, sans succès, aux élections de 1869. Ami de Gambetta, il est envoyé, au 4 Septembre, comme administrateur à Marseille . Elu le 3 octobre 1870 commissaire général de la Ligue du Midi pour la défense de la République, véritable gouvernement dont le président était Esquiros, il part à Tours pour convaincre Gambetta. Mais ce dernier le retient en le nommant membre du Comité de la guerre, puis le 30 octobre il l’envoie remplacer Esquiros comme administrateur supérieur des Bouches-du-Rhône. Il est élu, en février 1871, député du Vaucluse, et par la suite constamment réélu. Il entre au Sénat en 1891. Il meurt à Paris sénateur opportuniste en 1894

 

 

GERARD Joseph François : cultivateur d’Artignosc, né le 4 décembre 1825 à Bauduen , marié à Hortense Martin, fille d’Henri, en avril 1851. C’est lors de son mariage que les Artignoscais initient les premiers Républicains de Bauduen. Il est proposé par le commissaire de police cantonal comme membre d’une commission provisoire en décembre 1854. Il reprend la propriété du Mas d’Henri Martin en 1855. Il la donne en bail à Auguste Bourjac. Réside à Bauduen en 1856. Battu au 1er tour des municipales de 1860à Artignosc. Elu conseiller municipal le 7 août 1870. Membre de la commission provisoire du 7 octobre 1870. Elu conseiller municipal en 1871.

 

 

GERARD Marc Antoine Claude : médecin de Bauduen , né vers 1817 à Bauduen, célibataire. Petite aisance en 1855. Conseiller municipal. Dit ne pas être affilié et n’avoir pas été sollicité. Il est parti le 6 décembre se renseigner à Salernes , sollicité par les insurgés. Condamné à l’éloignement momentané du territoire. Lambert, curé de Bauduen demande sa grâce. Il y a également une pétition qui regroupe plus de 100 signatures et croix. Il est reçu par Quentin-Bauchart qui commue sa peine en surveillance sur la liste supplémentaire du 24 avril 1852. Gracié le 3 février 1853. En octobre 55, il figure sur la liste des hommes dangereux du département, comme Républicain, la profession de médecin lui donne beaucoup d’influence.

 

 

GIBELIN Jean Louis : chapelier de Camps , né à Aups  vers 1814, frère de Marcellin. marié. Reçu début 1851, il est chef de section. En mai, il cherche à persuader les Aupsois  : « Vous êtes des arriérés. Chez nous, les rouges et les blancs forment 2 partis distincts. » C’est un des meneurs de l’insurrection à Camps. Il revient à Aups (postérieurement au 19 août 1852) après la répression où il subit la surveillance. Il est recensé comme un « républicain rouge exalté et populaire » en 1861, « oisif et libertin » sur un autre état. Il s’installera ensuite à Fontenay-le-Comte (Vendée)  où il est employé chez un manufacturier en 1881.

 

 

GIBELIN Marcellin dit le Manchot : boucher et cuisinier d’Aups , né vers 1822, frère de Jean Louis, marié, 2 enfants. C’est dans sa campagne, quartier Bayard, que s’organise la société d’Aups en octobre 1851. A fait des initiations à Ampus  et à Tourtour . Il a établi la liaison entre Aups et Salernes  en Décembre. Il intervient le 8 décembre pour faire libérer Célestin Gariel, arrêté par Alter. Condamné à l’Afrique et gracié par Quentin-Bauchart. Le 17 mai 1852, il exhibe à Aups un mouchoir rouge à sa pochette. il insulte «un mouchard et un blanc». Il s’installe à Toulon  en  février 1854. Il embarque fin mars comme cuisinier sur le vapeur de l’état La Mouette destiné au service d’Orient. Figure sur l’état des anciens condamnés politiques et hommes dangereux de 1861 : « rouge très exalté, ne s’occupe pas ostensiblement de politique. » Dans un autre état, on le considère comme taré et craint pour sa force physique. Peut attendre l’indemnisation de 1881. Huit proscrits aupsois  l’accusent alors d’antirépublicanisme.

 

 

GIRAUD Jean-Baptiste : courtier en liqueurs de St Maximin , né vers 1815. Il a déjà voyagé à Paris, est le correspondant de la Solidarité républicaine en novembre 1848. Il reçoit un courrier amical d’Agenon. Il avait fait Février à Avignon  et à Marseille . En mars 1849, il a établi un contact avec Casimir Héraud, un des futurs dirigeant de la société secrète de Brignoles . Le 9 avril 1849, il reçoit un courrier de Maubert de Paris : pas question de choisir des candidats modérés. On lui fait un procès : il obtient un non-lieu le 24 décembre 1849. Il est en correspondance avec Duteil au moins depuis mars 1851.

