Seillans

Seillans 

Les années tumultueuses : 1848-1852

par Jean Salomone

quatrième partie

 

En ce mois de décembre 1851 les autorités locales rendent responsables des évènements qui se sont déroulés dans le canton de Fayence, et en particulier à Seillans, les assemblées de Républicains en « Cercles » ou « Chambrettes ».

Déjà en 1831 le Gouvernement, par le canal du Préfet, s’était intéressé à ces activités de tendance républicaine et socialiste :

 

«                                                                                 Draguignan, le 2 mars 1831

 

Monsieur le Maire,

 

Les habitants de chaque commune ont l’usage d’avoir des réunions connues en ce pays sous le nom de chambrées, je vous prie de me faire connaître le nombre de ces réunions qui peuvent exister dans votre commune, le nombre au moins approximatif des personnes qui composent chacune d’elles, le montant de la dépense qu’elles peuvent occasionner à chaque individu par année. Si dans ces établissements on est abonné à un journal, quel est le nom de ce journal, enfin je désirerais connaître si dans les chambrées qui n’ont pas de feuilles publiques les sociétaires pourraient être disposés à s’abonner à un journal d’un prix peu élevé, il en est qui ne  coûtent que 12 par an.

Mon intention étant seulement d’avoir des renseignements sur vos sociétés et non de troubler en aucune manière les habitudes qui n’ont rien de répréhensible, vous aurez soin, en vous mettant à même de répondre aux questions que je vous adresse, d’apporter la prudence nécessaire pour éviter d’alarmer les esprits.

 

Recevez, Monsieur le Maire, l’assurance de ma considération très distinguée.

 

Pour le Préfet en tournée, le Conseiller de Préfecture délégué ».

 

Ces Cercles ou Chambrées, ou encore Chambrettes n’avaient, à Seillans, aucun caractère officiel. On se réunissait tantôt chez un Seillanais connu pour ses idées de gauche, tantôt chez un autre mais cela n’échappait pas aux autorités.

D’après l’état dressé par le service des Contributions indirectes pour le département du Var, pour 1847 il y avait dans l’arrondissement de Draguignan à cette date, 119 Chambrettes ou Cercles autorisés, 108 non autorisés et ainsi on dénombrait 2 766 membres pour les premiers Cercles et 2 101 pour les seconds, ce qui faisait un total de 4 867 membres de Cercles.

L’arrondissement de Draguignan dépassait les arrondissements de Toulon, de Brignoles et de Grasse. Au total pour le Var, on comptait 17 131 membres de Cercles.

A Seillans, comme dans tout l’arrondissement de Draguignan, « la prise de position délibérément républicaine et jacobine d’un grand nombre (de Cercles) fournira au gouvernement de l’heure l’occasion de sévir contre ces foyers de désordre. Période d’exaltation romantique un peu partout pour l’institution… De proche en proche, l’institution paraît sur le point de se muer en club politique et déchaîne contre elle sanctions et répression. Les sociétés se réfugient alors dans la semi clandestinité ». (A. Roubin – Chambrettes des Provençaux – Plon éditeur)

Après l’insurrection des 4 – 6 décembre 1851 et de ses suites tout au long du mois, après la proclamation de l’Etat de Siège des mesures de répression sont donc prises. Tout d’abord on procède, comme nous l’avons constaté, à de nombreuses arrestations. La proclamation de l’Etat de Siège a pour résultat immédiat de rendre tout suspect justiciable du Conseil de guerre. Par décret le Préfet du Var a même le droit de déporter toute personne ayant fait partie d’une société secrète. Et il est alors facile d’assimiler un quelconque Cercle à une société secrète dès l’instant que ce Cercle n’a pas été déclaré, donc autorisé officiellement. C’est le cas à Seillans. Enfin, dès cet instant, tous les Cercles et Chambrées sont frappés d’interdiction :

 

« Département du Var.

Arrêté de fermeture des Chambrées.

 

Nous, général de brigade, commandant l’état de siège dans le département du Var, vu l’arrêté de M. le Préfet du Var en date du 6 décembre 1851, qui déclare le département du Var en état de siège, vu les lois du 28 juillet 1848 et 19 juin 1849,

Considérant que les Chambrées ont été un foyer de désordre dans le département du Var, que plusieurs d’entre elles ont été le lieu de réunion de tous les anarchistes qui ont levé l’étendard de l’insurrection, Arrêtons :

Les réunions, dites chambrées, sont interdites dans tout le département du Var ; elles seront fermées aussitôt la réception du présent arrêté par les soins de MM. Les Maires. Toute résistance à son exécution sera punie suivant la rigueur des lois.

