LA RÉSISTANCE RÉPUBLICAINE EN AVEYRON

LA RÉSISTANCE RÉPUBLICAINE AU COUP D’ÉTAT DU 2 DÉCEMBRE 1851 EN AVEYRON

Mémoire de maîtrise présenté par GRÉGORY POUGET 

sous la direction de JEAN-CLAUDE SANGOÏ et JEAN RIVES 

septembre 2002

Deuxième partie : LA RÉPRESSION DU MOUVEMENT RÉPUBLICAIN

Chapitre VIII : D’un plébiscite à l’autre ou la marginalisation de l’opposition

A – Le plébiscite des 20 et 21 décembre 1851 : faire approuver le coup d’Etat.

L’appel au peuple :

Le 8 décembre 1851, les autorités font afficher dans toutes les communes de l’Aveyron le décret du Président de la République convoquant le peuple dans ses comices pour le 14 décembre, à l’effet de déclarer s’il approuvait, ou non, le coup d’Etat.

En même temps que l’on publie ces documents, le général de Sparre fait une proclamation où il déclare que l’état de siège doit « effrayer les coupables [1] » et « rassurer les honnêtes gens [2] ».

Les autorités et la presse favorable au régime[3] font acte de propagande en publiant d’affreux récits des évènements de décembre dont le message peut ainsi se résumer : dans un grand nombre de départements, les socialistes révolutionnaires se sont livrés à d’horribles excès, pillant, incendiant, massacrant à la manière de 1793 …

C’est sous le régime de l’état de siège et sous l’impression de ces évènements que les électeurs sont appelés, les 20 et 21 décembre, à se prononcer sur le coup d’Etat. Tous les citoyens âgés de 21ans, et jouissant de leurs droits civils et politiques, ont à répondre par oui ou par non à la question : « Le votant veut-il le maintien de l’autorité de Louis-Napoléon Bonaparte, et lui délègue-t-il les pouvoirs nécessaires pour établir une constitution sur les bases proposées dans sa proclamation du 2 décembre ? [4]»

Dans chaque arrondissement, des comités appelés « Comité central » ou « Comité électoral » sont constitués. On y voit s’inscrire les notables aveyronnais et d’abord ceux de l’administration et des municipalités mais aussi ceux des tribunaux, du barreau et du grand négoce. A Rodez, le Comité central se compose du maire Carrère et de Lunet, adjoint ; des conseillers de la préfecture Carrier, Foulquier et De Barrau ; et de notables, membres pour la plupart de l’institution judiciaire (tels le vice-président du Tribunal Civil De Saunhac, le juge Bérail ou les avocats De Montarnal, Azémar, Privat et De Séguret)  mais aussi du négociant Palous, du notaire Viguié, du médecin Rozier, du recteur d’académie Valat et de MM H. De Valady et De Bancarel.

Le 13 décembre 1851, les membres du Comité central de Rodez, lancent un appel aux électeurs de l’Aveyron :

« Depuis quatre années, vous avez vu le crédit disparaître ;

« Vos denrées avilies demeurer souvent invendues sur les marchés ;

« Votre bien fondre et toutes vos propriétés perdre de la valeur ;

« Vous cherchiez de côté et d’autre la cause du mal dont vous souffriez, et votre esprit s’égarait souvent.

« La cause véritable de la stagnation de nos affaires, Louis Bonaparte a su la découvrir et la mettre a nu. La France était recouverte d’un réseau de sociétés secrètes.

« Le Président de la République a rompu ce réseau et dispersé sur le sol les plis tortueux du serpent de la démagogie.

« Le fiel qui s’exaltait de tant de plumes, il l’a fait rentrer dans les cœurs inquiets qui le distillaient.

« Le nuage du terrorisme qui planait depuis plusieurs années sur la France, il l’a fait crever avant l’heure marquée par la démagogie.

« Le ciel s’est éclairci en dépit des atrocités épouvantables qui ont déshonoré plusieurs points de notre territoire.

« Les démagogues et les terroristes ont été pris à l’improviste ; néanmoins, lisez  le récit de leurs assassinats, de leurs pillages, de leurs viols et de leurs concussions, et jugez par ce qu’ils ont fait n’étant pas prêts, de ce qu’ils auraient fait si l’on avait donné à 1852 le temps d’arriver, si on les eût laissés nouer paisiblement toutes leurs manœuvres, mettre sur pied toute l’armée du mal et du crime !

« Lisez ces récits abominables, suivez ces bandes allant, le fusil d’une main et le sac de l’autre au meurtre et au pillage, et dites, la main sur la conscience, si le crédit et l’industrie avaient tord de craindre, si c’était une chimère que le socialisme et le terrorisme ; si les hommes de février étaient en effet aussi bénins dans leurs personnes et leurs principes que certaines gens voulaient bien le dire et peut-être le croire.

« Le grand acte du 2 décembre est accompli. Le poids énorme qui pesait sur les affaires est levé. Il s’agit aujourd’hui de couronner l’œuvre de Louis-Napoléon Bonaparte, de consolider la prospérité publique, et ce grand résultat ne peut être obtenu que par une adhésion unanime de tous les bons citoyens.