 

 

GRAMBOIS Antoine : propriétaire de 19 ha à Artignosc, né le 5 août 1785, borgne. Il épouse en 1825 Marie Alexandrine Quinson, sœur de Jean-Paul. Il habite 3 grand rue chez un Montagnard. Illettré en 1834. Elu conseiller municipal en 1831, 1834, 1840, 1846, adjoint en 1843. Membre de la commission municipale du 5 février 1852; il remplace Armelin absent, comme président le 17 mai 1852. Battu aux municipales de 1852. Il fait partie de la commission municipale en 1853. Battu aux municipales de 1860.

 

 

GRAMBOIS Clair Maurice : instituteur d’Artignosc, propriétaire de 26 ha, né le 1er janvier 1804 à Artignosc, marié à Miette Constans. Il habite 8 rue des Muletières. Elu conseiller municipal en 1831, puis il démissionne. Elu conseiller municipal en 1834, 1840. Electeur départemental suppléant en 1846. En 1846, Victor Jean François Layet demande qu’il soit radié de la liste des électeurs municipaux du canton. Témoin de la naissance de Louis Philippe Adrien Guion, fils d’Auguste, en 1847. La même année, il prend en bail les deux moulins à farine de Jean-Baptiste Isidore Constans. Il réside à Marseille  en 1856. Se déclare ami de César Jean lors du décès de celui-ci en 1866.

 

 

GROS Jean-François, dit le Jeune : ancien négociant de Marseille , propriétaire de 74 ha du domaine Ma Folie à Villeneuve  qu’il a acheté en 1832 lors de la vente de la forêt nationale. Pas de mouton sur ce domaine. Il y a édifié en 1846 un grand bâtiment d’habitation. Correspondant agricole pour le canton de Tavernes. Il a publié plusieurs articles d’agronomie. Il possède également 1 ha 55 sur Montmeyan .

 

 

GUICHARD André Joseph : cultivateur et sergent de ville de Baudinard , né vers 1808 ou 1813 à Baudinard, marié, 2 enfants. Petite aisance en 1855. Premier affilié de Baudinard. Vice-président de la société secrète depuis juin 1851. A recruté à Baudinard et dans les communes des environs (Aups  et Bauduen  par exemple). Il a mis sur pied la réunion de Sorps en juillet 1851. Appelle la population à partir en Décembre. Très exalté et dangereux, il est condamné à l’Algérie pour 5 ans, embarqué sur le Labrador, placé au camp de Birkadem. Il doit être interné à Castres le 2 décembre 1852 mais est toujours présent à Baudinard le 17 mai 1853. Le juge de paix le dit toujours rouge et l’instituteur l’accuse de participer à des réunions secrètes. Placé en surveillance le 11 août 1853. En octobre 1855, il figure sur la liste des hommes dangereux du département : peu influent, homme d’action. Il figure sur l’état des anciens condamnés politiques et hommes dangereux de 1861 : sans opinion, conduite satisfaisante. On prévoit 150f d’indemnité en 1881. Il est alors installé à Marseille . Il obtient une pension de 600f en 1882.

 

 

GUICHARD Paulin : maréchal-ferrant des Salles , né vers 1825 aux Salles , célibataire. Sait signer. Reçu en septembre 1851 à Bauduen . Président, recruteur et initiateur. Condamné à l’Algérie, camp de Bourkika. Il s’évade en novembre 1852 de l’infirmerie de Marengo. Le 23 mars 1853, on retrouve des ossements humains avec ses clefs et ses vêtements. La famille est prévenue le 2 juin 1853.

 

 

GUIEU Isidore : cultivateur de Baudinard , né vers 1809 à Baudinard, veuf, 3 enfants. Sait signer. Adjoint au maire. Reçu avant août 1850. Chef de section. Nie avoir fait partie de la société secrète. Arrivé à Moissac , il aurait voulu faire abattre la croix de mission en disant : « Il faut que cette potence saute ». C’est lui qui harangue la foule le dimanche. Condamné à l’Algérie pour 5 ans, embarqué sur le Pluton, et placé au camp de St Denis du Sig. Sa peine est commuée en surveillance le 28 janvier 1854. Il figure sur l’état des anciens condamnés politiques et hommes dangereux de 1861 : sans opinion, conduite satisfaisante.

 

 

HAUTEVILLE Joseph : tailleur de la place du marché à Draguignan . Un des dirigeants du club du Jeu de Paume. Arrêté en septembre 1848 pour avoir conduit une manifestation contre l’impôt sur les boissons. Le 11 novembre 1850, il est arrêté car soupçonné d’être envoyé par Toulon  parcourir l’arrondissement de Brignoles. Il est soupçonné le 28 avril 1851 par le préfet des Bouches-du-Rhône d’être le correspondant pour le Var des sociétés secrètes de Marseille  et des Basses-Alpes. Ses obsèques à Toulon le 10 octobre 1851 rassemblent 300 démocrates.