 

Fait à Toulon, au Quartier général, le 12 décembre 1851

Le général de brigade, commandant l’état de siège du département du Var,

 

Levaillant ».

 

Dès lors il ne reste plus au pouvoir qu’à organiser un plébiscite afin de conférer à Louis Napoléon le pouvoir d faire une Constitution. Il s’agissait de confier à Louis Napoléon toute l’autorité, et personne ne s’y trompe.

Cependant tout est encore à craindre dans le canton de Fayence :

 

 «                                                                                            Paris, le 12 décembre 1851

 

Monsieur le Préfet,

 

les désordres qui ont éclatés sur plusieurs points du territoire donnent lieu de craindre que, dans plusieurs localités, le scrutin ne puisse s’ouvrir les 20 et 21 de ce mois.

Partout où l’insurrection n’aura pu être entièrement réduite, partout où la réunion des électeurs pourrait constituer un péril pour la sécurité des personnes et des propriétés ou pour l’indépendance des électeurs et la sincérité du scrutin, vous ajournerez le vote aux 27 et 28 décembre… 

 

Le Ministre de l’Intérieur

Signé : De Morny».

 

Dans le canton de Fayence les élections peuvent cependant se dérouler normalement. Il y avait 611 électeurs inscrits à Seillans en 1850. On en dénombre 694 après la révision de 1851 et un tiers à peu près de ces électeurs s’abstiennent. Mais il faut tenir compte également des arrestations antérieures. Donc on ne peut se fier à ce résultat présenté comme un triomphe par Louis Napoléon :

 

«                                                                                             Le 21 décembre 1851

 

Le Maire de la Commune de Seillans

A Monsieur le Préfet du Var,

 

Monsieur le Préfet,

 

 

J’ai l’honneur de vous transmettre sous ce pli un double du procès-verbal des élections pour le maintien au pouvoir de Louis – Napoléon Bonaparte. Le résultat comme vous pouvez vous en rendre compte à la lecture du procès-verbal est on ne peut plus favorable au Président de la République. Il est à désirer que toute la France reconnaissante de ce que Napoléon nous a sauvé de l’anarchie qui nous attendait en 1852 donne son adhésion à l’acte du 2 décembre ».

 

Les Seillanais devaient, comme les autres Français, répondre au texte suivant :

 

« Appel au Peuple,

 

Le peuple français veut le maintien de l’autorité de Louis – Napoléon Bonaparte et lui délègue les pouvoirs nécessaires pour établir une Constitution sur les bases proposées dans sa proclamation du 2 décembre 1851.

Ceux qui voudront donner ces pouvoirs à Louis – Napoléon Bonaparte mettront dans l’urne un bulletin portant le mot OUI ; ceux qui ne voudront pas, mettront un bulletin portant le mot NON ».

 

Mais les évènements de décembre 1851 hantent encore tous les esprits :

 

Séance extraordinaire,

 

L’an mil huit cent cinquante et un et le vingt huit du présent mois de décembre le Conseil Municipal de la Commune de Seillans, extraordinairement convoqué par M. l’adjoint en absence de M. le Maire, en vertu de la lettre de M. le préfet du 16 décembre présent mois, s’est assemblé dans la Salle de la Mairie sous la présidence de M. Giraud Esprit François, adjoint au maire – présents MM. Transtournel Antoine, Giraud Jean-Joseph Emmanuel, Dalmas Jean Joseph, Cabasse Honoré Athanase, Giraud Eugène Ignace, Gal Joseph Antoine, Pastoret Honoré Antoine, Pellicot Charles Esprit, Jordany Eugène Hypolite, Christine Honoré et Gal Antoine veuf Stalenq,