« Electeurs de l’Aveyron, cette adhésion vous la lui accorderez éclatante, vous répondrez tous oui à la question qui vous est posée.

« Les membres du comité central de Rodez : [noms de ceux-ci] »[5].

 

Cet appel est diffusé par l’intermédiaire du Journal de l’Aveyron par le biais d’un placard qui est affiché dans l’ensemble du département. Ce placard contient outre cet « Appel aux électeurs de l’Aveyron » une lettre parue dans La Patrie du leader Charles De Montalembert, porte parole et habile propagandiste des conservateurs chrétiens, où il appelle ouvertement à voter pour Louis-Napoléon Bonaparte ; et une section intitulée « Troubles dans les départements [6]» où les journalistes fustigent les « anarchistes [7]».

Le 15 décembre, le préfet Fluchaire adresse aux sous-préfets et aux maires une circulaire dans laquelle il leur rappelle leur rôle et leurs attributions :

« L’élection des 20 et 21 décembre va suivre de près une époque où le département de l’Aveyron était en butte aux excitations des hommes les plus violents. Heureusement, le calme est rétabli, les adhésions et les sympathies arrivent de toutes parts à Louis-Napoléon Bonaparte, et d’un bout de la France à l’autre la nation pourra assurer pacifiquement son repos.

« Veillez , messieurs, avec un soin jaloux à ce que l’ordre le plus parfait préside aux opérations électorales, et si les agents d’anarchie cherchaient d’une façon quelconque à troubler la manifestation solennelle à laquelle le pays est appelé, interposez votre autorité avec une inébranlable énergie.

« Votre autorité, dans le cas où elle viendrait à être méconnue, ne le serait pas impunément.

« Ne me laissez rien ignorer de ce qui se passerait d’important.

« Recevez, Messieurs, l’assurance de ma considération très distinguée

« Le préfet de l’Aveyron, A.Fluchaire [8]. »

 

« Je n’étais sorti de la légalité que pour entrer dans le droit » :

Au niveau national, le résultat donne sept millions et demi de suffrages affirmatifs, seulement 641 737 suffrages négatifs et près de un million et demi d’absentions [9].

Il recueille près de deux millions de voix de plus que lors de l’élection du 10 décembre 1848 pour la Présidence de la République, où il apparaissait largement en tête avec cinq millions et demi de voix, contre un million et demi au général Cavaignac, 376 000 à Ledru-Rollin

et 20 000 à Lamartine.

Par le plébiscite des 20 et 21 décembre, Louis Napoléon Bonaparte se réfère au peuple et recueille une très large majorité. Cette adhésion populaire est pour lui une véritable justification du coup d’Etat : « Plus de sept millions viennent de m’absoudre ».

Le résultat du plébiscite le conforte dans ses espérances. A-t-il cependant valeur de test ? N’a-t-il pas été obtenu dans un climat de peur, voire de terreur? « Le 20 décembre 1851, écrit Victor Hugo dans son Napoléon le Petit, M. Bonaparte a fourré la main dans la conscience de chacun, et a volé à chacun son vote. M. Bonaparte a eu pour lui la tourbe des fonctionnaires, des douze cent milles parasites du budget, et leurs tenants et aboutissants, les corrompus, les compromis, les habiles ; et à leur suite, les crétins, masse notable. Ont voté réellement et incontestablement pour M. Bonaparte : première catégorie, le fonctionnaire ; deuxième catégorie, le niais ; troisième catégorie, le voltairien – propriétaire –industrie l-religieux [10]. »

La contrainte qui a pesé sur les citoyens appelés aux urnes et le rôle de l’administration sont bien mis en avant. Mais cette vision hugolienne est quelque peu restrictive, car l’adhésion est bien plus large que ne le prétend l’homme de Guernesey. Certains opposants tels Georges Sand ou Jules Ferry s’en rendent compte. Dès le printemps 1852, Georges Sand écrit au révolutionnaire Giuseppe Mazzini : « La France va probablement voter l’empire à vie, comme elle vient de voter la dictature pour 10 ans ; et je parie qu’elle sera enchantée de le faire ; c’est si doux, si flatteur pour un ouvrier, pour un paysan de se dire, dans son ignorance, dans sa naïveté, dans sa bêtise, si vous voulez : « C’est moi maintenant qui fais les empereurs ! » On vous a dit que le peuple avait voté sous la pression de la peur, sous l’influence de la calomnie avec excès ; mais le peuple eût voté sans cela comme il a voté [11]. » George Sand ne s’y trompe pas et conclut : « Le peuple est fin et obstiné dans le sentiment de son droit acquis. Il avait élu ce président à une grande majorité. Il était fier de son œuvre [12]. »

 

Ce succès est obtenu grâce à une surveillance étroite des votants. Le gouvernement a d’abord annoncé que l’élection se déroulerait sur registre – c’était renouer avec la tradition du Premier Empire – mais choisit finalement le vote « secret », car il a d’autres moyens de pression tout aussi efficaces.

Ce que l’on craint le plus, surtout dans les campagnes, c’est l’abstention.