 

 

ISNARD Auguste dit le Mignon : cordonnier des Salles , né à Aiguines  vers 1830, fils de Marius. Célibataire. Sait signer. Reçu par Rimbaud, tanneur à Marseille , dans l’été 1849. Chef de section. Fait la plupart des réceptions d’Aiguines mais aussi à Bauduen .

 

 

ISNARD Marius dit le Mignon : cordonnier-savetier des Salles , né à Moustiers  vers 1804, marié, 2 enfants dont Auguste. Ne signe pas. Reçu par Macarre en septembre 1850, tanneur à Marseille , où il était cabaretier (à St Lazare, à la Belle de Mai puis à la porte d’Aix). Condamné à l’internement à Moustiers puis à Marseille, peine commuée en surveillance le 16 avril 1852. En octobre 1855, il figure sur la liste des hommes dangereux du département, comme communiste assez influent.

 

 

ISOARD Jean Baptiste : épicier d’Aups , né vers 1814, marié, 2 enfants : Henri (chapelier à Aix en 1881) et Anaïs (épouse Chabert à Sidi Bel Abes en 1881). Fortune moyenne en 1855. Président de la société secrète. Condamné à l’Algérie, gracié le 3 février 1853, sans être allé en Afrique. En octobre 55, il figure sur la liste des hommes dangereux du département comme socialiste et influent. Il figure sur l’état des anciens condamnés politiques et hommes dangereux de 1861 : Républicain très dangereux, ne fréquente personne. Décédé en 1870 à Aups.

 

 

JAUBERT Augustin : cultivateur de Montmeyan , né vers 1804 à Montmeyan, marié, 2 enfants. Se dit analphabète. Conseiller municipal. Chef de section. Il participe à la réunion de Sorps, début juillet 1851. Membre de la commission provisoire de Décembre. Condamné à l’internement.

 

 

JAUBERT Gervais : tailleur de Montmeyan , né vers 1806 à Montmeyan, veuf, 1 enfant marié. Sait signer. Condamné en 1848 pour la dévastation de la propriété Layet. Reçu le 30 novembre 1850. Commandant de la colonne. Il va le 10 décembre au matin avec Ambrois de Régusse  chercher les ordres à Aups. Détenu à Aïn Benian. Rentré d’Afrique à la mi-1853, tracassé par les gendarmes, il préfère partir pour Marseille . Le 9 juillet 1853, il est recensé par la Gendarmerie comme l’un des 3 principaux démagogues du village. Très nécessiteux lors de l’indemnisation de 1881. Il est alors à l’Hôpital de la Conception à Marseille.

 

 

JAUFFRET Hyppolite : cultivateur de Montmeyan, né le 30 octobre 1817 à Moustiers , marié, 1 enfant. Ne signe pas. Ancien militaire. Affilié à la société secrète. Membre de la chambrée la Colonne. Déporté à Aïn Bénian. Libéré le 5 mars 1854. De retour à Montmeyan  le 12 mars.

 

 

JEAN Joseph dit Gondran : propriétaire de 3 ha à Artignosc, il possédait jusqu’en 1850, 143 ha 78 (dont 116 ha de bois au Deffends) et 7 ha à Régusse  qui vont à ses fils et gendres. Né le 6 décembre 1787, marié à Marie Dauphin, 5 enfants dont Pierre-Jean et Jean-Jean-Baptiste. Il paye la patente comme fournier en 1850. Habite 9 rue du portail. Maire d’Artignosc de 1816 à 1821, conseiller municipal en 1827, 1831, 1834. Battu aux élections de 1837, élu en 1843 et 1846. Electeur cantonal en 1836. Inscrit sur la liste complémentaire des électeurs départementaux pour 1843. Membre de la commission municipale du 5 février 1852, il intervient auprès du préfet le 20 mars 1852 pour faire relâcher Martin Hyacinthe. Battu aux municipales de 1852.