à laquelle Assemblée M. l’Adjoint expose que par suite des évènements malheureux qui viennent de troubler le repos de la France la Commune de Seillans a eu sa large part à ces scènes de désordre. Le six du courant M. le Maire vous convoquait pour vous faire part de ce qui se passait, ainsi que de la demande qui fut faite auprès de lui par le Sieur Malbec Fortuné, lequel fut chez lui pour lui réclamer les clés de la mairie au nom de la Révolution. Dans votre sagesse vous délibérâtes verbalement que le Conseil serait permanent et qu’un appel serait fait aux personnes de l’Ordre pour que force resta à la loi. Cet ordre, vous le savez MMrs fut immédiatement exécuté, la garde nationale fut convoquée et bon nombre de braves citoyens répondirent à cet appel, dirigés par son Capitaine Commandant. Des postes furent établis sur divers points, la nuit se passa sous les armes, et grâce à cette prévoyance nous fûmes avisés à temps pour faire sonner le tocsin, battre la générale et résister à la tentative d’invasion que se proposaient de venir effectuer une colonne d’insurgés composée de diverses communes du canton partie de Fayence dans la nuit du six au sept du présent mois. Les nombreux habitants de nos campagnes, la plus part éloignés de six à huit kilomètres de la commune ne devaient et pouvaient quitter leur poste chaquun pour aller chez eux prendre leur nourriture. L’autorité crut devoir fournir à ces besoins pressants et ordonna qu’on fit manger ces hommes dévoués, pour ne pas être emportés à une désertion qui ce serait ensuivies sans cette mesure prudente. Cet état de chose a continué depuis le six jusqu’au dix, époque où nous fûmes menacés de l’invasion de la colonne insurrectionnelle d’Aups. L’autorité crut de son devoir retenir les braves gardes nationaux de Seillans pour apporter une résistance aux malfaiteurs. Par suite de ces nouvelles menaçantes pour notre pays l’autorité de Callian, en étant avisée, s’empressa de nous expédier des porteurs nous fesant des offres de services que nous acceptâmes de bon cœur. Dès lors il y eut une entente et des ordres furent donnés pour qu’ils puissent se rendre en temps opportun. Le signal fut donné, le tocsin fut sonné et la générale battit dans les rues. Le poste placé sur l’éminence par M. le Maire de Callian, put signaler le danger qui menaçait notre commune, et s’empressèrent de voler à notre secours, prenant sur leur passage la garde nationale de Tourrettes, et vinrent faire cause commune avec nous. Je me plais à signaler ici la conduite honorable qu’ont tenu en cette circonstance pénible nos bons voisins de Callian et Tourrettes pour qu’on puisse à la postérité juger de la bonne intelligeance qui anime les trois pays. Je ne dois pas non plus passer sous silence la visite que nous avons eue par deux fois du déttachement du brave 50ème  de ligne en garnison à Fayence. Vous comprendrez Messieurs qu’il était du devoir de l’autorité de fournir des vivres à ces braves gens, qui était ici pour faire respecter la loi et les droits de tous. Je dois encore ajouter la nourriture des seize prisonniers que nos gardes nationaux avaient arrêtés, pendant leur séjour dans cette commune.

En résumé, d’après les comptes fournis par divers, les vivres, munitions de guerre, que nous avons été obligés de nous procurer pour notre sûreté et le maintien de l’ordre, il résulte une dépense s’élevant à la somme de quatre cents francs que j’ai l’honneur de vous inviter à voter après avoir pris connaissance des dits comptes soumis à votre examen, que je dépose sur le bureau.

Le vote intervient aussitôt :

Cependant rien n’est terminé pour autant :

 « L’an mil huit cent cinquante deux et le vingt cinq du mois de janvier le Conseil Municipal de la commune de Seillans, extraordinairement convoqué par M. le Maire en vertu de la lettre de M. le Préfet du 19 courant suivant la demande formée par plusieurs membres du dit Conseil, s’est assemblé dans la salle de la Mairie sous la présidence de M. Guès Louis Esprit Marie – présents Esprit Giraud, adjoint, Pastoret Honoré Antoine, Gal Joseph, Giraud Jean Joseph Emmanuel, Giraud Eugène Ignace, Dalmas Jean Joseph, Jordany Eugène Hypolite, Pastoret Joseph de Pierre, Gal Antoine veuf Stalenq, Gal Joseph Antoine, Cabasse Honoré Athanase, Saurin Joseph Pierre, Pellicot Charles Esprit, Transtournel Antoine et Christine Honoré,

M. le Maire ayant déclaré la séance ouverte, il expose ainsi qu’il suit l’objet de la réunion :

une  demande tendant à la révocation du Sieur Trabaud  Antoine, garde forestier de cette commune, m’a été adressée signée par trois membres du Conseil municipal les Sieurs Honoré Antoine Pastoret, Saurin Joseph Pierre et Gal Joseph Antoine. Cette demande a été adressée par moi à M. le Préfet lui exposant que cette demande me paraissait juste d’être autorisée à ce que le Conseil municipal fut appelé à en délibérer.