Les fonctionnaires sont mobilisés pour « éclairer le peuple ». Forts actifs, certains se rendent au domicile des électeurs, plusieurs jours avant le vote, afin de leur remettre leur bulletin et leur carte électorale. Certains n’hésitent pas à leur remettre une « carte d’invitation au vote[13] », voire une « convocation officielle [14] ». Tous les moyens sont bons pour « informer le peuple » : communiqués en chaire ou annonces de crieur public.

Les autorités savent bien que l’abstention est une forme d’opposition redoutable, déjà préconisée par les « rouges » depuis la promulgation de la loi du 31 mai 1850. Dans la région d’Apt, dans le Vaucluse, les gardes champêtres insistent auprès des paysans en leur disant « qu’au moyen de l’émargement on saura quels sont ceux qui se sont abstenus [15] ».

Le message est on ne peut plus clair !

L’abstention atteint près d’un million et demi et représente un peu plus de 15%. Elle est justifiée par des raisons étrangères à la politique : on déclare que l’on n’a pas pu se rendre au lieu de vote en raison du mauvais état des routes ou des conditions climatiques. Ceux qui s’abstiennent, lorsqu’on les interroge, invoquent la maladie, l’infirmité, les déplacements professionnels, jamais leurs opinions politiques. Mais ces excuses sont parfois jugées insuffisantes. « En Charente Inférieure, l’administration oblige [ainsi] les électeurs à signer une déclaration aux termes de laquelle ils auraient voté pour le prétendant si le mauvais temps ne les en avait pas empêché [16]. » En Aveyron, dans plusieurs lieux du département, des ouvriers ou des paysans, qui ne peuvent aller voter, car ils en sont empêchés pour cause de maladie ou d’infirmités, demandent que leur vote affirmatif soit reçu par acte devant notaire. S’agit-il de demandes réelles ou est-ce le résultat des pressions de l’administration ? Il est difficile de le dire.

Il faut toutefois se garder de voir un fonctionnaire derrière chaque votant. Si le vote n’a plus lieu au chef lieu de canton mais à la mairie, ce qui facilite la surveillance des électeurs, il s’agit toujours d’un mouvement de masse. On se rend toujours en groupe aux urnes. En certains endroits, on proteste collectivement contre les conditions de l’élection.

Que la pression ait joué, cela est certain, mais cela ne suffit pas à expliquer le vote.

La carte de l’adhésion plébiscitaire montre en effet des contours nets. On voit apparaître des zones dites « de faiblesse relative ». Celles-ci sont « circonscrites au département de la Seine, au Midi méditerranéen (Hérault, Gard, Vaucluse, Bouches-du-Rhône) avec des prolongements vers Toulouse et Bordeaux, vers la Haute-Auvergne et le Limousin, vers Lyon et la Bourgogne via la vallée du Rhône, vers l’Ouest vendéen et breton [17]. »

Même contrainte, l’adhésion est profonde. Dans les campagnes, le paysan qui vote « bonapartiste » peut tout aussi bien être un simple journalier qu’un gros propriétaire. A ses yeux, le prince-président incarne surtout la stabilité et la sécurité. Les hommes du Président ont su par une habile propagande utiliser les « débordements » survenus en décembre.

Le climat de peur sociale ainsi entretenu a levé les hésitations des notables. Pour les catégories populaires, certaines des promesses avancées par les républicains peuvent être tout aussi bien tenues par Louis Napoléon Bonaparte. Tout concourt donc à un vaste soutien.

En Aveyron, sur 87 824 votants, il y a 85 351 « oui », 2 171 « non » et 302 « blanc » ou « nul » sur 113 836 inscrits[18]. Louis-Napoléon Bonaparte y réussit un de ses meilleurs scores avec près de 97,5 % des suffrages exprimés !

Les élections se font dans un ordre parfait. Un seul incident est à déplorer. A Montrozier, il y a un peu de mouvement lors du dépouillement[19]. Dans 122 communes aveyronnaises, on vote « oui » à l’unanimité. Dans un grand nombre, il n’y a qu’un seul vote négatif. Le Journal de l’Aveyron rapporte que dans plusieurs communes aveyronnaises – qu’il ne nomme pas ! – les électeurs sont allés voter, tambour en tête, et aux cris de : « Vive Napoléon ! Vive l’Empereur ! [20] »

Tous les électeurs n’ont pas saisi la portée exacte de leur vote. « Certains [ont cru] réélire Louis-Napoléon comme président, d’autres comme député, certains [ont anticipé] de quelques mois en le nommant empereur [21]. » Si des bureaux de vote ont fait du zèle en annulant des bulletins déclarés irréguliers, c’est à dire négatifs, ils ont accepté, même surchargés, des bulletins exprimant une opinion positive et pour certains une anticipation dans le temps.

L’Aveyron ne fait pas partie de la zone dite « de faiblesse relative » mais le ralliement n’est pas aussi complet que ne le laisse supposer le score de 97,5 % des suffrages exprimés.

La carte suivante qui représente le phénomène de l’abstention met bien en évidence cet état de fait.

 

Carte n° 2 : Plébiscite des 20 et 21 décembre 1851 approuvant le coup d’Etat.