 

 

LANGOMAZINO Louis : propagandiste républicain, né le 11 septembre 1820 à St Tropez , d’un père marin génois. A 15 ans, il devient apprenti forgeron à l’arsenal de Toulon . Ouvrier, il épouse Fortunée Guiol en 1839. Il adhère à la Société d’Union et d’encouragement que viendra visiter Flora Tristan et qu’il présidera. Il est une des figures de la grande grève de 1845, ce qui lui vaut son licenciement. Il part alors pour Marseille  où il devient mécanicien et participe activement à l’Athénée ouvrier, université populaire, dont il est fait président. Capitaine de la Garde nationale en 1848, il est battu à une élection complémentaire à la Constituante. En octobre 1848, il entre au comité de rédaction de La Voix du Peuple, soutien de Ledru-Rollin à la présidentielle. Le rédacteur en chef, Albert Laponneraye, l’envoie en février 1849 dans les Basses et Hautes-Alpes étendre l’audience du journal et répandre la République démocratique et sociale dans les campagnes. Ce qu’il fait en parcourant les chambrées et en diffusant la Solidarité des Travailleurs dans de nombreux cantons. En février 1850, il fonde l’Indépendant des Alpes. Le 25 octobre 1850, Langomazino est arrêté dans le cadre du Complot du Sud-Est et le procès de Lyon le condamne à la déportation à Nuka-Hiva , aux îles Marquises. Gracié, il devient défenseur au tribunal de Papeete  en 1854. Mais il est expulsé et s’installe à Valparaiso  au Chili où il exerce la médecine sans diplôme de 1859 à 1861. Il retourne à Papeete où il rédige la Codification des actes du gouvernement de la Polynésie et est nommé directeur de l’imprimerie du gouvernement. De 1864 à 1870, il est juge d’instruction avant de rejoindre le barreau. Il devient membre du conseil d’administration de la colonie et du comité d’Instruction publique. Il décède à Papeete en 1885[17].

(voir une étude du personnage)

 

 

LAMBERT Ambroise : cultivateur de Bauduen , né vers 1814 à Bauduen, marié, sans enfant. Signe difficilement. Reçu vers juin 1851. Chef de section. Accusé d’avoir menacé le curé, il avait eu quelques altercations avec lui notamment lors de la procession de la St Bathélémy 1851. Condamné à l’Algérie, peine commuée en surveillance le 16 avril 1852. Il figure sur l’état des anciens condamnés politiques et hommes dangereux de 1861 comme sans opinion, conduite satisfaisante.

 

 

LATIL Marius Antoine : ouvrier maçon de Salernes , né le 17 novembre 1827 à Aiguines . Il va relancer Bauduen  le 7 décembre. Il se fait saisir la cravate rouge qu’il portait à Barjols  en octobre 1852. Il était alors en partance pour La Nouvelle-Orléans [18].

 

 

LAURENT François : cultivateur d’Artignosc, propriétaire de 4 ha, né vers 1783, marié à Rosalie Grambois, père de Jules César. Il habite 10 rue du four. Sait signer. Electeur municipal en 1834 et 1846. Elu conseiller municipal sur la liste rouge en 1852. Il fait partie de la commission municipale en 1853.

 

 

LAYET Victor Jean François : né le 25 mars 1809, notaire à Aups , propriétaire de 1492 ha à Montmeyan  dont le domaine de Camillier, cible de l’émeute de mars 1848. Cette propriété fait partie des 523 ha qu’il a acquis en 1845 de l’ancien seigneur Grimaldi-Régusse , avec 113 ha à Régusse (notamment le domaine de la Tour, proche d’Artignosc. Ancien notaire de Montmeyan, il est en 1835 témoin du mariage de Hyacinthe Martin. Elu conseiller d’arrondissement pour le canton de Tavernes en 1846. Battu aux cantonales de 1848 dans le canton de Tavernes. Figure sur la liste des notables qui devaient payer l’impôt forcé établie par l’état major républicain le 10 décembre. Elu en 1852 comme candidat officiel, il a alors 10000 francs de revenus. Conseiller général jusqu’en 1862 où il est battu.

 

 

LAZARE Joseph Antoine : dentiste ambulant de Tourtour , né à Mérindol  (Vaucluse) vers 1816, marié, 5 enfants. En relation avec Hennequin de St Raphaël . Franc-maçon. Arrêté à Vence .

 

 

LONG Joseph, dit Pellissier : maçon des Salles , né vers 1818 aux Salles , célibataire. Frère de Pierre. Sait signer. Reçu fin août 1851. Chef de section. Il porte le drapeau tricolore qu’il a pris à la mairie le 6 décembre.

 

 

LONG Marcellin Joseph : tisserand d’Aiguines , né à Régusse , marié à Rossoline Coulomb, 2 enfants (Alphonse et Victoire). Fondateur et vice-président de la société secrète. Initiateur. Chef de la colonne. Il se suicide à son retour à Aiguines. Sa famille est presque sans moyen d’existence.

 

Coopérative vinicole de Fox-Amphoux - photo Gilbert Suzan

 

LOUCHE André Constans : taillandier de Barjols , né vers 1819.. Affilié durant l’été 1850. Animateur de la société secrète. A prénommé un de ses enfants Cabet, Raspail ou Barbès. Correspondant avec ses frères de La Voix du Peuple. A fait des réceptions à Rians , à Brue-Auriac  et à Fox-Amphoux . Maire de 1870 à 1874.