Le Conseil municipal après avoir oui l’exposé de M. le Maire ainsi que les trois Conseillers sus désignés

Considérant que pendant les factieux évènements qui ce sont passés au mois de décembre dernier la conduite du Sieur Trabaud Antoine garde forestier de cette commune a été on ne peu plus honteuse, que notamment dans la journée du sept décembre lorsque la commune de Seillans courait les plus grands dangers, et qu’un appel à son de trompe était fait par ordre de M ; le Maire à tous les gens d’Ordre pour venir s’adjoindre à lui pour défendre la tranquillité menacée, le Sieur Trabaud, présent dans la commune n’a pas jugé convenable de se rendre à cet appel alors que tant d’autres gens d’Ordre s’y rendaient.

Considérant que non seulement la conduite de cet employé a été blamable au jour du combat, mais encore avant et qu’il est acquis à tous que ce même employé n’est pas un homme sur lequel le parti de l’Ordre puisse compter, délibère à l’unanimité de prier M. le Préfet de vouloir bien demander la révocation de cet employé attendu que sa conduite avant et pendant les évènements a été plus que blamable… »

Dès lors le calme règne à nouveau à Seillans, le parti Républicain étant décapité.

Une des principales préoccupations du Conseil municipal est alors la question de la mise en place de la route n°19 qui doit traverser le village dans sa partie basse, ce qui entrainera la destruction de plusieurs bâtiments dont l’Hospice. En revanche les communications seront grandement facilitées en ce qui concerne les relations avec Fayence et également Bargemon.

La vie reprend donc, la période tumultueuse étant surmontée :

 

« L’an mil huit cent cinquante deux et le neuf du mois de mai à huit heures du matin devant le Conseil municipal de la Commune de Seillans assemblé dans le lieu ordinaire de leurs séances, il a été donné lecture de l’article 14 de la Constitution et de la circulaire de M. le Préfet en date du 24 avril dernier, relative au serment des maires et adjoints et conseillers municipaux.

Lecture faite le Conseil municipal a reçu de MMrs le maire et son adjoint le serment dont la teneur suit : « Je jure obéissance à la Constitution, et fidélité au Président. »

Après quoi M. le Maire a reçu individuellement le même serment de tous les Conseillers municipaux suivant la même formule… »

 

Aussitôt après le Conseil municipal vote la somme de dix mille francs qui servira «  à la partie de chemin de grande communication n°5 entre Bargemon et le sommet de la Colle de Callas ». En effet une rectification s’impose car la rampe qui se présente après Bargemon présente des passages à plus de 14% ce qui « empêchera toujours la communication entre la route départementale n°19 et la route départementale n°20, ce qui rendrait par le fait inutile notre route n°19 pour la confection de laquelle la commune de Seillans a déjà voté la somme de 16 000 francs… » Et cela est d’autant plus nécessaire que, les affaires reprenant, une nouvelle foire est instituée à Seillans le premier lundi après le 15 mai de chaque année.

Pour marquer son attachement au nouveau régime la commune de Seillans instaure alors une fête le 15 août « comme étant celle du Prince-président de la République »… « considérant le service immense que le Prince Louis Napoléon président de la République a rendu à la France en terrassant l’anarchie par son acte du deux décembre dernier, plein de reconnaissance, (le Conseil municipal) saisit l’occasion de sa fête pour faire éclater hautement ses sentiments de respect et de gratitude… »

 

Ce n’est pas par hasard que le 15 août a été choisi comme fête du Prince-président. La nouvelle Constitution du 14 janvier 1852 lui donnait toute la réalité du pouvoir. Aussi, peu après, Louis Napoléon entama un voyage en France au cours duquel il fut accueilli aux cris de « Vive l’Empereur ».