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Une abstention importante :

La victoire est écrasante. Le ralliement semble total. Pourtant si l’on observe de plus près cette élection, on constate que, au niveau départemental, l’abstention s’élève à près de 23%, soit plus de 8 % de plus qu’au niveau national!

 

Tableau n° 6: Résultats du plébiscite des 20 et 21 décembre 1851[22].

 

Arrondissement

Inscrits

Oui

Non

BNA

O/E

Abstention

Espalion

18 803

14 675

  172

88

98,3 %

20,6 %

Millau

18 761

14 040

  619

60

95,4 %

21,5 %

Rodez

31 009

23 558

  765

76

96,6 %

21,3 %

Saint Affrique

17 723

13 243

  329

24

97,4 %

23,3 %

Villefranche

27 540

19 835

  286

54

98,3 %

26,7 %

Département

113 836

85 351

2 171

302

97,2 %

22,8 %

 

Tableau n° 7 : Résultats dans les villes

 

Ville

Inscrits

Oui

Non

BNA

O/E

Abstention

Espalion

1 254

   988

  37

  3

96,0 %

18,0 %

Millau

3 000

2 046

173

  4

92,0 %

25,9 %

Rodez

2 765

1 704

224

29

89,0 %

29,2 %

St Affrique

2 059

1 141

162

  2

87,0 %

36,6 %

Villefranche

2 739

1 485

  66

16

94,7 %

42,7 %

 

Le taux d’abstention est important dans les arrondissements d’Espalion, de Rodez et de Millau où il représente un cinquième des inscrits. Il est très important dans ceux de Saint Affrique et de Villefranche où il concerne un quart des inscrits.

Cette abstention se retrouve surtout dans les grandes villes du département.

Les campagnes votent en masse en faveur du plébiscite et l’abstention y est beaucoup plus faible qu’en ville. Ce soutien des campagnes ne témoigne-t-il pas de l’influence de l’Eglise, de l’importance des « notables » et d’une certaine peur du monde urbain ?.

 

Le taux d’abstention représente un refus du coup d’Etat. Si la population ne s’est pas levée en masse et n’a pas suivi les directives des leaders républicains lors des journées de décembre, cela ne veut pas dire qu’elle désapprouve leur comportement.

Il faut plutôt y voir une incompréhension face à l’enjeu et un sentiment d’impuissance face à des autorités qui ont l’appui des campagnes.

 

Quelques votes négatifs :

Il y a en tout et pour tout 2 171 suffrages négatifs dans le département.

Le non n’a pas pu s’exprimer car le plébiscite est rigoureusement contrôlé par les maires et par l’administration. La population a également été intimidée par l’état de siège qui entretient un climat de peur.

Ce vote ouvertement protestataire, où se localise t-il ?

Le vote négatif est présent dans tous les arrondissements. Numériquement, il est surtout présent dans les deux arrondissements de Rodez et de Millau, qui totalisent 1 384 votes soit près des 2/3 des votes négatifs.

Est-ce un phénomène urbain ? Y a-t-il adéquation ou inadéquation entre le « vote des campagnes » et le « vote urbain »[23] ?

 

Tableau n° 8 : Répartition du vote négatif

 

Arrondissement

Vote négatif

« Centre Urbain »

« Zone rurale »

Espalion

172

73 soit 42,4 %

99 soit 57,6 %

Millau

619

303 soit 49,0 %

316 soit 51,0 %

Rodez

765

282 soit 36,9 %

483 soit 63,1 %

Saint Affrique

329

209 soit 63,5 %

120 soit 36,5 %

Villefranche

286

156 soit 54,5 %

130 soit 45,5 %

Département

2 171

1 023 soit 47,0 %

1 148 soit 53,0 %

 

1 023 des 2 171 suffrages négatifs[24] sont prononcés dans des « centres urbains ».

Cela représente 47% des suffrages hostiles au nouveau gouvernement. Ce chiffre qui semble indiquer une partition relativement équilibrée entre campagnes et villes est trompeur.

Les centres urbains ne représentent en effet qu’un dixième de la population aveyronnaise.

Cela est donc bien une nouvelle preuve du ralliement des paysans et des ruraux au gouvernement du Prince Impérial.

 

Le régime présidentiel puis impérial, est tout puissant et tout est sous son contrôle. Il met en place de nouveaux procédés de gouvernement : plébiscites, candidatures officielles, nominations, serments … qui lui permettent de chasser toute opposition.

 

B  –  Les élections de l’année 1852

Le temps des célébrations :

Le 1er janvier 1852, par ordre du Gouvernement, un Te Deum solennel est chanté dans toutes les églises, pour rendre grâce « du grand acte accompli [25]», de sa reconnaissance par le peuple français les 20 et 21 décembre, et pour fêter la proclamation des pouvoirs du Prince Président.

A Rodez, Monseigneur Croizier, à la tête de son clergé, dirige l’office dans la cathédrale.