 

 

LOUCHE Antoine Clerc : taillandier de Barjols , né vers 1821. Frère d’André et de Joseph. A prénommé un de ses enfants Cabet, Raspail ou Barbès. Chef de section. Correspondant avec ses frères de La Voix du Peuple. A fait des réceptions à Rians , à Brue-Auriac  et à Fox-Amphoux . Durant l’été 1851, il réclame des élections pour remplacer le vice-président. Il est resté ou revenu en Algérie.

 

 

MANEN Pierre : cultivateur de Baudinard , né vers 1781 à Quinson , marié, 2 enfants. Ne signe pas. Reçu le 15 août 1851. A porté le drapeau rouge le 6 décembre. Condamné à l’internement, peine commué en surveillance le 16 avril 1852.

 

 

MAUBERT Jacques : cultivateur de Montpezat , né vers 1796 à Castellane . Beau-père de l’Artignoscais Henri Martin. Affilié. Une des deux personnes du village à avoir pris part à l’insurrection. « A engagé à partir. A fait des menaces. » Condamné à l’Algérie pour 10 ans, peine commuée en surveillance. Il est autorisé en mai 1852 à quitter Montpezat pour s’installer à Artignosc chez sa fille.

 

 

MAUNIER Grégoire François, dit Grand Col : cordonnier et valet de ville de Régusse , né le 9 mars 1807 à Régusse, marié, 1 enfant. Sait signer. Affilié avant août 1851, vice président de la société qui a initié plusieurs membres à Régusse et Moissac . Il est un des leaders de Décembre. Condamné à l’Algérie. Gracié le 2 février 1853. Peut attendre l’indemnisation en 1881. Une plaque commémorative a été apposée sur sa maison, rue de la Liberté, vers 1994.

 

 

MONGES Hyacinthe : docteur en médecine, propriétaire de 7 ha à Baudinard , né le 17 fructidor an IX à Baudinard, fils d’Hyppolite, propriétaire, et d’Henriette Fouque, marié à Céline Poirson sans enfant (sa femme en déclare un). D’après le maire d’Artignosc : « Médecin rouge écarlate de Baudinard, à la révolution du 24 février 48, il était président d’un club à Marseille  et a figuré dans plusieurs émeutes » Il dit être le médecin de Mr Laponneraye, rédacteur en chef de La Voix du Peuple et qu’il a peut-être croisé Rique dans les locaux du journal. A Baudinard depuis octobre 51. Il nie faire partie de la société secrète : « On se fait trop facilement trahir. » On l’accuse d’avoir harangué la foule à Baudinard le 8/12 pour marcher sur Draguignan en disant que la troupe fraterniserait avec les insurgés. Trésorier dans l’état-major de Duteil, il préside la commission de l’impôt. Le 8 janvier, les gendarmes d’Aups vont l’arrêter, mais il est introuvable. Ils soupçonnent qu’il se cache dans un bastidon. En fait, il a déjà été arrêté, à Gréolières . (Il est à Grasse le 6 février). Condamné à l’Algérie pour 10 ans, il embarque sur le Pluton, et est placé au camp de Sidi Bel Abbes, interné en Algérie le 13 avril 1853, puis en France le 16 août 1853 (il a été gracié le 27 juillet), le 8 mars 1856, il est encore en Algérie et refuse la commutation. Gracié le 23 juin 1856. Noté sur un état des hommes dangereux du Second Empire comme socialiste, ex-président d’un club à Marseille.

 

 

MOULLET Pierre Jean Joseph : marchand de bois à la retraite de St Maximin . Il a diffusé le serment de la Nouvelle Montagne vers Barjols . Il enrôlait dans la société secrète à St Maximin , dans le canton et ailleurs. C’est de chez lui que tous les ordres partaient. Il est ami avec Constans de Brignoles  et Méric du Luc  et a rencontré en septembre 1851 à St Maximin  Louis Rique de Marseille . Soupçonné en octobre 1851 d’être le correspondant du comité central de résistance. Maire insurrectionnel. Il est en fuite lors de la répression.

 

 

NICOLAS Firmin : menuisier de Montmeyan , né vers 1818 à Montmeyan, marié, 2 enfants. Sait signer. Chef de section. Membre de la commission provisoire en Décembre. Condamné à l’expulsion.

 

 

PASCAL Jean Baptiste : cafetier de Salernes , né vers 1810, célibataire. Ancien militaire. Fortune médiocre en 1855. Chef de section. Condamné à l’Algérie, gracié le 3 février 1853. Le 5 juin 1853, il aurait participé à une réunion secrète à Salernes. Il est boulanger en 1855. En octobre 1855, il figure sur la liste des hommes dangereux du département : influent, très habile, organisateur rusé.