Dès octobre 1852 la Municipalité seillanaise considère que l’Empire est rétabli :

 

« L’an mil huit cent cinquante deux et le vingt-quatre du mois d’octobre à trois heures du soir le Conseil municipal de Seillans … s’est  assemblé dans la salle de la Mairie, lieu ordinaire de ses séances…

Monsieur le Maire expose en ces termes l’objet de la réunion :

 

Messieurs,

 

Toute la France acclame en ce moment son Empereur, celui qui par un acte éclatant terrassa l’anarchie, il appartient à notre commune qui s’est toujours signalée par ses sentiments d’ordre de s’associer à ce grand mouvement national, aussi fidèle interprète des sentiments du pays vous n’hésiterez pas j’en suis sûr, à proclamer Louis Napoléon Bonaparte pour votre Empereur. 

 

Le Conseil municipal, oui l’exposé de M. le Maire, persuadé que les institutions qui nous régissent, propres tout au plus à assurer le présent, ne garantissent pas du tout l’avenir, qu’aujourd’hui plus que jamais ceux qui veulent sincèrement les intérêts ruraux et matériels du pays, doivent être convaincus de cette vérité que la garantie de l’avenir est tout à la fois dans la force et la stabilité du pouvoir,

D’un autre côté, obéissant à la puissance de ses sentiments d’affection et de reconnaissance pour le prince Louis Napoléon Bonaparte, l’élu de la France, son sauveur et sa gloire, à l’unanimité émet le vœu que l’Empire héréditaire soit rétabli dans la personne de Louis Napoléon Bonaparte.

Vive l’Empereur … »

 

Par la suite :

 

« Le Conseil municipal réuni en nombre suffisant… voulant s’associer à la pensée du nouvel Empereur et célébrer la proclamation de l’Empire par quelques bienfaits en faveur des classes pauvres, vote à l’unanimité la somme de cent francs qui sera employée à des œuvres de bienfaisance… »

 

En réalité Seillans était en avance sur une grande partie de la France. Il est vrai qu’il n’y avait plus aucune opposition, Casimir Equi, un des Républicains seillanais les plus actifs ayant été déporté en Algérie tandis que Goulin Joseph et Honoré Lambert étaient soumis à surveillance et que tous leurs amis subissaient le contrôle permanent de la police.

Le plébiscite qui se déroule le 20 novembre n’est donc qu’une formalité et on décide « le rétablissement de la dignité impériale en la personne de Louis Napoléon »

 

Le 2 décembre  1852 Louis Napoléon est alors proclamé empereur héréditaire des français sous le nom de Napoléon III.

 

Comment apparaît alors le territoire seillanais ?

En 1852 huit cent quatre vingt dix hectares étaient cultivés à Seillans.

Pour cultiver un hectare de céréales il fallait compter 13 journées d’hommes à 1,50F. la journée, 7 journées de femmes à 0,60F. et 12 journées d’attelages à 5F., soit une dépense totale de 139 francs.

Le pays produisait 4 hectolitres de froment et 100 hectolitres de pomme de terre.

On comptait 17 hectares de prés naturels irrigués et 16 hectares non irrigués.

Les vignes couvraient 600 hectares et le produit moyen d’un hectare de vignes était de 7 hectolitres. L’hectolitre de vin rouge se vendait 30F. et le vin blanc 33F.

On utilisait 800 quintaux de feuilles de mûriers pour l’élevage des vers à soie et l’on arrivait à produire 800 kg de cocons pour une valeur totale de 3 600F.

Pour cultiver un hectare de vignes comptant 2 500 pieds, il fallait compter 3 journées d’hommes pour la taille à 1,50F., 18 journées d’hommes pour bêcher à 1,50F., 5 journées d’hommes pour le binage à 1,50F., 9 journées de femmes pour la coupe des raisins à 0,60F. et 3 journées d’hommes et de deux bêtes pour les transports à 6F., soit un total approchant 72F., en comptant quelques frais divers.

Les oliviers couvraient 500 hectares et produisaient 600 hectolitres tous les deux ans, au prix de 100F. l’hectolitre d’huile. Soit un rapport total de 60 000F.

Les bois couvraient 1 480 hectares sur un total de 5 385 hectares, superficie de la commune. Il s’agissait surtout de chênes.

On trouvait alors 6 moulins à huile, 4 moulins à farine, 3 fabriques de plâtre, une tuilerie, une filature de laine. Vingt ouvriers travaillaient dans ces diverses entreprises tandis que l’agriculture, indépendamment des propriétaires, employait 150 journaliers hommes et 150 femmes pour des salaires allant de 0,65F. à 1,75F. et de 0,60F. à 0,75F. pour les enfants.