Les autorités civiles, judiciaires et militaires s’y rendent en corps. La compagnie des sapeurs-pompiers de la garde nationale, la gendarmerie, et les troupes du 13e Léger sont rangées dans le Chœur et la Nef. L’action de la force armée est ainsi saluée, elle est placée au premier rang. La musique de la garde nationale et la fanfare du 13e Léger font entendre des airs militaires. La population se presse extrêmement nombreuse sous les voûtes de la basilique.

Le soir, les édifices publics et un grand nombre de maisons particulières sont illuminées. Après cette célébration, une réception se déroule à la préfecture où le préfet Fluchaire, très entouré, est chaudement complimenté pour son action vis à vis des insurgés.

La même cérémonie d’action de grâces est célébrée le même jour en la cathédrale Notre-Dame de Paris, devant une foule nombreuse qui entoure le Prince et les grands corps de l’Etat.

Une place d’honneur y a été réservée aux maires et adjoints des chefs-lieux de département et d’arrondissement. La délégation aveyronnaise se compose de M Carrère, maire de Rodez, M. Affre, maire d’Espalion ; M. Artaud de Tauriac, employé supérieur à la direction de l’enregistrement et des domaines, délégué de Millau ; M. Bras, maire de Villefranche ; et M. Sanitas, conseiller municipal de Villefranche.

A Villefranche, la cérémonie du Te Deum a lieu le dimanche 11 janvier. Des distributions de pain et de viande à domicile sont faites par les soins des bureaux de bienfaisance aux habitants les plus nécessiteux.

 

Une Constitution sur mesure :

Le 14 janvier, Louis-Napoléon Bonaparte publie la Constitution qu’il a élaborée en vertu des pouvoirs qui lui ont été délégués par le peuple français par le vote des 20 et 21 décembre. Cette constitution maintient la forme républicaine, mais elle accorde au président les prérogatives d’un monarque à peu près absolu.

Le 16 janvier 1852, le conseil municipal de Rodez, convoqué extraordinairement par      M. Azémar, adjoint, en lieu et place du maire qui se trouvait à Paris, vote à l’unanimité, l’adresse suivante au Président de la République :

« Prince, le conseil municipal de Rodez vient unir ses félicitations à celles qui vous sont adressées de toutes parts, pour l’immense service que vous venez de rendre au pays.

« Un Parti, ramassis hideux de toutes les passions anarchiques, se proposait de livrer à la société un dernier et terrible assaut. La providence vous a inspiré la généreuse résolution de prévenir son attaque et vous a donné la force de le vaincre.

« Et le peuple, par une acclamation sans pareille dans les annales du monde, immortel monument de ses sympathies et de sa reconnaissance, vous a donné le droit, nous osons dire plus, vous a imposé le devoir d’achever et de consolider l’œuvre que vous avez si glorieusement commencée.

« La France, prince, ne veut pas être sauvée à demi et pour quelques jours seulement. Poursuivez donc sans relâche et comprimez pour toujours les implacables ennemis de son repos et de sa prospérité, et faites que notre malheureuse patrie puisse enfin se reposer de ses soixante années d’agitations continuelles, à la faveur d’une liberté sage et bien réglée, et d’une autorité partout forte et partout respectée.

« Nous comptons sur vous ; vous pouvez compter sur notre loyal et énergique concours [26]. »

 

D’autres communes importantes du départements, et notamment celles de Millau, Espalion, Saint-Affrique, Entraygues, … envoient des adresses semblables au Président de la République.

Le 22 janvier, des placards reproduisant la proclamation de la Constitution promulguée par Louis Napoléon Bonaparte sont affichés sur les murs des cités aveyronnaises. Bien que maintenant la forme républicaine, cette constitution accorde au président de la République, élu pour 10 ans, des prérogatives dictatoriales et prépare les voies à l’Empire.

Le 28 janvier, les heures d’ouverture et de fermeture des cafés sont fixées par voie d’affichage, à savoir : du lever du jour jusqu’à 9 heures du soir, du 1er octobre au 31 mars, et jusqu’à 10 heures, du 1er avril au 30 septembre. Cette réglementation répond au souci qu’ont les pouvoirs publics d’exercer une surveillance sur ces établissements qui, avant et pendant les évènements de décembre, ont servi de lieu de réunion aux démocrates. Elle complète un décret du Ministre de l’Intérieur relatif à la création de nouveaux cafés, cabarets et débits de boissons et qui est extrêmement restrictif.

 

L’opposition étranglée :

Le 29 février 1852, les républicains ayant été éliminés et les légitimistes s’effaçant, les élections des députés sont facilement gagnées par les candidats officiels. Si les pressions préfectorales et les actions secrètes ne sont pas une nouveauté, elles se manifestent désormais jusque dans les plus petites communautés villageoises.

L’Aveyron ne compte plus que trois députés. Les deux arrondissements d’Espalion et de Rodez ont été réunis en une seule circonscription (moins trois cantons rattachés à celle de Villefranche).

Girou de Buzareingues, fils du grand agronome ; Calvet-Rogniat, l’ami du duc de Morny, grand propriétaire industriel et banquier ; et Nougarède sont élus[27]. Un de ces candidats, franchement et ouvertement officiel, M. Nougarède n’a pas de concurrent. M. Calvet-Rogniat doit lutter contre M. de Courtois, ancien officier de cavalerie, légitimiste. M. Girou de Buzareingues a deux adversaires : M. Clausel de Coussergues, légitimiste, et M. Grandet, ancien représentant républicain ; mais au dernier moment ils se désistent tous deux[28].