 

 

PASTORET Honoré : avocat, chef de file des radicaux de Draguignan , né à Seillans en 1814. « Coryphée du parti rouge entouré de 800 garnements à sa dévotion » d’après Hausmann. Il était président du club des Allées que l’on nomma plus tard club du Jeu de Paume. Le club est fondé en février/mars 1848 sous la direction des avocats Pastoret et Rebuffel, de Larroque, professeur de mathématiques au Collège, de Cartier, cordonnier, et du tailleur Joseph Hauteville. Il obtient 13022 voix aux élections à la Constituante de 1848 (16° position). Il avait une grande influence sur les Républicains de Baudinard . Lors d’une réunion électorale le 31 mars 1849 à Toulon , Pastoret dit être le délégué de l’assemblée icarienne de Draguignan.[19] Etait attendu à la réunion de Sorps. Il n’était pas partisan de l’insurrection de Décembre et en dissuada le parti dracénois . Il s’enfuit, le 5 ou le 6 décembre, à Nice où il fit fortune comme avocat d’affaires. Il revint dans le Var en 1871. Il fut élu conseiller général du canton de Fayence (1871-1882) , puis président du conseil général pendant 9 ans (1873-1881). Célèbre pour ses colères, c’était un anti-clérical virulent, bien qu’en 1848, il réclame une instruction religieuse et nationale, gratuite et obligatoire pour tous les citoyens. Il avait été poursuivi devant la cour d’Assises d’Aix en juin 1850 pour propos séditieux tenus en séance du club du Jeu de Paume : « Bientôt le drapeau rouge remplacera le drapeau national » et divers propos contre les nobles. Il nia en affirmant qu’il était attaché à la propriété et au drapeau tricolore et qu’il demandait simplement un impôt unique, respectant la famille, la religion et la propriété[20]. Il décède en 1889.

 

 

PELLISSIER Jean Baptiste Bonaventure : tailleur de Bauduen , né vers 1828 à Bauduen, célibataire, 1.70m. Il signe difficilement. Reçu en juin 1851. Sous chef de section. A fait des réceptions à Bauduen, à Aiguines  et à Aups . Candidat battu à la vice-présidence. Le 6 décembre, il va à Moissac  pousser au départ. Dénoncé par le maire de Bauduen le 18 mars 1852 pour insoumission (il avait été tiré au sort) et pour avoir déclaré au cabaret : « S’il fallait de nouveau s’insurger, je le ferais ». Arrêté le 27 mars, il est jugé pour son engagement de Décembre. Condamné à l’Algérie pour 10 ans. Commutation en surveillance le 28 janvier 1854. Il figure sur l’état des anciens condamnés politiques et hommes dangereux de 1861 : sans opinion, conduite parfaite. Maire de 1870 à 1871 et de 1878 à 1881.

 

 

PELLORE Alphonse : cultivateur de Bauduen , né à Bauduen vers 1824, marié, 1 enfant. Sait signer. Ne possède rien en 1855. Reçu à Artignosc en avril 1851. Président de la société secrète. Condamné à l’Algérie. Le 8 avril 1853, la gendarmerie donne un avis défavorable pour sa grâce, contrairement à l’adjoint. En octobre 55, il figure sur la liste des hommes dangereux du département, comme rouge, homme d’action. Il figure sur l’état des anciens condamnés politiques et hommes dangereux de 1861 : sans opinion, conduite parfaite. Il est alors boulanger.

 

 

POIRSON Céline : épouse de Hyacinthe Monges de Baudinard , née vers 1824 dans la Meurthe, 1 enfant. Sait signer. Arrêtée à Baudinard. Elle nie avoir les mêmes idées politiques que son mari. Condamnée à l’Algérie, peine commuée en surveillance le 16 avril 1852. Le journaliste conservateur Hyppolite Maquan l’a surnommée la Dame rouge de Baudinard.

 

 

PONCET Thomas : cordonnier de Quinson , né vers 1822 à Capendu (Aude).  Il a travaillé à Paris. Ardent à la propagande. A fait des initiations à Baudinard  et Artignosc. Condamné à l’Algérie pour 10 ans.

