Clandestinité et réseau républicain dans le Haut-Var

La société secrète montagnarde d’Artignosc (1849-1851) (320 pages)

Frédéric Négrel

« Cette publication ressort d’un genre – la micro-histoire – qui ne se confond pas avec l’anecdote ou avec l’enfilade événementielle qui, trop souvent, tiennent lieu d’histoire locale. Il s’agit là de saisir un milieu réduit pour pouvoir le scruter plus à fond, de le comprendre, en liaison avec les problèmes généraux et les avancées de la recherche historique. C’est ce qu’a réussi à faire Frédéric Négrel à partir de « sa » commune de référence, petit village, assez isolé, dont il fait découvrir les hommes et les familles, les choix, l’évolution au temps de la Seconde République, cette République bien courte – puisque mise à mal le 2 décembre – mais si importante pour notre région puisqu’elle fonde la tradition « républicaine avancée » qui va la marquer jusqu’à il y a peu. La description très fine de la société secrète, de ses connexions avec les localités voisines, du rituel dont elle s’entoure, des opportunités qu’elle saisit pour défier l’autorité est de premier ordre.

Défilent des personnages, modérés ou exaltés, instruits – plus ou moins – ou pas, humbles ou leaders d’opinion, qui servent de médiateurs entre le village et le monde, paysans, parfois poètes, petits notables parfois inquiets et prudents, maréchaux-ferrants au cœur de la sociabilité locale, et autres artisans, qui croient à leur façon au progrès et aux vertus de l’humanité. »

Extrait de la préface de Jean-Marie Guillon professeur à l’Université de Provence.