Dans l’ensemble de la France le résultat est entièrement favorable à Louis-Napoléon.

La nouvelle chambre ne compte qu’une dizaine de membres de l’opposition.

Le 29 mars 1852, le sous-préfet de Villefranche décrivant la situation dans son arrondissement écrit :

« La situation de l’arrondissement va s’améliorant. J’ai pu me convaincre dans les tournées du tirage, combien la population reprend des habitudes d’ordre et de calme. Je n’ai pas retrouvé cette année  ces vociférations, ces chants patriotiques et ces joies turbulentes si promptes à dégénérer en rixes. Même dans les cantons où existent des rivalités de clocher, l’ordre a été parfait ; de la musique, des danses, une gaieté qui n’avait rien des excitations des années précédentes, voilà ce que j’ai rencontré partout. Les maires ont été unanimes pour m’assurer des bonnes dispositions de leurs populations [29]. »

 

En avril 1852, en séance solennelle au tribunal, tous les fonctionnaires ou personnages rétribués viennent prêter serment. La révocation a éliminé d’avance tous les opposants.

En juin 1852, le préfet fait une tournée d’inspection du département. Il constate que les bonnes dispositions des populations à l’égard du régime se retrouvent dans le département[30] :

« Je viens de terminer la première partie de ma tournée de révision dans mon département. J’ai parcouru, dans tous les sens, les arrondissements de Villefranche, d’Espalion, et plusieurs cantons de celui de Rodez. J’ai la satisfaction de vous annoncer que, partout sur mon passage, j’ai reçu l’accueil le plus empressé, témoignant hautement du bon esprit des populations, et de la confiance que leur inspire la restauration du principe de l’autorité. Partout, les harangues adressées au préfet, à l’entrée des villes ou des bourgs principaux, contenaient des protestations de vive sympathie, de profond dévouement, pour le Prince, chef de l’Etat, et pour sa politique ; partout elles se terminaient par les cris de vive Louis-Napoléon ».

« L’arrondissement de Villefranche m’avait été signalé comme s’étant montré un des plus mauvais, en février 1848, et en décembre dernier, comme ayant encore conservé le plus de tendance à l’agitation. J’en ai donc soigneusement observé l’attitude, pendant le séjour que j’y ai fait : je n’y ai également remarqué que des dispositions favorables pour le représentant de l’autorité publique ».

« Le pays est calme et tranquille, Monsieur le ministre ; les mauvaises passions, si elles ne sont éteintes, n’osent du moins pas se produire, et je les tiens en rigoureuse surveillance. J’ai constamment sous les yeux la liste des hommes réputés hostiles ou dangereux, et qui sont heureusement en petit nombre. Je sais, jour par jour, ce qu’ils font, ce qu’ils deviennent, et nulle levée de boucliers, de leur part, ne paraît à craindre, tant que le pouvoir restera dans les conditions de force et de vigueur qui ont fait le succès du 2 décembre, et auxquelles applaudissent tous les hommes d’ordre, de sens et de bonne foi, à quelques nuances d’opinions qu’ils appartiennent ».

« Quant aux légitimistes et orléanistes, ils ne sont sans doute pas sympathiques ; mais ils sont calmes, paraissent résignés, sinon indifférents, et ne suscitent, du moins ostensiblement, aucune difficulté à l’administration ; il y a, du reste, fort peu de refus de serment à ces deux parts […] 

En somme, la situation générale est satisfaisante dans le département qui m’est confié [31]. »

 

Le 25 juillet 1852, cinq mois après les législatives, a lieu l’élection des conseillers généraux. La candidature officielle est là aussi mise en place.  Dans 32 cantons sur 43 le préfet Rampand accorde son soutien à un candidat bonapartiste. Ils sont facilement élus. Dans les autres cantons des notables locaux font acte de candidature. Le préfet laisse faire, soit car ces candidatures ne sont pas ouvertement hostiles à Louis Napoléon Bonaparte, soit car il lui est difficile de leur opposer un candidat. « Dans le Saint Affricain, six candidats non officiels sont élus [32]. »

Par décret du 7 août et sur nomination de Louis Napoléon Bonaparte, M. Calvet-Rogniat devient président du Conseil Général, M. Galtier, vice-président, et M. de Saunhac, secrétaire.

Le 23 août 1852, le conseil général de l’Aveyron se réunit à Rodez. Les nouveaux règlements imposent le serment aux membres de l’assemblée. Dès la première séance, chaque membre appelé prononce debout, la main levée vers Dieu, et en présence du préfet la formule suivante : « Je jure obéissance à la Constitution et fidélité au Président [33] ». Après cette prestation de serment, le préfet les déclare installés dans leurs fonctions.