 

 

PONS Joseph : artisan menuisier, tonnelier de Baudinard , né vers 1810 à Baudinard, marié sans enfant. Sait signer. Reçu avant mai 1851. Chef de section. Il s’oppose à Isidore Guieu à propos de la croix de Moissac  : il le menace s’il continue à insulter la religion. « Nous sommes les maîtres, c’est à nous de commander » dit-il au garde forestier de Sabran le 8 décembre. Agent actif de la propagande. Exalté. Condamné à l’Algérie. Il obtient un congé de 3 mois en octobre 1854. Sa peine est commuée en surveillance le 13 février 1855. Il figure sur l’état des anciens condamnés politiques et hommes dangereux de 1861 : sans opinion, conduite parfaite

 

 

RAVEL Casimir : ménager des Salles , né à Ste Croix  vers 1821. Frère de Pierre (ménager né à Ste Croix  vers 1816). Ne signe pas. Il habite Les Salles  depuis février 1851. Reçu à Ste Croix  fin 1850. Chef de section. Recruteur et initiateur. Tambour de Décembre.

 

 

RAVEL Joseph : cultivateur d’Artignosc, propriétaire de 5 ha, né le 13 avril 1801, fils de Jean Pierre et de Claire Sappe, veuf d’Eugénie Antoinette Vachier (décédée le 16/8/1847), sœur de Victor et d’Hyppolite Vachier, père de Eugénie-Honorine, Jeannie et Elisabeth Philomène. Cousin au 3° degré de Marius Bienvenu Constans. Il habite 11 rue des Muletières. Electeur municipal en 1846. Membre de la chambrée la Concorde.

 

 

RENOUX Ignace Antoine : avocat de Salernes , né vers 1800 à Salernes, marié, 1 enfant. Son père est maire de 1801 à 1814. Il exerce à Aix. Elu conseiller général en 1848. « Chef des démagogues de la localité. » Le 5 décembre, il écrit de Draguignan  une lettre où il conseille l’insurrection. Le 6, il vient conseiller le calme. Après le 10 décembre, il se constitue prisonnier. Condamné à l’Algérie pour 5 ans, peine commuée en expulsion le 16 avril 1852.[21]

 

 

ROUGIER Jean Victor : ménétrier de Riez , né à Tavernes  vers 1808. Un des principaux agents républicains dans le Haut-Var lors des romérages. Il a organisé la société à Roumoules  et a reçu aux Salles , à Artignosc, à Bauduen , à Baudinard . Condamné à l’Algérie pour 10 ans.

 

 

ROUVIER Jean Eugène : propriétaire de 47 ha à la bastide de Fontaineà Artignosc, né à Ste Croix  le 27 février 1807, fils de Pascal et Marie Paule Quinson, frère de Joseph marié à Henriette Jean (d’Albiosc ), père d’Henri, Anaïs et Sabine. Ne sait pas signer. Il habite à Fontaine. Electeur municipal en 1846.

 

 

ROUVIER Joseph de Pascal : propriétaire de 49 ha de la bastide Fontaine à Artignosc, né vers 1805 à Ste Croix , fils aîné de Pascal, frère de Jean Eugène. Marié à Rose Fabre (de Régusse ), père de Bruno Augustin, Baptistin, Nathalie, Philomène et Virginie. Il habite la bastide de Fontaine. Ne signe pas. Battu aux municipales de 1846 avec 7 voix sur 34 au 1er  tour. Elu conseiller municipal sur la liste rouge en 1852. Elu conseiller municipal  en 1860.

 

 

ROUX Frédéric : cultivateur de Moissac , né vers 1802 à Moissac, marié, 5 enfants. Beau-frère de Lambert Bagarry. Fortune peu aisée en 1855. Il appartient à la chambrée des Camps. Principal animateur de la société secrète. Le 19 mars 1852, le maire demande qu’on ne le libère pas. Condamné à la transportation, commuée en surveillance par Quentin-Bauchart. En octobre 1855, il figure sur la liste des hommes dangereux du département. On le considère comme ayant une dangereuse influence. Peut attendre l’indemnisation en 1881.

 

 

SAPPE Joseph dit Béchon : cultivateur, propriétaire de 5 ha à Artignosc, né le 3 juillet 1810, marié à Elisabeth James. Il habite 7 rue Grambois. Sait signer. Elu conseiller municipal en 1848 avec 68 voix (9° position). Elu conseiller municipal sur la liste rouge en 1852. Démissionne le 3/11/53.

 

 

SICARD Pierre, l’aîné : boulanger de Montmeyan , né le 3 mars 1825 à Montmeyan, fils de Léger et de Marie Désirée Martin, célibataire. Sait signer. Maire entre le 21 avril et le 13 mai 1848, il perd son poste suite à sa condamnation pour la dévastation de la propriété Layet. Reçu par Fortuné Martin et Auguste Guion d’Artignosc, début 1851. Président, il avait la correspondance de la société secrète. Recruteur et initiateur. Maire de l’insurrection. Transporté en Algérie au camp de Bourkika. Sa peine est commuée en surveillance le 28 janvier 1854. Libéré le 1er mars 1854. Son père décède pendant sa déportation. Décédé en 1876.

 

 

SIMON Laurent : cultivateur de Baudinard , propriétaire de 3 ha, né le 10 août 1808 à Baudinard, fils de Clair et de Magdeleine Lions, marié, un enfant. Sait signer. Reçu en septembre 1850 (ou au début 1850 ?). Président de la société secrète. Reçoit à Baudinard et Bauduen . Il porte le drapeau rouge le matin du 6 décembre. Commande, en sa qualité d’officier de la garde nationale, la colonne du 8 avec un sabre. Présent à la commission des finances du 10. Condamné à l’Algérie pour 5 ans, peine commuée en internement à Muret le 2 octobre 1852. Mais il est encore présent à Baudinard le 17 mai 1853, il n’a toujours pas rejoint Muret. Le juge de paix le dit toujours rouge et l’instituteur l’accuse de participer à des réunions secrètes. Sa peine est commuée en surveillance le 28 décembre 1853. Noté sur un état des hommes dangereux du Second Empire comme socialiste, peu influent, marchant sous le patronage de Monges. Maire de 1871 à 1876.

 

 

TOURNEL Honoré : cultivateur et sergent de ville de Montmeyan , né vers 1814 à Montmeyan, marié, 5 enfants. Sait signer. Bedeau de l’église. Condamné en 1848 pour la dévastation de la propriété Layet. Membre de la chambrée la Couronne. Chef de section. Membre de la commission provisoire de Décembre. Déporté le 2 mars 1852 à Bourkika. Il y décède en 1853.

TROTOBAS Louis : ouvrier corroyeur de Barjols , né vers 1811. Sait signer. Reçu avant l’été 1850. Président de la société secrète. Durant l’été 1851, sa présidence est contestée : certains affiliés veulent organiser des élections. Soupçonné en octobre 1851 d’être le correspondant du Comité central de résistance.

 

Véyan Auguste Hubert Napoléon : avoué à Brignoles , né le 5 août 1807. Elu conseiller d’arrondissement pour le canton de Tavernes en 1842. Il devient conseiller général de Cotignac  en 1845, puis du canton de Tavernes en 1848.

Il fait fonction de sous-préfet de Brignoles par intérim, complice du coup d’Etat, en décembre 1851.



[1] COMPAN André, « Les réfugiés politiques provençaux dans le Comté de Nice, après le coup d’état du 2 décembre 1851 », in Provence historique, tome VII, fascicule 27, janvier-mars 1957

[2] MIREUR Frédéric, Les Rues de Draguignan, Draguignan, 1922

[3] CONSTANT Emilien, « De la Seconde à la Troisième République, le parcours d’un Varois, Paul Cotte, rebelle et politique », in Provence 1851, Une insurrection pour la République, Les Mées, 2000, page 135

[4] ADBdR 14 U 18.

[5] VIGIER Philippe, La Seconde République dans la région alpine, PUF, 1963

[6] CONSTANT Emilien, Le département du Var sous le Second Empire et au début de la Troisième République, thèse, Aix-en-Provence, 1977

[7] ADVar et préface de Benoît Sicard pour , Burles Louis, Les Rustiques, Brignoles, 1896

[8] commissaire de police d’Aups, 19 septembre 1853, ADVar 4M 37, cité par CONSTANT Emilien, op. cité

[9] ADVar 1 U 5/1, cité par CONSTANT Emilien, op. cité

[10] CONSTANT Emilien, « De la Seconde à la Troisième République, le parcours d’un Varois, Paul Cotte, rebelle et politique », in Provence 1851, Une insurrection pour la République, Les Mées, 2000, pages 122-161

[11] ibid.

[12] ibid.

[13] ADBdR 14 U 19

[14] BLACHE Noël, L’insurrection du Var, réed.1983, page 94

[15] ADVar, 4 M 20-1

[16] CONSTANT Emilien, Le département du Var sous le Second Empire et au début de la Troisième République, thèse, Aix-en-Provence, 1977, page 826

[17] LECOEUR Dominique, « Du socialisme ouvrier à la République des paysans, l’itinéraire de Louis Langomazino », in Provence 1851. Une insurrection pour la République, Les Mées, 2000, pages 82-90

[18] ADVar, 8 U 18/4

[19] ADBdR 14 U 18

[20] MIREUR Frédéric, Les Rues de Draguignan, Draguignan, 1922 et FOURNIER Victor, Le coup d’Etat de 1851 dans le Var, Draguignan, 1928

[21] CONSTANT Emilien, « De la Seconde à la Troisième République, le parcours d’un Varois, Paul Cotte, rebelle et politique », in Provence 1851, Une insurrection pour la République, Les Mées, 2000, pages 122-161