Dans une de ses premières réunions, l’assemblée prend à l’unanimité la délibération suivante :

« Malgré le temps qui déjà nous sépare de la grande date du 2 décembre, désormais immortelle, le conseil général de l’Aveyron pour remplir un devoir sacré, avant de reprendre ses paisibles travaux, exprime hautement sa profonde reconnaissance au prince Louis Napoléon, dont la courageuse initiative conjura de si pressants dangers, et émet le vœu que le pouvoir reste fort et stable dans sa puissante main qui sauva la France [34]. »

 

Le préfet Rampand est chargé de transmettre cette délibération à Paris. Les conseils d’arrondissement ne veulent pas demeurer en reste. Les conseils d’arrondissement d’Espalion, Millau, Rodez, Saint-Affrique et Villefranche s’associent aux « sentiments inspirés au conseil général […] et, comme lui, [expriment] hautement [leur] profonde reconnaissance pour le prince Louis Napoléon, dont la si courageuse initiative conjura de si immenses dangers [35] .»

Les élections municipales ont lieu les 4 et 5 septembre 1852. Il n’y a qu’une liste de candidats, celle du gouvernement.

A Rodez la municipalité sortante est acquise au gouvernement et devient en septembre la liste officielle. Soutenue par le préfet, elle est élue et Carrère reste maire. Mais, en désaccord avec le préfet au moment de la proclamation de l’Empire, Carrère et D.Turq (un de ses adjoints) démissionnent. Ils sont aussitôt remplacés, le 16 décembre, par Adrien Rozier (maire) et par Boneventure Lunet (adjoint). L’un est médecin et l’autre notaire. Rozier reste maire de Rodez jusqu’en octobre 1869.

A Villefranche, la nouvelle administration nommée par le Prince Président le 14 juillet, est installée dans ses fonctions le 8 août, sous la présidence du vigneron Bonnet. « Après la lecture du décret présidentiel, Antoine Bras, maire ; Ferdinand Dubreuil père, premier adjoint ; et Jean Louis Lortal, 2e adjoint, [prêtent] serment d’obéissance et de fidélité au président de la République [36]. » Le 25 septembre, les nouveaux conseillers municipaux sont, à leur tour, officiellement installés.

Cette pratique de la nomination est emblématique du régime impérial. La nomination des préfets, des sous-préfets et des maires, et l’élection avec la pratique de la candidature officielle des députés, conseillers généraux et conseillers municipaux font que la « double pyramide des pouvoirs [37] » ne laisse aucune marge à une quelconque opposition.

 

En attendant l’Empire :

A Villefranche, les conseillers municipaux votent en septembre sur la demande du maire, une adresse à : « Son Altesse Impériale Louis-Napoléon ». C’est là une adhésion formelle à la proclamation prochaine de l’Empire. Ce texte est remis à Louis Napoléon Bonaparte lors de son passage à Toulouse par le maire accompagné de ses adjoints et des membres de l’assemblée municipale.

A Toulouse, le 4 octobre, comme deux jours avant à Montpellier, le Président de la République est accueilli aux cris de « Vive Napoléon III ! Vive l’Empereur ! ». Rodez, Espalion, Millau et Saint Affrique envoient également députations et adresses pour assurer le Prince de leur fidélité et de leur complète identité de vue.

La députation qui se rend le 2 octobre 1852 à Montpellier comprend des personnalités de premier plan[38] : M. de Courtois, ancien député, M. Rouvelet maire de Millau, M. de Saunhac vice-président du tribunal civil de Rodez , M. Viala juge de paix, tous membres du conseil général et l’abbé Boutonnet, curé de Saint-Affrique. Ce dernier est allé au devant du prince pour solliciter la grâce pour ses paroissiens sanctionnés pour leur action en décembre 1851.

Il n’obtient pas de grâce mais la promesse de quelques réductions de peines.

En plus des députations officielles, un nombre important de personnes, venues de tout le département, se rendent dans ces deux villes pour acclamer le Président. Après ce voyage triomphal, il n’y a plus de doute pour personne : L’Empire est fait.

D’autant que, les assemblées municipales, suivant en cela l’exemple du conseil général et des conseils d’arrondissement, envoient elles aussi de nombreuses adresses à Louis Napoléon Bonaparte… Au 30 septembre, pas moins de 202 conseils municipaux[39] en ont déjà envoyé. De la France entière, les mêmes vœux, les mêmes félicitations, les mêmes encouragements, sont alors envoyés à celui qui souhaite rétablir un pouvoir stable et fort.

 

 

                             



[1] Arch. dép. Aveyron : PER 609. L’Echo de l’Aveyron (1850-1851). N°696 en date mercredi 10 décembre 1851. Publication insérée dans l’annexe n°10.

[2] Ibid.

[3] Les journaux républicains sont suspendus à Paris comme en Province. Les journaux conservateurs sont sous la botte du nouveau régime. La censure est en effervescence et les moindres traces d’opposition ou de réserve sont sanctionnées.

[4] Arch. dép. Aveyron : 3 M 58 : Plébiscite des 20 et 21 décembre 1851 pour l’établissement d’une Constitution.

[5] Arch. dép. Aveyron : PER 877. Journal de l’Aveyron ( 1850-1851). N° 101 en date du mercredi 17 décembre 1851.

[6] Arch. dép. Aveyron : PER 877. Journal de l’Aveyron ( 1850-1851). N° 101 en date du mercredi 17 décembre 1851.

[7] Ibid.

[8] Ibid.

[9] Aprile S., La IIe République et le Second Empire 1848-1870 du Prince Président à Napoléon III, Pygmalion-Gérard Watelet, 2000, p 219.

[10] Aprile S., La IIe République et le Second Empire 1848-1870 du Prince Président à Napoléon III, Pygmalion-Gérard Watelet, 2000. Citation de Victor Hugo p 219.

[11] Aprile S., op.cit., p 220.

[12] Ibid., p 220.

[13] Ibid., p 212.

[14] Ibid., p 221.

[15] Ibid., p 221.

[16] Aprile S., op.cit., p 221.

[17] Ibid., p 221-222.

[18] Arch. dép. Aveyron: 3 M 58 : Plébiscite des 20 et 21 décembre 1851 pour l’établissement d’une Constitution. Recensement des suffrages par communes regroupées par arrondissement et recensement général.

[19] Arch. dép. Aveyron : 3M63. Dans le procès verbal de l’élection fait par le maire de Montrozier et transmis aux bureaux de la préfecture en date du 22 décembre 1851, il présente ainsi ce petit problème : « Les votes se sont passés dans le plus grand calme. Les votants ont déposé librement leurs votes et ostensiblement en grand nombre pour ceux de oui, ceux de non n’ont en aucune manière fait connaître leur vote. Au dépouillement lorsque les 4 bulletins non ont été connus, un individu a dit publiquement « c’est le vote des curés de la commune ».

[20] Arch. dép. Aveyron : PER 877. Journal de l’Aveyron ( 1850-1851). N° 105 en date du mercredi 31 décembre 1851.

[21] Aprile S., op. cit., p 222.

[22] La colonne BNA correspond aux bulletins « annexés », blancs ou nuls. La colonne O/E correspond au rapport en pourcentage entre les votes oui et exprimés.

[23] On reprend ici sous le caractère « urbain » celui qui a été représenté à travers le carte intitulée : « Population de l’Aveyron d’après le recensement de 1851 » insérée dans l’annexe n°2.

[24] Arch. dép. Aveyron : 3 M 58 : Plébiscite des 20 et 21 décembre 1851 pour l’établissement d’une Constitution. Recensement des suffrages par communes regroupées par arrondissement et recensement général.

[25] Ainsi s’exprime l’administration.

[26] Arch. dép. Aveyron : PER 877. Journal de l’Aveyron ( 1852-1853). N° 5 de la 46e année en date du samedi 17 janvier 1852.

[27] Ce dernier meurt peu de temps après. Auguste Chevalier, propriétaire à Cornus, frère de l’économiste Michel Chevalier qui avait été député de l’Aveyron de 1844 à 1846, le remplace. Ils sont réélus sans difficulté en 1857.

[28] Arch. dép. Aveyron : 3 M 63. Election au Corps Législatif des 29 février et 1er Mars 1852 : procès-verbaux des recensements généraux des suffrages dans les trois collèges électoraux. Dans l’Aveyron, les résultats sont dans la 1ère circonscription (Rodez et Espalion) : M. Girou de Buzareingues, 24969 voix, élu ; M.Clausel de Coussergues, 1038 ; M.Grandet, avocat, 344 ; dans la 2ème circonscription : M.Calvet-Rogniat 18768 voix, élu ; M. de Courtois, ancien officier, 6601 ; et dans la 3ème circonscription : M.Nougarède de Fayet, 20297 voix, élu.

[29] Arch. nat. : F1 CIII Aveyron 11. Le sous préfet de Villefranche au ministre.

[30] Arch. nat. : F1 CIII Aveyron 11. Rapport bimensuel  du préfet en date du mois de juin 1852 adressé au Ministre. Il fait état de la situation à cette date et ne déplore aucun incident. Les registres d’écrou des différents arrondissements ne mentionnent aucune intervention spéciale des forces de police.

[31] Arch. nat. : F1 CIII Aveyron 11. Rapport bimensuel – Aveyron – du mois de juin 1852 adressé au Ministre.

[32] Enjalbert H., Histoire du Rouergue, Toulouse, Privat, 1979, p 322.

[33] Arch. dép. Aveyron. : PER 877. Journal de l’Aveyron ( 1852-1853). N° 69 de la 46e année en date du samedi 28 août 1852.

[34] Ibid.

[35] Ibid. Les journaux de l’époque donnent les textes de ces adresses, sauf celle du conseil d’arrondissement de Millau car elle n’a pas été adressée à la préfecture mais directement au Président de la République.

[36] Ancourt A., Annales de Villefranche de Rouergue 1840-1852, Pour le Pays d’Oc, 1983, p 313.

[37]  Enjalbert H, Histoire du Rouergue, Toulouse, Privat, 1979, p 323.

[38] Arch. dép. Aveyron. : PER 877. Journal de l’Aveyron ( 1852-1853). N° 80 de la 46e année en date du mercredi 6 octobre 1852.

[39] De Barrau F., op.cit., t V, p 43.